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Full text of "Leçons de logique [microforme]"

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CIHM 
Microfiche 
Séries 
(IVIonographs) 



ICIVIH 

Collection de 
microfiches 
(monographies) 



lui 

Cantdwn Inatitut* for Hittc/ical Mlcror.productloni / Inititut canadian da microraproduction* hittoriquas 




1996 



Technical and Bibliographie Notes / Notes technique .M bibliographiques 



The Institute has attempted to obtain the best original 
copy available for filming. Features of thls copy which 
may be bibliographically unique, which may aller any of 
the images in the reproduction, or which may 
significantly change the usual method of filming are 
checked below. 



D 

D 

D 

D 
D 
D 

D 

n 

D 

D 

D 



Coloured covars / 
Couverture de couleur 

Covers dc.maged / 
Couverture endommagée 

Covers restored and/or laminated / 
Couverture re'itauree et/ou pelliculée 

Cover title mi&'inq / Le titre de couverture manque 

Coloured maps / Cartes géographiques en couleur 

Coloured ink (i.e. other than blue or black) / 
Encre de couleur (i.e. autre que bleue ou noire) 

Coloured plates and/or illustrations / 
Planches et/ou illustrations en couleur 

Bound with other material / 
Relié avec d'autres documents 

Only édition available / 
Seule édition disponible 

TIght binding may cause shadows or distorton 
along interior margin / La reliure serrée peut 
causer de l'ombre ou de la distorsion le long de 
la marge intérieure. 

Hank leaves -.dded during testoratkxis may appear 
within the text. Whenever possible, thèse hâve 
been omitted from filming / Il se peut que certaines 
pages blanches ajoutées lors d'une restauration 
apparaissent dans le texte, mais, lorsque cela était 
possible, ces pages n'ont pas été filmées. 



L'Institut a microfilmé le meilleur examplaire qu'il lui a 
été possible de se procurer. Les détails de cet exem- 
plaire qui sont peut-être uniques du point de vue bibli- 
ographique, qui peuvent modifier une image reproduite, 
ou qui peuvent exiger une modifications dans la méth- 
ode normale de filmage sont indiqués ci-dessous. 

I I Cotoured pages / Pages de couleur 

I I Pages damaged/ Pages endommagées 

I I Pages restored an*or laminated/ 
Pages restaurées et/ou pellœulées 

r^ Pages discoloured, stained or foxed / 

Pages décolorées, tache'ées ou piquées 

I I Pages detached/ Pages détachées 

CT] Showthrough / Transparence 

I I Quality of print varies / 

— ' Qualité inégale de l'impression 

I [ Indudes supplementary matenal / 

Comprend du matériel supplémentaire 

I I Pages wholly or partially obscured by errata 
slips, tissues, etc., hâve been refilmed to 
ensure the best possible image / Les pages 
totalement ou partiellement obscurcies par un 
feuillet d'errata, une pelure, etc., ont été filmées 
à nouveau de façon a obtenir la meilleure 
image possible. 

I I Opposing pages with varying colouration or 
discolourations are filmed twice to ensure the 
best possible image / Les pages s'opposant 
ayant des colorations variatïles ou des décol- 
orations sont filmées deux fois afin d'obtenir la 
meilleur image possible. 



n 



AddWonal comments / 
Commentaires supplémentaires: 



Thii itmi it f ilRMd at ttw riduction rnio chMkld btlow/ 

Ct doamnnt Mt filmé au Mu» dt téductian indiqiri ci-dmous. 

lOX 14X 1»X 



/ 



20X 



22X 



XX 



24X 



Th» eopv «itrn»d h.™ has b—n faproducad ttianhi 
to th* gancresity ot: 

National Library of Canada 

Th. •m.gM .pp..rin9 h.r. ». th. "••« 9u.lit¥ 
BOMibl. con..d.rin8 th. condition .nd loflibillty 
o« th. origin.! copv «"d in kMpinfl with th. 
(ilming conw.ct «pwsifiMtion.. 

Onfl.n.l copi.. in print«« p.p.r "••"•'• ''''"•«* 
b.g>nnin« wiih fh« Iront cov« .nd •""'"B »" 

i^n Of ?h. I..ck cov.f wh.n .ppropri.... Ail 
otn.r origin.1 copi.. .r. filn..d b.gmning on th. 
?ir« p°g. with a P'in.«i or "'"•«"»- ™''":^ 
.ion .nd .nding on th. I..t p.«. «••«•< • P""'«* 
or illu.»r.t.d impr«.ion. 



Th. I»t r.cord.d <r.m. on ..ch "'i"»»',?^* 
.h.ll eonuin th. .yn">ol — ► I'"""'"»,"!!', 
TINU60"). or th. lymbol V Im.oning ENB I. 
whiGhwr.r .ppli.*- 

M.O. Pl.t... eh.™, .te. m»y b. filrn.d .t 
Ï^SÎin. '.duetion r.tio.. Tho.. 'ooj^i»'' ». 
.niir.lv includ.d in on. .xpotur. «f. «l'mod 
:.,[nnin8 in «h. -PP- '." -•«' "'"•'«".^ " 
rioht «nd top lo botxom. .« m.ny «r.m« •» 
«,uir.d Th. tollowing di.gr.m. illu..r.t. th. 
m.thod: 



L-.x.mpl.ir. filmé lut r.pioduil gràca t la 
généralité da: 

Bibliothàqua national» du Canada 



Lai imagat luivanta* ont été r.produit.i av.c la 
plu* grand »oin. compta tanu d. la condition «t 
da la nanaté da l'axamplair. «ilmé. at an 
conformité avae loa condition* du contrat da 
tllmaga. 

Lm .ii.mpl.irM originauM dont la couw.nur. «n 
p.pi.r ..t impomé» »ont filmé» .n comm.nç.nt 
p.r I. pr.mi.r plat .t .n t.rmin.nt toit par I. 
d.rniér. paga qui eompon. un. .mpr.ini. 
d-|mpra**ion ou d'lllu*tration. *oit par la ..cond 
plat, aalon la ea». Tou. IM autra* aii.mplaira» 
originaux *ont filmé* an comm.nç.nt par la 
pramiér. paga qui comporta una ampr.int. 
d'imprM»ion ou d'Illuatr.tion .t .n urminant par 
la dar nier» paga qui comporta una talla 
omprainta. 

un da» aymboloa luivanta apparaîtra *ur la 
darniéra imaga da «h»'»"» ">'"»«'«•;;• "!""'• 
caa: la .ymbola -» aignifia "A SUIVRE . la 
aymbola V aignifia "FIN". 

La. eartaa. plancha*, tablaau». atc. pau«nt étra 
filmé* é da* taux da réduction différant*. 
Lonqu* la document a*t trop grand pour aira 

,ap«d!i. • cliché, il a*t filma * pamr 

da rangla aupériaur gaucha. da gaucha é droita. 
ai da haut an ba*. an pranant la nombra 
d-imaga* néc.*.aira. Laa diagramma* aui.ant. 
Illuatrsnt la méthoda. 






Maocorr iisoiution tbt chait 

(ANSI and ISO TEST CHART No. 2) 




A 



APPLIED IN4HGE In 



(716) 28ê- 5989 - To» 



LEÇONS DE LOGIQUE 



DU MK.VIE AlJTKIi; 



Histoire de la l'iiilosophio, in-12, 417 piinvs. . . $0.75 



En- prkpakatiox : 



Leçons de I*sycliolo),'ie 
Leçons de Morale 



I 



j,mnt ABTIltJB B««BKHT 

rn.'rrimKi H t»K piilLo-'tii'Mli. A l'I'NnïM^'lTi l-*v. r. 
(Jlf.llEI . 



LEÇONS 



*0.75 



DE 



LOGIQUK 



-^ 



QiftitEr 

Imp. (le TAcTiox Sociale Limitée 
1U3, rue Sainte-Anne, 103 

1014 






Permis d'imprimer, 

A.-E. GossELiN, ptre, 

Sup. Sém., Québec. 



Nihit obitat. 



A.-A. Paquet, pter, 

Censor Designatui 



Imprimatur, 



t L..N. Cabd. Béoin. 

Arch. de Québec. 



Droits réservés. Canada, 1914 



Q^OJAi 



AVAST-PROPOS 



Cet Leçons de Logique, nous ienon» à le décl?'er, 
ne a'adreimenl pan aux étudi'inl» en philosophie dan» les 
séminaires et les collèges clr.ssiqueii. Au reste, nos mai- 
sons d'enseignement secondaire possèdent déjà l'excellent 
manuel du regretté abbé Lortie, écrit en latin, formant 
trois volumes et rédigé d'après le programme du bacca- 
lauréat de l'Unirersité Laiul. 

Le petit volume que nous présentons au public a sur- 
tout pour but de nett.e la philosophie aristotélicienne et 
thomiste à la portée des élèves des cours académiques des 
Ecoles Normales et dis couvents, et aussi, de la classe 

I instruite en général.. 
Les manuels de philoiophie en français ne manquent 
pas. Mais la plupart — pour ne pas dire tous — ne 
'épondent pas au pr.nrnmme de notre -nseignement pri- 
I maire. Les uns, trop volumineux, les autres, moins con- 
sidéfables — à part de nobles exceptions — ne sont pas 
toujours conformes aux immortels principes de la philo- 
sophie scolastique si souvent recommandée par les papes. 
Sans Ot'oir la prétention de combler une lacune, notre 
travail, ne us l'espérons, sera de nature à rend^r quelques 
services avx instituteurs et institutrices, religieux ou 
laïques, qui se dévouent avec tant d'intelligence et de 
savoir-faire à l'éducation de la je lesse. 

Est-il besoin de dire que ces Leçons de Logique 
exposent dans un ordre peu différent la matière qui fait 
l'objet de tou' les manuels de philosophie scolastique. 



'• r.KI.ON» l)K I.oiilgl K 

.\olrf miil iiii'rilf fui irarnir riiiiileimir. n'uuinrf aiiniii 
rhiirniiriit /uiHnible lu ilutlrinf iiiir I'iih rctimiilrr ilirz lu 
pliiparl ili:i iiiileiira. 

Si Dira iiiiiiH prèle rii; /iiiiir faire miile ù ce niiirl 
Initié. niiiiM piihlieritiiH ilea |,k),i>N's dk I'»V( iioi.oiiiK 
€l lien l,K(.()NH DK \I()|(\r.K. 

l'iiinaeiil lion hiimhlen effiirln êlre eniirimnfn de .iiirch! 

\iiiiii II' trtiiin II»' une neiile iinihiliiiH : c'eut île riiir 
liliin eniiiiiie el iiiieiij; iippririée lu philitmphie Irailitiini- 
iielle. lu HKil.K rraie, puisque lu ski'I.k, elle réniiiil iwer 
sulinfurliiin le.i iiruien prithlemen qui iiilérenneiil l'huiiia- 
uité. 



A. R 



(iismii 
■lier: la 

Il III ri 
II.OIUK 

iirch ! 
c riiir 
liliiin- 
il iwfr 
huma- 



LKCONS |)K LiMllnl'K 



INTRODUCTION 



I. Définition de la philosophie l.» i>liilnM>|>liii' 

rst la .«■;■(■»(■(• nilliiiiiii'lli- lif rnmriii' 'r ilrx rliii.iCK pur 
liiirH cdiinfii iilliines. 



I.II plnlo»i>|ili«- est uni' ai-irnti. l.r priiprc ili- lu «cHIlf 
•li.Tihcr 11-» ../11».» ilrs cliii»!-». .r.ri l'Iniliir I.» Iirimifri 
,f./u..« l't il'cii iln'iilivrir \f» fin'. l.,\ «iiuplr iiimmi»»arnv 
Irniri'. l'sl nuinrj'nirllr. l'Il'' w s'urri'ti' ipi'ii I" imialMluliim 



-,1 .1.- 
intrili' 
(1 ctm- 



sans en illri' li' /«iiiri/iiui. Air»»i liifn csl-flli' \r piirliiKi' '«■ loiil '' 
mmillr, lan.li» qui' hi «li™ii> i-st li- privili't'i' ilu flil .mmlin. \ 
(ou» il t»t |iiis»ilili> iri)/<»(cn r ulU' /'ilipKr ili- «.ili'il, nuii-. prii en ont 
lu .ifiVii.v. I.II pliiliisiipliii' milisr uilininiMiininl c(> ninilitinn». 
Lc's vt-rilé* qu'i-lli' cnsMKii-. fil.' m- si' iiinli'iilc pll^ M'iiKMiii'nl il'- 
If» én.iniir, llUlU clli' II» ilimimire. y\\i- i-n iliinnr le iiniinilioi, livs 

S<-ii'llrr ii<'i[lli.si' pur 11» .iiiil'M llimirrr,< il: lu rili-iiiil. lu pllil pllii' 

oat pour relu appi'léi' scictiri- riifiiiimrlli'. Ainsi «'lit' se tli^tiiiiîiu- »i« 
lu tli»'-<»lo«ii' <nii II polir fontirmrnt les riTÎtin 'ti- tu J'iu. 

Lu plnliisopliic l'otilruirritu'ut uiix untn-s .liit-nci-s — ni' ■• «"■- 
c-upf pu> si-iilcnuni (liini- iIu>m- clélns m purliiiiliiT mi iluiii' 
.seul.' .h. .SI ; .-Ile rlill.russ,- V ii,l!iir.;l!llé '/..> 'n». ri/l.<.i"'i/. ./.■< 
rtlOM/i p.iur l'U trouver le.s euuse.s. 

Kl les euil.ses i|u'elle eherelli'. ce siilil les ciiuses lillimin et ileniicn-i. 
Les autre.s sei.Mlees s'urriitenl uux riiison» iirnrhiiinra et immfiiiiiln, 
la philosophie remonte uux premiers prineipes, aux raidins le» /JiM 
nimplta et le.s /'luit ghurali.i. 



LEÇONS DE LOGIQUE 



2. Objet de la Phllosophle.-L'objet d'une science 
Tol-r 7 r* -^"'-^^ Comme son nom l'indique. 
l objet matériel est ce qui fait la matière des recherches 
dune scence Ainsi Ven^emUe des choses constitue 
Ubjet matériel de la philosophie. Mais le philosophe 
étudie 1 universalité des êtres, l'ensemble des choses à 
«LC f J"' "foial, qu'il en veut connaître les causes 
ultimes et dernières. Ce point de vue spécial s'appelle 
objet formel Et donc les causes ultimes et dernières sont 
I objet formel de la philosophie. 

Ce qui spécifie une science, ce qui lui donne son caractère dis- 
Unchf ce n'est pas son objet n,atéHd mais bien son ob^forZ 
Au reste, 1 oijct Matériel est souvent le ^me pour différente. JZ^. 
Les corps sont la matière de la physique et de la chimie : Xe" 
m"„; '^"/r"»"""' """■'"*»-. «Ue-là considère leur t-t ! 
ment. C est donc le po,r,t de vue spécial (objet formel) de leur, 
recherches qui distingue ces deux sciences. 

3. Utilité de la philosophie. -La salutaire 
INFLUENCE que la philosophie exerce et sur les indi- 
vidus et sur la société, les précieux avantages qu'eUe 
procure et aux sciences et à la religion chrétienne, prou- 
vent sa grande utilité. 

A. Influence de la philosophie. — » Sur les indi- 

Tv ^^V*^"^ P'"' ""'''^■^ ^^'^'''tés de l'homme, ce 
sont 1 in el igence et la volonté : celle-ci tend vers le 
bien celle-là vers le vrai. Et tout ce qui permet à 
ces deux facultés d'arriver plus facilement et plu» 

ZfiT W ^ \^^'^\ ^^ ''"" t«"dances. cela leur est 
profitable. Or tel est le rôle de la philosophie. En 
donnant a 1 esprit humain les règles pour bien juger 
et bien raisonner, non seulement elle lui montre le 
chemin qui conduit à la vérité, mais, de plus, elle le 



indique, 
herches 
)nstitue 
losophe 
loses, à 
i causer 
appelle 
'es sont 



tère dis- 

I formel. 

iciencea. 
celle-ci 
mouve' 

Je leurs 



'TAIRE 
i indi- 
qu'elle 
prou- 

I indi- 
ae, ce 
ers le 
net à 
plus 
ir est 
En 
juger 
Te le 
lie le 



INTRODUCTION à 

met en possession de moyens capables de lui faire 
surmonter les obstacles qu'il rencontrera sur la route. 
Faut-il ajouter que, grâce à la philosophie, l'intelli- 
gence acquiert beaucoup de connaissances. N'est-ce 
pas là un grand avantage ? Aussi bien la recherche 
des causes premières est encore pour elle une excellente 
gymnastique qui lui fait contracter peu à peu l'habi- 
tude de la réflexion. Quant à la volonté, elle subit la di- 
rection de l'intelligence. Nous voulons bien ou mal sui- 
vant que nos idées sont bonnes ou mauvaises. C'est la 
philosophie qui fournit à l'intelligence les saines notions 
que l'homme fait passer dans .ses actes. — '' Sur la société. 
En exerçant sa salutaire influence sur les individus, la 
philosophie, nécessairement, ne peut manquer d'at- 
teindre la société, parce que celle-ci est un tout dont 
'•'S individus sont les parties. — Au surplus, telle rie 
telles moeurs. Cet adage est encore plus vrai pour la 
société que pour les individus Certes, en elles-mêmes, 
dans leur forme abstraite, les idées ne sont guère con- 
tagieuse;, mais elles se concrétisent dans le journal, 
dans le livre, et ainsi pénètrent dans les foules qui — 
l'expérience le prouve — vont toujours au bout de 
leurs principes. Comme l'écrit Lamennais dans son 
Essai sur l'indifférence, « tout sort des doctrines : les 
mœurs, la littérature, les constitutions, les lois, la féli- 
cité des États et leurs désastres, la civilisation, la 
barbarie et ces crises effrayantes qui emportent les 
peuples ou les renouvellent.» C'est pourquoi, si l'on 
veut comprendre l'histoire d'un peuple, que l'on exa- 
mine bien sa philosophie. 

B. Avantages de la philosophie. — " Pour les 
sciences. Ces avantages sont généraux et spéciaux selon 
qu'ils sont propres à toutes les sciences ou ù chacune 



LEÇONS DE LOGIQUE 



d'elles, x) Avantages généraux. Les sciences supposent 
certains principes premiers, certaines notions fonda- 
mentales qui sont comme leurs bases. Ces principe», 
ces notions, c'est la philosophie qui les fournit. Tels 
sont les principes d'identité : ce qui est, est ; le principe 
de contradiction : une chose ne peut pas être et n'être 
pas en même temps ; le principe de causalité : tout effet 
a une cause, y) Avantages spéciaux. Les .sciences ma- 
thématiques, les sciences physiques, les sciences natu- 
relles, les sciences morales et sociales sont aussi tribu- 
taires de la philosophie. Celle-ci en effet dit au ma- 
thématicien ce qu'est l'étendue, le nombre, la quantité; 
elle enseiRue au physicien les notions de substance, de 
cause et de loi ; au géologue et au zoologiste elle donne 
la définition de la vie, du genre et de l'espèce : enfin, 
elle initie le moraliste et le sociologue aux idées de 
bien, de devoir, de liberté et d'autorité. 

Qui contestera les services précieux que la philosophie 
rend au médecin, à l'orateur, à l'écrivain- et à l'homme 
d'état ? .\ cause de l'union intime qui existe entre le 
corps et l'âme, la psychologie vient au secours de la 
science médicale. Et le médecin, pour réussir dans 
ses traitements, devra être au courant de l'influence 
du moral sur le physique et réciproquement ; par 
exemple, il devra connaître le rôle de l'imagination et 
des passions auprès du système nerveux et du cerveau. 
C'est pourquoi Bacon avait coutume dé dire que <( la 
médecine non basée sur la philosophie est une bien 
petite chose » ; et Leibniz formait des vœux pour que 
« les médecins philosophassent ou que les philosophes 
médicinas.sent.» . 

Pour convaincre, plaire et persuader, l'orateur doit 
connaître les lois du raisonnement (logique) et le 






INTHODUCTION " 

mécanisme des passions (psycholofiie). Quant à l'écri- 
vain, avant que d'écrire, il doit apprendre à penser. 
Or l'art de penser, c'est la logique qui l'enscitîne. Et 
la morale montrera à l'homme d'état, au i)olitique. la 
scicme si difficile du gouvernement."'—" Pour la 
religion chrétienne. La philosophie démontre les vérités 
qui sont les préamhnle« de la foi, telles sont l'exisleiice 
de Dieu, l'immortalité de l'âme. Ces vérités, solide- 
ment prouvées, acheminent l'esprit vers la croyance 
aux dogmes de foi. — Elle fait voir aussi tout le bien- 
fondé de nos mystères en expliquant qu'ils sont non 
contraires mais av-deasiis de l'humaine raison.— Comme 
la plupart des objections contre le christianisme vien- 
nent des sophismes courants, lesquels, ni plus ni moins, 
ne sont (pie de fausses définitions, la philoso|)hie rend 
encore un signalé service à la religion en restituant 
aux vérités leur saine et juste notion. 

4. Division de la philosophie. —La philosophie 
comprend trois parties qui sont la logique, la méta- 
physique et la morale 

LVnsenil.lo des êtres, Funiversalité des choses, objet matériel de la 
philosophie (2), peut se diviser en trois classes. Il y a d'abord les 
êtres de la nature qui existent indépendamment de nous, les 
êtres nous les étudions, nous ne les crions pas. La recherche du 
dernier pourquoi de cette réalité dont nous ne sommes pas les auteurs, 
s'appelle philosophie spéculative, réelle. Viennent ensuite les êtres 
qui dépendent de nous, que nous produisons, que nous pra(t,uon«. 
L'étude approfondie de ces êtres se nomme philosophie pratique. 

La philosophie comprend donc deux parties ■. la philosophie spe- 
culatiee et la philosophie pratique. Chez les anciens, la philosophie 
spéculatiee se divisait en trois classes distinctes : Physique. Mathe- 
viatiques et Métaphysique. Mais aujourd'hui, à cause de la spécia- 
lisation des sciences, on a fait de la physique (étude du mouvement) 



(1) Cfr. Lahr — Philosophie, T. I, pp. 8, 9, 10. 



6 



IiEÇONS DE LOGIQUE 



et de. matkimatiqu» (étude de 1. quantité) des .cience. à part : de 
«.rte que la philosophie réeUe ou .picuUUive n'est plus que la m«il- 
phy.ique (étude de la substonce) . La philoéophU pratique se parUge 
eu deux groupes appelés : Logique et Morale Ces êtres, eu effet 
que nous causons, sont des actes de l'intelligence (Logique) et de 
la volonté (Morale). . 

L'ensemble des êtres, l'universalité des choses se divise en trois 
classes : êtres rteU ou mttapkyeique,. êtres Ionique, et êtres moraux, 
d'où les trois grandes divisions de la philosophie : Metaphynque. 
togique el Morale. >*£. l „'-..- 

Ces trois parties se subdivisent à leur tour. La MHaphy.iqu. 
est ou générale ou .péciale. Dans le premier cas. elle se nomme 
Ontologie, dans le second cas, on l'appelle Métaphynque .pic«de. 
De leur côté la Logique et la Morale se divisent, chacune, en deux 
parties qui sont, pour 1. Logique : la Dialeelique^t la Cr.l.,« : pour 
la Morale : la Morale générale et la Moroi. epéctale. La métaphy- 
sique spéciale comprend trois parties : la Cosmoio»... la Peycho- 
laaie et la Théologie naturelle. 

Comme la Logique est une science dont dépendent toutes les 
autres, c'est par elle que doit commencer tout traité de philosophie. 
N'est-elle pas un « instrun-ent de savoir»? Or 1 instrument pré- 
existe à l'acte de celui qui s'en sert. Si la L^pque est le commen- 
cement de toute étude philosophique, la MoraU en est la 6n puis- 
qu'elle nous enseigne les moyens d'arriver à Dieu. '"»« "^t'"'' 
but dernier de toutes choses. Et. tout naturellement, la MHapKy- 
tique se trouve entre les deux. _ 

Le tableau suivant contient toute la matière de ce numéro d une 
façon plus brève et plus simple. 



Spéculative 



Physique 



Mathématiques 



f Générale ou Ontologie 



Métaphysique 



Philosophie 



''Siéciale 

[Logique f Dialectique 
Pratique \ | Critique 

[Morale f Générale 
\ Spéciale 



Cosmologie 
Psychologie 
Théologie natu- 
relle. 



INTRODUCTION 



Il eat à remarquer que la division moderne de la philoiophie, 
due i Wolff, philosophe allemand (1679-1758), eut pour résulUt 
une séparation regrettable entre les sciences et la philosophie. 
C'est depuis ce temps que la philosophie pure, aux yeux des pré- 
tendus savants, passe pour une simple divagation de l'esprit, une 
connaissance dont l'objet est le vague et le conjectural. Hâtons- 
nous de dire que cette séparation, jugée opportune, n'est pas un 
divorce complet. Aussi bien, la spéculation philosophique, pour ne 
chercher, dans la réalité sensible, que l'immuable, l'absolu, n'en. a 
pas moins des attaches nécessaires avec cette même réalité^qu'elle 
suppose et sans laquelle elle ne peut exister. <" 



(1) Cfr. Mercier — Logique, pp. 27-28. 



LOGIQUE 

otr 

PHILOSOPHIE RATIONNELLE 



5. Ddflnition de la logique. — La logique est une 

science ou un art qui dirige les opérations de l'esprit 
humain dans la recherche du vrai. 

6. La logique : science et art. — Le propre de la 

science est de donner le pourquoi, la cause de ce qu'elle 
affirme. Et c'est précisément ce que fait la logique. 
Elle prouie les règles que doit suivre l'esprit humain 
pour arriver sûrement à la vérité, elle en procure une 
connaissance causale, c'est-à-dire scientifique. Ainsi, 
elle ne se contente pas d'énoncer que tout bon syllo- 
gisme doit avoir seulement trois termes, quant au sens, 
mais, en plus, elle démontre cette loi. — L'art, en géné- 
ral, enseigne à bien faire une chose. Il est u.i « en- 
semble dérègles directrices de l'action.» <■> Or la logique 
enseigne à bien ordonner les opérations de l'esprit en 
vue de la vérité, elle fournit des règles pratiques qui 
dirigent l'intelligence aai i ses recherches. Elle est 
donc vraiment un art. Cependant, l'art proprement 
dit a pour objet les opérations extérieures ; la logique 
ne dirige que les actes intérieurs, les opérations de 
l'esprit ; et, pour ce motif, elle est un art impropre- 
ment dit, par analogie. 



(1) Mercier — ouv. cité, p. 74. 



PHILOSOPHIE RATIONNELLE 9 

7 La logique eit une science pratique. - Le h„t 
de la logique, ..-est la conquête du vrai El . 

nem^ent pratiçue,, bien différent, de We et du 
pler, sans en faire aucun emploi. contem- 

mmmsë 

Cette ordonnabdUé, cette adaptabilité des actes dlrin 

deSoïq::;-^ '- "'^' ' '--''- -- >i/-"J 

9. Utilité de la loiriau« t i • 

utilité : -B.Ecxx:ntr.cTiv:'T:tiHtér?r'' 
,i. "r." jr,'""« ;,'? '*'•• «"'"• '■"■ 



10 



LKÇON8 DE LOGIQUE 



donne encore à l'esprit humain cette clarté, cette pré- 
cision, cette rigueur que l'on admire chez les philo- 
sophes. — '' La logique renforce notamment la puissance 
intellectuelle. Sans l'étude des règles de la logique, 
l'esprit humain ne dépasserait guère les bornes du 
simple bon sens, et partant, combien restreint serait 
le domaine de son instruction. La logique fait aussi 
découvrir à l'intelligence des aptitudes insoupçonnées. 
L'étude, en effet, exige des efforts, de l'attention, de 
la réflexion : autant d'actes qui, nécessairement, arri- 
vent à d'heureux résultats. Que de gens, faute de 
culture, n'ont jamais pensé avoir les talents qu'ils pos- 
sèdent réellement ! 

B. Utilité objective. — "La logique rend la vérité 
plus accessible. Sans doute le bon sens arrive souvent 
à la vérité. Mais ne lui est-il pas plus facile d'y 
atteindre lorsque les lois de la logique viennent à son 
secours ? Le voyageur qui a de bons yeux voit cer- 
tainement les obstacles sur son chemin. Seulement, 
ces obstacles, il les évitera plus facilement s'il y a des 
« poteaux indicateurs.» Eh bien (( les règles de logique 
sont comme des poteaux indicateurs qui forcent de 
voir les fossés et les poudrières, qu'on n'aurait peut- 
être pas remarqués sans cela ». '" '' La logique rend la 
vérité plus sûre. Le pourquoi d'une vérité — s'il est 
connu — fait que cette même vérité est assise sur des 
bases plus solides. L'éclipsé de lune ou de soleil dont 
l'apparition attire les regards des mortels est, pour 
l'astronome, une vérité sûre, ferme, qui exclut toute 
hésitation. Ce phénomène n'offre pas la même certi- 
tude à celui qui ignore le premier mot des sciences 



(1) Elle Rabîer, Leçons de philosophie. Logique, p. 02. 



PHILOSOPHIE RATIONNELLE 



11 



physiques. Or la logique apprend le pourquoi de la 
vérité, elle enseigne à résoudre l'objection <>t à réfuter 
l'erreur. Grâce à elle la vérité est donc mieux établie. 

Il est bon de noter cependant que sans la connaissance des lois 
d'une science et des règles d'un arL, un t^rand nombre de personnes 
peuvent avoir une certaine habileté dans cette science ou dans cet 
art. Ainsi beaucoup savent compter sans avoir jamais appris 
l'arithT.iétiqur, d'autres jouent un instrument de musique sans 
avoir reçu aucune leçon. De ces faits pouvons-nous déduire l'inu- 
tilité ' ; la- science mathématique et de l'art musical ? Certainement 
non. .1 en est de même pour la logique. 

Au reste, la logique, comme toute science et tout art, ne doit 
jamais contredire le bon sens. Celui-ci « demeure un précieux ins- 
trument de contrôle, toujours bon à consulter dans les questioLs 
de sa compétence ; car, s'il a la vue un peu courte, du moins l'a-t-l' 
claire, et l'on peut conclure d'avance que toute proposition qui lui 
est évidemmtnt contraire, l'est, par là même aussi, à la saine logi- 
que ». *■' 

10. Division de la logique. — La logique étudie 
les opérations de l'esprit à ce point de vue spécial 
qu'elle les conduit à la vérité (8). Ces o])érations, 
elle les considère d'abord en elles-mêmes, et ensuite, en 
vue du vrai à conquérir : pour bien conduire ces opé- 
rations il lui est nécessaire de les connaître auparavant. 
C'est dire que la logique se divise en deux parties. 
La première partie (étude des opérations de l'esp.it 
en elles-mêmes) s'appelle Logique formelle ou Logique 
générale. On nomme la deuxième partie (étude des 
opérations de l'esprit en vue de la vérité) Logique 
matérielle. Logique appliquée. Logique spéciale, Métho- 
dologie. — Plus couramment la première partie est con- 
nue sous !e nom de Dialectique, et la deuxième sous le 
nom de Critique. 



(1) Lahr, ouv. cit. I, p. 406. 



12 



LEÇONS DR LOaigUE 



La logique ,e d.v.,e encore en logi,,ue naturelle et en 

U>gme sctenUJigue. La logigue naturelle est l'aptitude 

nnée de toute intelleKon.-e à découvrir la vérité l1 

log^gne snentifigne est cette n>«n.e aptitude développée 

et perfectionnée par l'étude. " 

11. Lat dlflérmui «pp.U«tloM d* U logiqu.. - u ,„ ,,i„ 
Kg. .n,. de .t. . e,„„„.|.r pourquoi I. prcniènTl» «con leL l 

, Il > « «rta.n» prinnp,,. r,rta.«« M,, „,mme le ,.ri,,,.i„e 

loi. de la d#mon.tr«li„„, „„i „„, ,„), 4 ,„„, ,^.^ sujet, T'onf 

hinnam. II., , adre.«e„t avant l.ut à Imtelli^nee. il, en dériven 

pour a,n„ parler. Voilà pourquoi la partie de la logique qui „ p. " 

objet le, op(r„l,o„, .MlerluMo, en elles-méme, et iL l„ , ui 1 

K.-en., ,e nomme Lo,i„..f„r„..„., i„,,„„ ^,„,„,^ m1 'pa,!ce 

iZc:7ir'r "^' '" ''""'""• '•""■"' '- "p^rationri 'teirc! 

tu.lle, et leur, l„„ eomme moyen, d'arriver au vrai. Cet rmM 
cet «,„,e ne,t ni plu, ni moin, que Vap„lie„,ion d,- ee, pé nu^: 
avee leur., ,o„ aux diffe..nte, „„,ilrr. ,„r le,quelle, elle por e "êl 
.nye,t.,„„„n.,. Mai, „„,„„. „„. „„„, .^IJ^ .r^Zr^ZZ' 

eur, lo„ p„,„„,/,;.,, ., |,„„ „;„,„rf^, .^ d,.it ,e e„„ 

Ordinairement la Loy„„e Jormelh. parée qu'elle désigne Par/rf, 
/. e./,r en honneur oU■^ le, aneien,. prend le nom i^DialZiZ 
(d.aleet,que vient d'un mot grec qui signifie ,/,■.„„/„). «„;„,!". 
Log„u. „yfU,,.(r. elle „,7,>. le, „,oyen, qua Imtelligenee Ar- 



LOdKjUE FORMEI.LK 



ov 



DIAÎ ECTIOUE 



12. Définition de la dialectique. — Lu Uiulectiquc 
est la neieiire de» opératiuun ih l'euprit humai" en elle»- 
même» et l'c.i loi» qui le» régi»»ent. 

13. Division de la dialectique. -- L'esprit liuinain 
u trois opérations : lu simple appréhension, le jugement 
et le raisonnement. A la simple appréhensioii se l'atta- 
chent la définition et lu divi»ion. Nous diviserons 
doni' la dialectique en cinq chapitres ('h. I, La simple 
appréhension; ch. II, La définition: ch. III, La division; 
ch. IV', Le jugement; ch. V, Le rauonnement. 



CHAPITRE PREMIER 



La simple appréhension 



14. Division du chapitre premier. — Par la simple 
appréhension nous acquérons des idées. Celles-ci .sont 
de différentes sortes et se manifestent à l'extérieur par 
un signe spécial appelé terme. C'est dire que ce cha- 
pitre premier comprendra trois articles: Art. I, Les 
idées ; art. II, Les différentes espèces d'idées ; art. III. 
Les signes des idées ou les termes. 



M LBÇOKS DB LOOIQCB 

Artiol* prtmlar 
LU IDf » 

16. D«flnltton d« Ift simple appréheniion. -La 

«impie appréhension est Vacle j.^r lequel V intelligence 
perq I l'etience d'une choie aani affirmer et tant nier 
quoi <e ce toit de cette eiience. 

Cette première opération de l'intelligencefeit appelée rimvlt 
parce qu'elle n'affirme rien et ne nie rien de l'objet qu'elle connaît. 
Quand nous affirmoni, dam notre eiprit. nom uniuoni eniemUe 
deui choiea : celle de qui l'on affirme (le .ujet) et celle que l'on 
affirme (le régime). Cette union est une rom}xui(ton.— Ce que l'in- 
telligence perçait, dani >a première opération, n'eit pai un objet 
que noua pouvoni voir avec les yeux du corp» ou palper avec noi 
maina, par exemple. Non. c'est une réalité cachée dans '.'objet vu 
par les yeui, touché par les mains. Cette réalité s'appelle ainct, 
l'intelligencu Vexlrail des choses sensibles qui nous entourent. 

16. Diftnitlon de l'Idée. — L'idée est la limpU 
repréientatiua d'une chose faite dana l'intelligence. La 
chose représentée est cette réalité cachée, cette etnence 
que l'intelligence extrait du sensible. 

Pour parler 1.- langage de la philoso; ' ■-, disons que i essence 
est ce par quoi un être est ce qu'il est. Ainsi un homme n'est pas 
un homme parc, qu'il a teWe figure, tel > om. telle origine, telle pairie 
itc, mais bien parce qu'il a Vanimalili et la raieonnabilitt. Ces 
deux éléments forment Yeeeence de l'homme. Eh bien ces deux 
éléments imitiblea, impalpablee, représcnté.< dana l'intelliger ?e se 
nomment idée. L'idée est donc l'effet de la simple appréhension. 

17. Idée et image. — L'idée et l'image d'un objet 
différent entre elles. L'une ne doit donc êt.e jamais 
prise pour l'autre. 

1) L'image de l'encrier qui est devant moi est sen- 
tible, peut être vue. touchée. L'idée dj même encrier 



BIALBCTiqUI 



15 



ett spirituelle, immatérielle, imperceptible aux Mns. 
L'intelligence leulement peut l'atteindre. 

2) L'image de l'encrier eut tingulihe, ne peut con- 
venir qu'à cet encrier devant moi. L'idée de l'encrier 
est univereelle. Elle convient & tout les encriers qui' 
ont été, qui sont et qui seront. L'idée de l'encrier, 
c'est son essence représentée dans l'intelligence. L'es- 
sence de l'encrier, c'est d'être un tate dam lequel on 
met de l'encre. Cette définition fait abstraction de la 
forme de l'encrier, de la matière dont il est fait et il 
sera toujours vrai de l'affirmer de tous les encriers. 

18. Compr«h«niion at exteiuion de l'idée.— La 

comprtaeniion ou le contenu de l'idée est l'ensemble 
des éléments que comprend ou que contient une idée. 
' .dée de pape contient deux éléments : chef et Église 
i pppe est le chef de l'Église. Ces éléments s'appel- 
nt aussi notes constitutives d'une idée. 1.'extension 
c l'idée est l'ensemble des individus auxquels l'idée e.4 
attribuable. Tous les prêtres, passés, présents, à venir 
ou simplement possibles, sont contenus sous l'extension 
de l'idée d'homme. 

19. La compréhension d'une idée est en raison 
inverse de son extension, et réciproquement.— En 

, effet plus une idée a de noies constitutivex, moins elle a 
d'extension, et plus elle a d'extension, moins elle a de 
notes constitutives. Prenons comme exemple l'idée d'hom- 
me. Le contenu ou la compréhension de cette idée se 
compose de deux notes constitutives : l'animalité et 
la raisonnabilité. L'idée d'homme, telle quelle, s'étend 
à tous les hommes. Si à ces deux éléments constitutifs 
de Vessence de l'homme nous en ajoutons d'autres qui 
le compIMent, Vintigrent, nous augmenterons la compré- 
hension mais l'extension diminuera d'autant. Ainsi 



16 



LEÇONS DE LOOIQfE 



en ajoutant les idées de blanc et de «mant aux idées 
an.malUfet rahonnahilité, l'idée d'homme contiendra 
quatre éléments, c'est pourquoi elle aura beaucoup 
moins d extension. K„ effet l'idée d'animal, raUnn- 
nable, blanc, n est pas attribuable à ton, les hommes il 
faut exclure les noir.. Aussi bien l'idée d'animal, rai- 
sonnable, blanc, «avant a moins d'extension que l'idée 
homme blanc parce qu'elle a un élément de plus, c'est- 
a-dirc une compréhension plus grande. Car ici il 
faut .-xclure non seulement les hommes noir., niais 
encore, les hommes ignorant.. 



Article II 
ESPÈCES D'IDÉES 
20. La classification des idées. - L'idée peut être 

considérée à quatre points de vue différents. C'est 
ce quadruple point de vue qui fonde sa classification 
L idée peut être considérée: a) au point de vue de son 
origine ; b) au point de vue de l'objet qu'elle représente ■ 
c) au point de vue de la maniire plus uu moins parfaite 
de représenter l'objet ; rf) au point de vue de la rela- 
tion qu'elle a avec les autres idées. Cette classifica- 
tion est adoptée par tous les auteurs scolastiques. 

A. Division des idées au point de vue de leur origine. 

21. Idée intuitive. — L'idée intuitive est la repré- 
sentation de l'objet produite dans l'intelligence immédia- 
tement par l'objet lui-même. Ex. : l 'idée de Dieu pour 
les bienheureux dans le ciel. lis voient Dieu immédia, 
tement, face à face. Dieu lui-même, sans aucun inter- 






DIALECTIQUE 17 

.nediaire, est connu par les anges et les saints. L'idée 
du papter sur leguel j'écrù est intuitive. L'idée intui- 
tive s'appelle immédiate. 

22. Idée abstractive. - Vidée abstractive est In 

monH. ^'l-^"^''^ «l" ^'«« que nous avons en ce 
monde. Nous connaissons Dieu au moyen des chose! 
qu, a créées et dans lesquelles nous trouvons une 
.s.m.luude b.en imparfaite de lui-même. De ces même! 
choses nous abstrayons l'idée de Dieu. L'idle bonne 
"u mauvaise que nous avons de quelqu un après 
lamr.„a,,r. L'idée ab.stractivc est LrfL 

23 Idée directe. - Vidée directe est la représenta 
P<^^1 objet Im-meme mais situé à l'extérieur C'Jt 
•feence. Ex. . L idée de l'encrier placé devant moi 
y,- ^^,1 'r*f • '"'"• ^ ^''■''^^ ^-î^^^^ e«t la représenta 

f,ence sur I idée directement perçue Ain^; i--- 



natt. 



lorsque l'objet est dans cel 



lui qui con- 



18 



LEÇONS DE LOGIQUE 



B. Division des idées au point de rue de l'objet qu'elles 
représentent. 

25. Double aspect de l'objet : compréhension 
et extension. — L'objet dont l'idée est la représenta- 
tion faite dans l'esprit peut être considéré dans son 
contenu (compréhension) et dans son étendue (extension) 
(18). Dans sa compréhension l'objet donne lieu aux 
idées simples, composées, positive.-, négatives, abstraites, 
concrètes, réelles, logiques. Dans son extension l'objet 
produit les idées singulières, universelles, particulières, 
difitributives, collectives, univoques, analogues, transcen- 
uuntales. 

26. Idée simple. — L'idée simple ou incomplexe est 
la représentation d'un objet contenant un seul élément 
constitutif. Ex. : L'idée d'être, d'existence. L'idée 
simple est donc indécomposable. 

27. Idée composée. — L'idée composée ou complexe 
est celle qui représente un objet contenant deux ou plu- 
sieurs éléments constitutifs. Ex. : L'idée d'homme, 
l'idée de prêtre, l'idée d'avocat. 

28. Idée positive. — L'idée positive est celle qui 
représente un objet contenant une perfection. Ex. : L'idée 
de vivant, l'idée de savant. Vivant et savant sont 
constitués par la vie et la science qui, en elles-mêmes, 
sont des perfections. 

29. Idée négative. -^ L'idée négative est celle qui 
représente un objet contenant une imperfection. Ex. : 
L'idée de mort, l'idée d'ignorant. 

30. Idée abstraite. — L'idée abstraite est celle qui 
représente, séparé de l'objet, un élément qui est partie 
constitutive de cet objet. Ex. : L'idée de blancheur. La 






DIALECTIQUIS Jo 

WancAeur est un élément constitutif de l'objet blanc. 

dillf %°y '''""^' ^' -P--tée comme telle 
dans 1 esprit, elle est une idée abstraite. 

31 Idée concrète. - L'idée concrète est celle gui 
repr sente l objet lui-même, tout entier, avec les éléments 
qm le constUuent. Ex. : L'idée de prêtre, de médecZ 

d-linân^ '*'"'T ^"'f^" '^'"^ "^* '" ^'^P^^^entation 
réZté^V"" '"f '" '''*"" ^' l'intelligence dans la 
réalxtê extérieure, t. . : L'idée de table. 

tJL "*' '^«î'»"»;^^''''^^ ^"0^9"' ««t 'a représen. 
talion , n objet qui n'existe que dans et par l'intelli- 
gence. .x. : L'idée de genre et d'espèce. Quand nol 
disons que Pierre appartient au genre animal et à 
\espece homme, cette classiOcation n'existe que dans 
et par notre esprit. 

.,„m;."*!.''*'"^'Î"*"- ~ ^''•^^^ ''"^«''■^^^ «^«t la repré. 
sentation d un objet attrihuable à un seul être. Cet 
objet s appelle individu. Ex. : Pierre, ce cahier. 

i^'IPtT "" "*•'"' ««"*"°W« « plusieurs êtres Ex • 
L, Idée d homme, de substance. 

36. Id«e particulière. - L'idée particulière est celle 
qui représente un objet attrihuable à quelques êtres C'est 
1 Idée umverselle limUée. Ex. : Certains hommes, quel- 
ques savants. * 

JJ- "*' d^'t^ibutive. - L'idée distributive est une 
tdée universelle qui représente un objet attribuabk à plu- 
sieurs êtres pris séparément et collectivement. Ex • 
Lidée dAomm.est attrihuable à chaque homme et à 
tous les hommes. 



20 



LEÇONS DE LOGIQUE 



38. Idée collective. — L'idée colUclhe est une idée 
universelle qui représente un objet attribuahle à plusieurs 
réunis ensemble, ou pris collectirement. Ex. : L'idée 
d'armée .s'affirme non de chaque soldat, mais de 
plusieurs soldats réunis, pris en (jroup". 

39. Idée univoque. — L'idée unitvque est une idée 
universelle qui représente un .ibjet attribuahle à plusieurs 
de la même manière, ou qui exprime la même réalité 
dans tous les êtres auxquels on l'attribue. Ex. : L'idée 
d'animal représente un objet (vivant sensible) qui 
s'attribue de la même fai^on et à l'iionnue et à la brute. 
En d'autres termes, animal exprime la même réalité, 
c'est-à-dire rirant sensible, dans l'homme et dans la 
brute. 

40. Idée analogue. — L'idée unaloi/ue est une idée 
universelle qui. dans les êtres au.rquels elle conrient, ex- 
prime une réalité un peu semblable, un peu différente. 
E^. : I/idée de tête convient au corps humain et au 
chef de la cité de Québec. Celte idée, dans le corps 
humain et dans le chef de la cité de Québec, exprime 
une réalité »« peu semblal)le et un peu différente 
aussi. i)uisque la tête qui gouverne la cité n'est pas 
absiiluivent la même <|ue celle qui conduit le corps 
humain. 

41. Idée transcendentale. L'idée Iranscenden- 
tale est une idée qui représente un olijet attribuable à 
tout ce qui e.ri.ste ou peut crlsler. Ex. : Les idées d'être. 
<le chose, de quelque, de bonté, de rérilé. voilà les cinq 
trauKcendeutaux. Ce nom leur vient de ce qu'ils ne 
sont pas localisés dans aucun genre, dans aucune 
espèce ; ils sont au-dessus de tous les ge- res, de toutes 
les espèces, ils les dépassent tous (transccndere) ils 
conviennent à tous. 






DIALECTIQliK 



21 



C. Difùio,, dex idrex au point de vue de la manière 
de représenter leur objet. 

42 Idée Claire. - I/idée daire est la représentation 
de t objet de façon qu'on le puisse distinquer des autres 
*-x : Quelqu'un a Tidée claire de. la philosophie s'il 
ne la confond pas avee la théologie. 

43. Idée obscure. L'idée obscure est 1.. représen- 
tation de l objet de façon qu'on ne puisse pas le distinquer 
des ,..,.res. Ex. : Ceux qui disent (|ue l'homme est un 
sniKe perfectionné, ont une idée obscure de l'homme. 

44. Idée distincte. - I/idée distincte est celle ,,ui 
représente les principaux éléments essentiels de l'objet. 
hx. : L'homme est un cuimal raisonnable. 

45. Idée confuse. - L'idée confu.se est celle qui ne 
représente pas les principaux éléments e.'<sentiels de 
I objet. Ex. : L'homme e.st un animal. 

40. Idée complète. ^L'idée empiète est celle qui 
représente tous les éléments csentiels de l'objet. Ex • 
L homme est une substance, corporelle, cirante, sensible, 
raisonnable. 

47. Idée incomplète. - L'idée incomplète ,- t <clle 
qui ne représente pas tous les éléments essentiels de l'objet. 
i-x. : L homme est une substance raisonnable. 

48. Idée adéquate. L'idée adéquate est celle qui 
représente non seulement tous les éléments esseuliets de 
'objet, mais encore toutes .,es propriétés et toutes les qua- 
lités accidentelles qu'il a nu ,>cut aroir. Cette idée 
rpmse la cognoscibilité .l'un objet. Dieu seul a des 
Idées adéquates. 



32 



LEÇONS OE LOGIQUE 



49. Idéa inadéquats. — L'idée inadéquate est ceUê 
qui ne représente pai tous les éléments essentiels, propre» 
et accidentels de l'objet. Ex. : Les idées que nous avons 
en ce monde. 

D. Division des idées au point de vue de leur compa- 
raison, 

50. Idées identiques. — Les idées identiques sont 
celles qui représentent des objets constitués par les mêmes 
éléments. Ex. : Les idées d'animal et de vivant sensible 
sont identiques. 

51. Idées diverses. — Les idées diverses sont celles 
qui représentent des objets constitués par des éléments 
différents. Ex. Les idées d'animal et d'ange .sont 
diverses. 

52. Idées COncililibles. — Les idées condliabUs sont 
celles qui représentent des objets constitués d'éléments 
différents mais attribuables (objets) à un même être. Ex. : 
La justice et la bonté. Quelqu'un peut être bon et juste 
à la fois. 

53. Idées inconciliables. — Les idées inconcilia- 
bles sont celles qui représentent des objets constitués d'élé- 
ments différents, et non attribuables à un même être. 
Ex. : La rotondité et la quadrature. 

54. Idées associées. — Les idées associées sont les 
idées qui se supposent l'une l'autre, qui s'évoquent, qui 
sont unies par un lien. Ex. : L'idée de fumée est associée 
à celle de feu. Si ce lien qui unit deux idées dépend 
de la nature des objets représentés par ces idées, alors 
on dit qu'il y a association objective, comme dans l'ex- 



DIALECTIQUE 



23 



emple précédent. Si ce Uen dépend de l'intelligence, 
danc ce cas, l'association est subjective. Ainsi, pour ;. 
fidèle, l'association entre Vidée de la croix et l'idée du 
sacrifice de Jésus-Christ, est une association subjective. 
55. Idées inassocUes ou disparates. — Les idées 
inassociées ou disparates sont les idées qui ne se sup- 
posent pas et ne s'excluent pas. Ex. : L'idée de sage. 
de noir. 



APPKNDICE 



Prédicableg et Prédicamtnts 



oO. Un peu d'uulyia. — Analysons grammaliinlcmont In 
phrase suivante : Pierre e.il aimable. Pierre est un nom sujet .le 
est. Kat est un verlie «iibnlanlif, !. la troisième personne de l'iniii- 
catif présent, il unit Pierre à aimable. Aimable est un ailjeelif 
qui qualifie Pierre. Kt .lone au s.ijet de eette phrase, on s'est fait 
trois questions : 1° QuV»t-ee que Pierre : 2° qu'est-ee que aima- 
ble ; 3° quelle est la relation entre Pierre et aimable. On a mis 
Pierre .lans la partie du diseours qui s'appelle nom ; aimable, «n In 
plaeé dans la partie qui se nomme adjeelif ; et on a dit <|ue la rela- 
tion entre eet adjeetif et ee nom, était une relation de qualifieation. 

.'>7. DéflnlUon des prédicables et des prédlcaments.— L'ana- 
lyse faite dans le numéro préeédent nous aidera à comprendre la 
<léfinition .le ces deux termes. En logique, au lieu des mots Pierre 
et aimable, on dit les idées de Pierre et d'aimable. Le prédieablc, 
c'est la relation qui existe entre Pierre et aimable. Le prêdieament. 
c'est la classe ou la .atégorie où l'on peut placer les idées de Pierre et 
d'ainiable. Us prédlcaments, en logique, correspondent aux dix 
parties du discours en grammaire. Le prédieablc répond à la 
question troisième (.50) : Quelle est la relation entre Pierre et aima- 
ble » C'est une relation de qualification, ou .'ncore, aimable ./uu/Z/îe 
Pierre. Plus explicitement, on peut dire que le prédieablc est In 
manière ilont Yidéc aimable .l'affirme de Pierre ou s attribue à lui- 
même. L'idée aimable en effet est une idée universelle, puisqu'elle 
peut .-.mvenir à plusieurs (3.5). Mais l'idée universelle, attribut, 
n'a pas toujours une relation de qualification avec le sujet auquel 
elle se rapporte. Quand on dit : Pierre chante, est chantant, ici 
c'est une relation d'action. Donc la manière 



attribut s'affirme de l'idée sujet peut être différente,' et 



quoi on définit le prédieablc 



dont l'idée 
c'est pour- 



r 



comme suit : Les diférentes manièn 



UIALECTlQL'e 



25 



rfo»< une M, univtr.M, .'affirm, de. ,ujel, auzquel. Me « rafpoHe. 
Lo prfdicamenl rép.,„,l a„x question, 1èr. a 2,- (,W) : ti»\.,iZ.«u^ 
P.rrr, ,,„.., t.o,. ^WalmMe t Pierre e,t ,,„ mot. il e,t el«„é d»n, 
1» partie d„ di.eour, appelée nom. Aimable e»t un mol. il e.t rl„„é 
dan, la partie du d„oour, appelée adjectif. Kn «r.mn.aire, l'ierre 
et a.mohlc .,n le, étudie <.„„.,ne mol., en l„«i„„e. „„ ,.„ ,„„,i,,^,, 
eon,„,e ,rf «. Kt donc le, prédicamenU ,o„t le., rlo.,e, ou le. euli- 
goue. au I „„ ,,„„ „„„„ ,„„,„ ,„ ,.,,^„ ^„, ,,_,^_ __ _^, ^^^^ ^.^^^ ^^^^ 

.>S. Il y . Cinq prétUcbl... - Le, relation, qui exi,tent entre 
i Idée at rihut et I idée ,ujet ,ont au nombre de einq. Kn dal.tre, 
lerme,, le, différente, manière, ,l„„| „„ „„ril,ut ,'aBir.„e de ,on 
,u,et ,ont «Il nombre de cinq. Quatre ,1e ce, mau/hr, „„ de ces 
r,M,ou. „uit néee>,ain:. une autre e»t „o„.nce,-.,mre ou eonliugenie 
Le, quatre relation, néecaire, ,-a,.pell,.nt ,../«V,. gnire. différence 
H imprc. La relation contingente ,e nomme accident. Il va ,an, 

dire que ce, cinq relation,, vi,.à-vi, du ,uje. au, 1 elle, rattachent 

attnbut nont pu, toute, le mfme r.M,.. L'importance ,1e leur 
lonction .cpend ,1e la natur,- ,1c rattribul. Kt di,„n, tout de 
Mute ,|ue I,., relation, nécessaire, l'emportent ,ur la relation cnntin- 
!,rnle. M„„ |<., relation, né.e„aire,, ne le sont pa, au mciiie degré. 
Ain,i dan, l,-« exempi,., ,uivanl, : l'ierr.- ,.,t liomme. Fi,.rre e,t 
rapalde de parler, la reh.tiim ,!,■ /,„,„„„. ,i |.i,„,. ...,[ p;„, „éc,.„„ire 
..ne la relation ,1e „,;,„M. ,/. p,„/„. ^ l,- ,„jct n,- peut pa, exi,- 
cr ., an., I,., attribut,, qui ont an-c lui i,„e n^latiou néecaire 
c, attiibuts ,iKnifi,.nt ou quelque cl,a.e ,1„ ,„jet ou tout le sujet 
Oan, I exemple : l'ierre e,t l,„mme. lUtlribut l,omme exprime tont'e 
.. nature (animal rai.onnable) ,1e l-„.rn.. l)a„, ,et autre exi-mple- 
lerre ,-,t animal, l'attribut animal cxpriiu,. quelque eho.e. c'e,t-,'|. 
-lire une partie de la nature ,1,. Pierre. Cette iMrtie de la nature 
•■xpnmee ,,ar l'attribut animal. Pierre la ,,art,.ge avec le., autres 
"mmaux, le, brute,. Par contre, il e,t un autre attribut qui ex- 
pnm,. un,, partie de la nature du sujet, mai, partie que le ,ujet ne 
l-irtage pa., avec le, autres, parce qu',-lle e,t ,e qui le distingue Je, 
"Ire., tel I attribut ruLionnaOle ,laii, l',.x,-mple : Pierre est raison. 
"'Me. Il y a d,mc trois attribut, qui expriment la natur,. du ,ujet 
"iquel Ils se rapportent : un qui l'.xprime tout entière, c'est Vespèce- 
"Il qui exprime une partie de la nature que le „,jef partage avec 
•autres, c est le genre ; un qui exprime une partie de la nature qui 
'li.,l.ngue le sujet des autres, c'i-st la différence. Tout en n'entrant 



26 



LEÇONS DE LOGIQUE 



Pierre nt 



fi». 



pu dani U conititution Mienticlle du iujet, il y a npendaDt un 
quatrième attribut qui découle nêctMairemcnt de ce lujet. c'eit le 
propre ; comme la faeulti de parler que poiiède Pierre. Enfin, 
reite le cinquième attribut qui n'appartient pai nèceuairement au 
■ujet. C'eit l'attribut qui peut ou ne peut pat adhérer au tujel, la 
nature de eelui-à retlant intacte : l'attribut tarant dam la phraM, 
Pierre e>t tacant, c'eit ['accident. Le tableau luivant rèiume tout 
ce numéro. 

hnmine cipèce 1 nécruai» 

•»'■"•'• • • : genre 2 nécriuiire. 

raiionnable différence 3 nécessaire. 

■ capable de parler . propre 4 nécessaire. 

■ savant accident .... 5 contingent 

n y > dix prédiounanU. — Les prédicamenls sont le lujtl 
et V attribut ; les prédieablet sont les relations qui existent entre le 
sujet et l'attribut. Ce lujet et cet attribut, comme tout ce qui existe, 
«ont des Itret. Mai» tout ce qui existe ou peut exister (être) existe 
en lui-même ou dont un autre. La taUe est un être qui existe en 
lu\-vUme. La (orme, la couleur de la table n'existent pas en elles- 
mêmes, mais bien dont la table. On appelle tubttance l'être qui 
existe en lui-même, et accident prédicamental celui qui existe dans 
un autre. On compte neuf accidents. Ce qui fait en tout dix 
prédicaments ou dix classes, dix catégories dans lesquelles on peut 
placer toutes les idées que l'on a ou que l'on peut avoir. Ce sont : 
la tubttance, la guantUt, la qualiU, la relation, l'action, la pattion, 
le {mu, le quand, le tite, Vhabit. — Il ne faut pas confondre exister 
«n toi et exitier par toi. Dieu seul existe par lui-mtme, parce que 
lui seul n'a pas été causé. Et donc l'existence en toi n'exclut pas 
une cause productrice distincte. 

IPar loi 
(Ici crtaturcf) I «n wt ^lubits 

\daiU un '>ufr« '. i 



(1) L'ttra eit 



un "ufrf ; accident 



Ou peut cziitcr 



(1) Cfr. Hevue Thomiste. NoT.-déc. 1912, p. 72«. 



I quantité 
qualité 
action 
paaiion 
rclatioa 
liau 
quand 
ait* 
bakit 



DIALECTIQUE 27 

Iji phraa* auivantc renferms Ifi dix prtijiramrnta : 

Hier aprèi-miili — au jardin — Moniieur X — chaudement ïèlu ~ 

Quand litu lubtlance kabil 

•urveilluit — en marchant — une centaine — d'écolieri -- 

action nie quantité relation 

fort jo.veun — et e» excellente lanté. 

qualité fiuiion. 

60. CluilfletUon dti prtdiMblw. - Nou. «von. dijà qu'il 
y a cinq pr«dicables (58) ou cinq manière» diffirenles d'affirmer 
rattribut du sujet. Ce» cinq prédicabl.., s'appellent genre, eepèce, 
différence, propre et accident. Le» troii premier» constituent l'es- 
>enc ou entièrement (espèce) ou en partie (genre et différence). 
U» deux autro. (propre et accident) ont avec l'eMence une relation 
niceeiaire (prop.-e) et non-néce>,aire (accideut). Quand on parle 
de cla»»iacation des prédicable», il n'e»t que»tion que des prèdicable» 
essentiel», c'est-à-dire du /enre. de Vcepice et de la différence.— Voar 
nous servir de l'exemple déjà employé, nous allons nous demander 
quel est Vatiribut qui s'affirme de Pierre comme genre, comme eepèce 
et comme diférence. Noua répondons en disant que le genre de 
Pierre est animal, l'eapèce de Pierre est Aomme, et sa différence, 
rii«onna6fe. Mais Pierre, à son tour, où le clasaons-noua, dans la 
catégorie lubetancc. ou dans celle d'accident ? San» aucun doute, 
Pierre exiete en lui-même. Il est donc une eubetance. Quelle sorte 
de oubsUncc est-il, Pierre ? Est-il une substance epirituellc ou cor- 
porelle} Evidemment Pierre est une subatance corporelle, ou un 
carpe. Mais il y a bien de» corps, le livre, par exemple, est un 
corps. Pierre est plu» que le livre, il est un corps manl, orga- 
nique, le livre n'a pas la vie. Et cependant, tous les vivants 
ne se ressemblent pas. Parce qu'il a la vie, Pierre est-il nécessaire- 
ment semblable à l'arbre, vivant lui au.s»i, qui pou».,e ses racines 
dans le jardin .» Certainement non. la vie de Pierre est supérieure 
à celle de l'arbre. Sa vie est sensitive, elle agit par des sens. L'arbre 
du jardin, n'a qu'une vie végétative, il n'a pas de facultés sensibles. 
C est dire que Pierre est un anima/, et de plus, raieonnable. Au 
«i«e/ Pierre se rapportent donc plusieurs attributs qui ont avec 
lui une relation, néceetaire toujours, graduée cependant. Ces 
attribut» sont classés d'après un ordre fondé sur leur extension et 
:eur compréhension. Le tableau suivant met bien cet ordre en 
relief. 



^ LIÇONS DB UMIlgUB 

* 0«.rti«pf«». g«biU.M y 

corponllii dlMniM ipMtiin 

■ 0<in •ubalur» (I npt„. Cwpa 

ortaalqai: ill«re>ea ipMtqu 

C a<an>aMliru>t«ip^a.VI«ut _ 

••••iUa: illtntn ipMaqaa 
D Oaan la ma al aipica Aalul 

'•'•oaaable: dlnraaaa ipéeilqaa 
' ■•P**" Raa|» g 

^___ Plaff . ^ 

*^''»'""''"" Compréhnuion " 

I ./* "^'"'i°" ***" ■''*'" '""■'• "1^" •' •'iff'"'"' exprimé* pur In 
lettre! A. B. C, D. E. F e.l en r.iaon invrne de leur compréheniion 
expnmée p.r le. lettre. F, E. D, C. B, A. Cette clMiBclion ordon- 
ne* de. prédic.ble. çtnre. e.pèce et diférenet. .ou. I. catégorie 
•ubilane,. d apré. I. diminulion de leur exten.ion et Vauimentalion 
de leur compréheniion .'appelle ARBRE DE PORPHYRE, en .ou- 
venir de Porphyre, philcophe de l'antiquité (233-304) qui en e.t 
1 auteur, 

61 0«iir«iupr«m».t faniM •ubUtwnwi.-D.ni l'arbre de 
rorphyre, tubttance e<t appelée imre tuprime, d'abord parce qu'eUe 
exprime une partie de leMence de Pierre (genre), partie que Pierre 
Partage avec beaucoup d'autre., et eD.uite parce qu'au-dewu. de 
.ub.Unce. d n'y a plu. de genre, mai. .eulement l'être qui e.t un 
tranKendental (41). De .on c4té. corp. e.t appelé ,.nr, .uMerne, 
paree qu il y en a un au-de..u. de lui. iubitaHre. 11 en e.t de même 
pour vivant et animal. Vis-à-vi. de vivant, corp, joue le rAle de 
genre. A .on tour, vivant est le ,enre d'animal. Animal eat un 
genre infime, parce qu'en deuous de lui U n'y a plu. de genre, mai. 
de. «pice. Mulement. Il e.t au..i upice, vis-à-vi. de vivant. 

62. Kipèmi et dlSémCM. - D'aprè. le tableau, «.rp, e.t 
tenre et eepice ; „pia vis-à-vi, de .ub.Unce. il e.t une «>rU, une 
apice de «ubstance. mais, par rapport à vivanU U e.t »CTr,. Subi- 
tance. ,«iire de corp.. devient corp. par la différence eorpmeUe 
L espèce e.t donc con.tituée par le genre et la différence. Parce que 
corp, a a au-deuu. de lui aucune espèce, il est nommé espèce .«pr<m.. 






KAUIOTIQVB 



.. r 

.. R 
. D 
. C 

. B 
A 



Cotf et orfanifiM (Ogirnut) coiutiturnt nniiif qui .- -l une tiftti 
de corpi. Viv«nl rat une nficf de corp», nuU un apin nkaUtriu 
puUqu'il y ■ une npère au denui de lui. De m«nie auui animal 
«•t une nptce de vivnot, e.pèce êubaUerni, formée de n'>an< (genre) 
•t M»nM« (diSérence). Enlln *omai< eit une ufiee d'animal 
réiultant de l'union d'animal (jenre) et de raiwnnaiie (différence). 
Vupict homme eit l'eipéce infimt. parce qu'aprii elle il n'y • plua 
d'npéce, mail dn individu». L« difftrenet dont le rftie ert de «'unir 
au genre pour conitltucr l'eipèce, prend le nom de êuprime. iubal- 
Urne et infime luivant qu'aile qualige le genre luprime, tuballtme 

63. A quoi w riraiM ia tlilorl* dw prldiMblM «t dM 
prfdleunmtf . — La théorie de» prédicablc» et de» prédirament» 
n'c»t que la miee en pratique de l'exteniion et de la cumpréhen»ion 
de» idée». La claaoificatiun ordonnée de» piédicable» »au» le genre 
»upréme •ub»tance (60) en e»t la preuve. Cette da»ification, il 
eit licilc de »'en convaincre, n'e.l ni plu» ni main» que la difinilion 
eeienlit'.le, partant, térilabte. de Pierre. Celui-ci e»t donc claaié 
dan» la catégorie (prédicament) •ub»tancr avec tou» le» attribut» 
(prédicable») qui nuu» ren»eignent à différent» degré» «ur »a nature. 
En plaçant Piirre dan» la catégorie lubtianee, de plu», en lui don- 
nant tou» les qualiScatif» qu'exigent sa nature, on le distingue, on 
le liiene de tout ce qui n'est p«i on euMance. ou eorps, ou tiranl, 
ou animal, ou Aomme. En d'autres termes, c'est dire que toute la 
théorie de» prédicable» et de» prédicament» ae ramène à 6ien définir 
et à bien dlriier. 

Article m 

SIGNES DES IDfES OU TERMES 

64. Définition du terme. — Le terme est le signe 
de l'idée et de la chose perçue par la simple appréhension. 
Immédiatement le terme signifie l'idée, et, médiatement, 
la chose perçue. Le terme livre signifie d'abord l'idée 
que l'intelligence a du livre, et ensuite, au moyen de 
l'idée (médiatement), il signifie le livre. 



30 



LEÇONS DE LOGIQUE 



65. Terme catégorématique. - Le terme catêgo- 
rémahque est celui qui par lui-même a un sens complet. 
bjx. : Homme, livre. 

66. Terme syncatégorématique. - Le terme syn- 
catégoremahque est celui qui par lui-même n'a pas de 
sens complet mais seulement quand il est joint à un autre 
Ex. : Quelque, tout. 

67. Terme simple ou incomplexe.-Le terme sim- 

pie ou incomplexe est celui qui n'est formé que d'un mot. 
Ex. : Cahier, table. 

68. Terme composé ou complexe. — Le terme 
composé ou complexe est celui gui est formé de deux ou 
de plusieurs mots. Ex. : Chauve-souris, arc-en-ciel. N B 
Comme le terme est le signe de l'idée, il y a autant de 
termes que d'idées. 

69. Terme en philosophie et en grammaire. — 

En philosophie, le terme est un signe logique, parce 
q_u il représente un être logique, c'est-à-dire un être qui 
n existe, comme tel, que dans l'intelligence. En effet 
I être que signifie le terme, c'est Vif-ee. Celle-ci, comme 
telle, n'existe que dans et par l'intelligence. Cette 
sigmfication du terme s'appelle encore, signification 
formelle. En grammaire, le terme est étudié au point 
de vue matériel, c'est-à-dire en tant qu'il est composé 
de .syllabes. 

70. Supposition des termes. - La supposition des 
termes est l'emploi que l'on fait d'un terme dans une 
phrase. La supposition n'est pas seulement la signifi- 
<;ation naturelle du mot mais encore le sens suivant 
lequel il est employé. 



DIALECTIQUE 



31 



71. Supposition matérielle. — La supposition ma- 
térielle est Vnsage du terme pour Ivi-m'w.e, pria dans aa 
formation littérale ou syllabique, K\r,x "i-iiu-e au sens 
grammatical, sans s'occuper de ce ciu'il signifio. Ex. : 
L'Université Laval, est un no», fopre con.posé de 
deux mots formant sept syllabes. 

72. Supposition formelle. — La supposition for- 
melle est l'emploi d'un terme pour la chose dont il est le 
signe. Ex. : V Université Laval est une institution fon- 
dée en 1852 par le Séminaire de Québec. 

73. Supposition logique. — La supposition logique 
est Vemploi d'un terme qui signifie une chose n'existant 
que dans et par l'esprit. Ex.: L'Université Laval est un 
mot du genre féminin. 

74. Supposition réelle. — La supposition réelle est 
l'emploi d'un terme qui signifie une chose existant indé- 
pendamment de l'esprit. Ex. : L'Université Laval est 
une grande institution. 

75. Lois de la supposition des termes. — Nombre 
d'erreurs n'ont d'autre source que « la piperie des mots», 
disait Montaigne. Pour faire un bon usage des termes, 
il est donc nécessaire de connaître les lois qui régissent 
leur emploi. Dans une phrase ils sont ou sujet ou attri- 
but. Il y a des lois qui concernent le sujet et l'attribut, 
d'autres qui se rapportent au sujet ; enfin il y a les lois 
de l'attribut. 

I. Lois DU SUJET ET DE l'attribut. Il faut bien s'en- 
quérir du sens de ces deux termes. Et pour ce faire, 
il est nécessaire de tenir compte : a) de la mentalité de 
l'orateur ou de l'auteur ; 6) du génie de la langue dans 
laquelle il parle ou il écrit ; c) du sujet traité ; d) des 
circonstances. Après le sens des termes, c'est leur 



il 



32 



LEÇONS DE LOGIQUE 



'ri T r '■"^"''^ **" '=''°°'^*«'- Chaque terme 
pns séparément a son extension propre. Voici leurs 

attrihn/ '"'•'*"'' %''"'" "'"«'' *•■"" «"i«t «t d'un 
attnbut qu. ne sont détern^inés par aucun signe ex- 

™nL^°"T''''^^- " ^""''""^^ phrase dont l'aUribut 
convint ou répugne nécessairement au sujet, celui-ci est 
un terme unuersel. La raison est parce que ce qui con- 
vient ou répugne nécessairement à un sujet, doit ex- 
ister ou ne pas exister partout où se trouve ce sujet 
ou tous les autres qui sont de même nature. Ex ■ Les 
chrêhen, sont ceux qui ont reçu le baptême. Il est' vrai 
de dire : Tous les chrétiens - parce que « ort reçu le 
baptême » convient nécessairement à « les chrétiens », 
en est inséparable. - Les cercles ne sont pas des carrés. 
Ça revient à dire : Tous les cercles. . . - .) Dans toute 
phrase dont l'attribut ne consent pas ou ne lépT/n^Z 

ment cV t "' '=°"^"'"t °" "« '^P"*^'ne pas nécessaire- 

Z :* r?"' ''"' ^'"■^'"* " ™""^"t «" n« «obvient 
pas. et parfois aussi répugne et ne répugne pas • par 
conséquent, le sujet, et tous ses semblables, 'on; pa 
toujours cet attribut - guelgues-uns l'ont, quelques-un 
ne lont pas. Ex. : Les riches sont heureux -dites ~ 
Quelques nches... le bonheur ne convient pas néces- 
sarrement à la richesse, il n'en est pas inséparable 
Les pauvres ne sont pas instruits. Être instruit ne 
répugne pas nécessairement aux pauvres, c'est un attri- 

cëtte''nL'"'-"°"''"'"*I,'' """^ P'"^'«"'-' P°«««d«»t- 

slur. '''•"^'"'* ^ '" ""'^""^^^ «««'««" ou plu. 

sieurs pauvres ne sont pas instruits. 

tiJ'^VairiHr'''^^^^?'''': " ^""^ toute phrase affirma- 
tive laitnbut a „„« extension paHiculière. Quand une 



DIALECTIQUE 



1 



phrase est affirmative, l'attribut contient le sujet dans 
son extension. Ex. : Les hommes sont mortels. L'idée 
* mortels » contient dans son extension ( les hommes ». 
Mais du moment que « mortels » contient « hommes » 
cela ne signifie nullement qu'il ne contient qu'eux. Et 
donc les hommes sont quelques êtres contenus dans l'idée 
« mortels ». En fait, à part les hommes, il y a les brutes 
qui sont mortelles. '' Dans toute phrase négative l'attri ■ 
but a une extension universelle. Quand une phrase est 
négative, l'attribut exclut de toute son extension le sujet. 
Voilà pourquoi cet attribut tout entier ne convient pas 
à tel sujet. Ex. : Les anges ne sont pas des corps, c'est- 
à-dire, tous les corps excluent les anges de leur exten.sion. 

76. Appellation des termes. — L'appellation est 
V application d'un terme à un autre. Le terme appliqué 
se nomme appelant, le terme à qui l'on applic^ue, s'ap- 
pelle appelé. 

77. Appellation matérielle - L'appellation est 
matérielle quand le terme appelt s'applique pas au 
terme appelé en raison du t. .re spécifique du 
terme appelé. Ex. : Le médecin chante. Chante, terme 
appelant, n'est pas un qualificatif qui appartient au 
médecin, en tant que médecin, (caractère spécifique), 
mais en tant qu'homme. La médecine est \a formalité, 
le caractère, par lequel un homme (matière, sujet) de- 
vient médecin. 

78. Appellation formelle. — L'appellation est for- 
melle quand le terme appelant s'applique au terme appelé 
en raison du caractère spécifique du terme appelé. Ex. : 
Le médecin soigne ; soigne, terme appelant, est un qua- 
lificatif qui appartient au médecin en raison de son 
caractère spécifique. Il soigne en tant que médecin. 



34 



LEÇONS DE LOOlgUB 



79. Amplification des t«rmaii t- i-^ • 

des tormos est IV-Zo. ■ j. '*"°'*- ~ ^ amplification 

.:m=;„„^:"' — ' - --: -. "f r; 

80. Restriction des termes t„ . ■ .■ 
terme., est la ..■..>,„.,„ ÎuT^.r.t/Ï:'!::. ^ 
''ne mom, grande signification. Ex • Id.m "fû 1 



CHAPITRE II 

La Définition 
81. Division du chapitre deuxième. - Nous tr«i 

Article premier 
LA DÉFINITIOK 



DIALECTIQUE 



35 



la connaissance d'un objet. Et ce but, elle le remplit 
en nous donnant les éléments qui constituent cet objet. 
L'ensemble de ces éléments appelés notes ou idées 
constitutives forment la compréhension de ce même 
objet. La définition a donc pour objet la compréhension 
de l'idée et à ce titre elle a tout naturellement sa place 
dans le chapitre de la simple appréhension. 

84. Définition nominale. — La définition nominale 
est celle qui donne la signification étymologique, conven- 
tionnelle, commune, d'un mot. Ex. : La philosophie est 
l'amour de la sagesse (étymologi-jue). Le laurier est le 
signe de la paix (conventionnelle). Le roi est celui 
qui règne — Dieu eit le premier être (commune). La 
définition nominale donne une idée claire (42) de 
l'objet défini. 

85. Définition réelle. — La définition réelle est celle 
qui nous renseigne jur la nature de l'objet défini. Ex. = 
L'hydrogène est un gas incolore, insipide, le plus léger 
des gas connus. La philosophie est une science qui 
nous dit le dernier pourquoi des choses. La définition 
réelle nous donne des idées distinctes (44). Elle est 
essentielle et descriptive. 

86. Définition essentielle. — La définition essen- 
tielle est celle qui explique une chose au moyen des élé- 
ments constitutifs de la nature de cette même chose. Ex. : 
Les corps sont des substances corpurelles. L'animal est 
un vivant sensible. Le vivant eH un corps organique. 
La définition essentielle est la définition rigoureusement 
scientifique et philosophique. Elle nous donne une 
idée complète (46) de l'objet défini. Aussi bien est-elle 
un idéal difficile à atteindre. 

87. Définition descriptive. — La définition descrip- 
tire est l'explication d'un objet soit par ses propriétés. 



36 



LEÇONS DE LOGIQUE 



soù par .es caractère, purement accidentel,. Ex • Vâne 
«M un animal qui braie CHAfi^;.- '^'^. L, ane 

définition del-hoL JZUtaXorS- '"''"', 
un bel animal,. . bivède l„ ,l7f ■. " ^ '">'""'« est 
<^cidenlelle.Jî^BUsÀV. ""'' "'' <'**"'>««*. 
en minéralogie en bof» '^^^"'*'°"' «" "«»«« en oliimie, 

c"Ptive.etr;v:;tsrr" ^°"'°«"'' -- '- 

Article II 
LOIS DE LA DÉFINITION 

'puerait son b^ (83) PM V t*^" ""' '''^"'' ''"^ """- 

d-être claires JesdéfinitionSnteT- i" '""* 't 
'um^r. Xa .raie ci^lisationJTrii.^^rZr'" 
exige auss que le mot â ^^fi • ,"''*'^'^- f-ette loi 

définition, coL.e irce, ttZeiT ■"'> '''"^ '" 

fr'-r ""' '^^^^''^^''^ion^t'LtUeTc^t^'' 
hbre. Pour être iusfe U A-e. ••• ^" ""*"«• " es< e<re 

^n'^u seul objet défin' l- f '*"" "" •^°'* ^'""^«"ir 

dit ce que la chose est m^ définition nous 

Que..u-L auraitlu:^ idée 1^ ^iX "'^ 1? t^"^" 
s'il savait seulement auVIl. n" 7 . ' '"«t'"'-e 

La définition négate'^J^/j: /.^e Ïuf ^''''''V 
ehc.se définie. . eause de sa .^TlZ^rr^J:, 



DIALECTIQUE 



37 



par exemple, ne peut pas être connue directement, positi- 
vement, mais uniquement par comparaison avec les 
autres dont elle n'a pa» les défauts. Ainsi on définit 
la simplicité de Dieu en disant qu'elle est la négation 
de toute composition. Quant à la brièveté de la défi- 
tition, qu'il suffise de dire que la clarté l'exige. 

90. Troisième loi : La définition essentielle doit 
être formée du grenre prochain et de la diffé- 
rence spécifique. — Comme son nom l'indique, la 
définition essentielle (86) nous donne les éléments cons- 
titutifs de l'essence d'un objet. Or les éléments cons- 
titutifs de l'essence d'un objet sont au nombre de 
deux : le genre prochain et la différence spécifique. 
Le genre prochain est celui qui, dans la « classification 
des prédicables » (60), est le plus près de l'espèce dont 
il est question. Quant à la différence spécifique, c'est 
celle qui avec ce genre prochain constitue l'espèce. 
Prenons homme, dans la « classification des prédica- 
bles », c'est le genre animal qui est le plus près de lui. 
Animal est donc le genre prochain de homme. Et, dans 
la même « classification », la différence spécifique qui 
qualifie animal, c'est raisonnable. Par conséquent : 
animal (genre prochain) -|-roi«onna6Ze (différence spéci- 
fique) =Aomme ou espèce homme. L'espèce homme, 
par rapport à Pierre, est son essence, ou mieux toute 
son essence. Les définitions suivantes de l'homme ne 
sont pas justes : L'homme est une substance corporelle, 
un corps organique, un vivant sensible ; parce que subs- 
tance, corps, vivant sont pour l'homme des genres éloi- 
gnés ; corporelle, organique, sensible, ne sont pas ses 
différences spécifiques. 



38 

LEÇONS DE LOGIQUE 

CHAPITRE III 

La Diviaion 

91. Division du chapitre taroislèm* r» i. 
pitre comprendra aus^i deux artkle" /„ "rf^- "'"'" 

nature, ae>eai,èces( ^ri II T ,. ' ''"^'""n : ,a 
espèces (art l, ■ Les lois de la division tart. II). 

Article premier 

LA DIVISION 

92. Nature de la divisinn t j- ■ ■ 

.u-e..:':S;t ~;:r%r-""^''T 

objets auxquels un tout co .-".U k' 1^"""" '" 
elle appaKient à l'e.te.sion de Hdée et p ^«"17' 
simple appréhension. Ex • Les homZ ^"j!"^' " '« 

93. Définition du tout — r p *«,.► » 

94. Définition du tout actuel i . . 

Si; '"" "• "-■•■ -' ---'j.r r; 



DIALECTIVlDt: 39 

c'est-à-dire, mie notion qui n'existe que danii et par 
l'intellif.e ce. Il contient toutes les eitpi'ceii, non pas 
comm': le bureau contient les morceaux ([ui le com- 
posent. Ces eajùces sont en puiimnre à être placées 
sous l'extension du «enre animnl. .Mais, elles au.ssi, 
en tant ^u'cKpices, sont des êtres c|ui n'existent ((ue 
dans l'esprit. 

Les espèces sont comme si elles étaient les parties du 
genre ; en réalilé, elles ne le sont pas. Elles le sont 
mentalement, logiquement. 

90. Définition du tout moral. Le tout moral 

est celui dont les parties sont ites êtres intelligents qui 
tendent à une même fin. Kx. : La société. 

97. Différentes espèces de divisions. — La divi- 
sion étant le partage du tout, il y a autant ,h divisions 
que de touts. .Vinsi la division est actuelle, potentielle 
ou logique et morale. 

Article II 



LES LOIS DE LA DIVISION 

98. Première loi : La division doit être com- 

plèle. — La .somme des parties doit constituer le tout. 
(Vtte loi est fondée sur la nature même de la division. 
Toute division qui contient plus ou tnoins de parties 
«lue n'en renferme la chose divisée, manque à cette loi. 
Ex. : Le globe terrestre se divise en trois parties : Europe, 
Asie, Afrique — (incomplète, pas assez de parties)— 
ou bien : Europe, Asie, Afrique, Amérique, Océanie, 
Canada — (trop de parties). 

99. Deuxième loi : Les parties du tout doivent 
être distinctes entre elles. — Si une partie est con- 



40 



LEÇON DE LOaiQDB 



tenue dHn., une autre, n'en est pas dMncie, .éparie, 
elle n est pas rMUment partie du tout divisé Si une 
partie égale le tout ou le dépasse, elle n'est plus aussi 
rW/mo» partie puisque /. tout eH plu, grand que ,a 
partie. Il faut donc qu'une partie ne se confonde nas 
avec une autre partie, ni n'égale, ni ne dépasse le tout 
Les exemples suivants n'observent pas cette loi ■ La 
provmee de Québec ,e divine en comth nommf, : Québec 
Montmorency. Charlevoix, etc., etc., etc. et la paroieee 
de fleo»port - Beauporf est compris dans le comté de 
Québec. Montréal <,e divise en plusieurs paroisses et le 
,r\ }f ''""^««' POftie. dépasse le tout, puisqu'il 
contient Montréal et d'autres paroisses. 

100. Troisième loi : La division doit être brève 
et immédiate. -Qu-nd la division est trop longue. 
Il y a con u.sion. et eL manque son but qui est de 
mettre de la clarté dans nos idées. Elle doit d'abord 
partager le tout en ses parties primaires, immédiates, et 
ensuite, en ses parties secondaires, médiates. Quelqu'un 
qui diviserait la logique en simple appréhension, juge- 
mem^t raisonnement enfreindrait cette loi, puisque la 
simple appréhension, le jugement et le raisonnement ne 
sont pas les parties primaires ou immédiates de la 
logique. Celle-ci, tout d'abord, se divise en Dialec- 
tique et Critique (IQ) . 



CHAPITRE IV 

Le Jugement 

101. Division du chapitre quatrième. — Noh.s 
diviserons ce chapitre en trois articles : (Art. I), Le 



OIALEOTIQVE 



41 



jugement : «a nature et >es différente» mp^cee ; (Art. II), 
Le» propotUionê et leuri différente» e»picei ; (Art. III)[ 
Le» propriété» de» propo»ilinn». 

Aotiole premier 

LI JUOIMENT 

102. Définition du Jugement. Le jii«ement est 
un acte par lequel l'en prit affirme ou nie qu'une cho»e e»t. 
Ex. : Dieu eut bon. L'homme n'eut pas impeccable. 

103. Rôle du Jugement. - Le jugement, deuxième 
opération de l'esprit humain, vient immédiatement 
après la simple appréhension et la suppose. Son rôle 
est d'affirmer ou de nier l'identité entre deux idées 
. erçues par la simple appréhensiou. 

104. Cléments du Jugement.. — Les éléments du 
jugement sont la matière et la Jorme. La matière, ce 
sont les deux idées dont l'une est affirmée ou niée de 
l'autre. CeWe do: , affirme ou nie s'appelle sujet. 
Celle qui est affirmée uu niée .se nomme attribut. L'idée 
»ujet et l'idée attribut sont comme la matière dont est 
lait !■; jugement, ha. forme est ce par quoi l'attribut 
est affirmé ou nié du sujet. La forme est exprimée par 
le verbe être qui est comme le trait d'union entre le 
sujet et l'attribut. 

105. Définition du Jugement immédiat. — Le 

jugement immédiat est celui qui est évident par lui- 
même, ou encore, celui qui, pour être admis, n'a 
pas besoin d'être prouvé. Ex. : Le tout est plus grand 
que l'une de ses parties. Il fait soleil. Le crêpe n'est 
pas blanc. La neige est blanche. Pas de discussion 
au sujet des jugements immédiats. 



4i 



LK(,'ONH DE LOOiquE 



106. Définition du Jugtmant médiat. - Le ju- 

«emont mHiat .-st celui qui n'e^t pa^ Mdenl par lui- 
même, on ..iirori-. celai qui, pour être admi,, a besoin 
dllre prour/: Kx. : Dieu ejù.le. Lâmf humaine e,t 
immortelle. U- jUKomenl médiat offre inntière ù dis- 
cuMsion. 

107. Définition du Jugament analyUque. - Le 

jUKcment analytique e.st celui dan« lequel Vatlribut con- 
vient ou répugne néce>,mirement au »ujel. On l'appelle 
analytique parce ([ue rette convoiiaiice ou cette répu- 
«name .sont connue» quand on analy.se le .sujet. Ex. : 
L'être infini eut Hernel. Le mal n'eut pan le bien. 

108. Définition du Jugement «ynthétique.— Le 
jUBement nynthétique est celui dans lequel l'attribut ne 
convient pas ou ne répugne po.v nêcesmirem.-nt au mjet. 
On l'appelle nynthétique parce que l'attribut et le sujet 
dont on l'affirme, forment ensemble une s^nthhe, une 
compontion. Ex. : Len caractère» bien trempé, sont rares 
Cette année-ci, la récolte de pommes n'a pas été abon- 
dante. 

Article II 
LES PROPOSITIONS 

109. Définition de la proposition. — La proposi- 
tion est Vexpression du jugement. De même que nous 
exprimons l'idée par le terme, ainsi nous exprimons le 
jugement par la proposition. Elle contient plusieurs 
termes, et pour ce motif, elle est une phrase qui énonce 
qu une chose est ou n'est pas. Ex. : Les communauté, 
sont utiles. Les hommes ne sont pas parfaits. 

110. Eléments de la proposition. - Comme pour 
le jugement (104), les éléments de la proposition sont 



DIALECTIQUE 



48 



la matière et In forme. La matière de In propogi- 
tiun, ce Hunt les terme» sujet et nttrilmt. Im forme, 
c'est le verbe être explicitement ou implicitement ex- 
primé. Dans cette pliruse : Le» religieuaen sont d(- 
fuuten, le verbe fire est explicitement énoncé. Dan» 
celle-ci : Len religieuneu ne iléruuent, il est implicitement 
exprimé, ('et exemple équivaut au suivant : Lea reli- 
fieuiei sont »e dévouant, 

111. La proposition uniTerielle. - La proposition 
univemelle est celle dont le iiujet est un terme nniiemel. 
Ex. : Tous len hommes sont mortels. 

1 12. L» proposition particulière. — La proposi- 
tion particiilii" est celte dont le sujet est particulier. 
Ex. : Quelques nommes sont des génies. 

113. La proposition singulière. - Lu proposition 
singulière est celle dont le sujet est un. terme singulier. 
Ex. : Cet élève réussit. 

114. La proposition indéfinie. — La propu.ntion 

indéfinie est celle dont le sujet est un terme indéfini. 
Ex. : Les hommes sont inconstants. 

N. B. (^Cht !i .■ii.jft 4ui donne l'extension à une pro- 
position. Quand le sujet est indéfini, on applique les 
lois déjà démontrées (75), pour connaître son exten- 
sion. 

115. La proposition affirmative. — La propoaition 
affirmative est celle qui énonce qu'une chose est. Ex. : 
La philosophie est utile. 

116. La proposition négative. — La proposition 
négative est celle qui énonce qu'une chose n'est pas. 
Ex. : Le mérite n'est pas reconnu. 



44 



LEÇONS DE LOGIQUE 



117. L& proposition vrai» i « 

est celU gui énonce u,^ Zt Z Tr^'^ '™'' 
source de joie. ' ^' ''"'""'»' «*' ««« 

118. La proposition faunM t„ 

est celle gui énonce Zfa'ZrÊrT'''''^''"''' 
sont estimés. J"ueseie. Jix. . Les paresseux 

119. la proposition catégoriaus t„ 

tton catégonque est cell, „,.i', ~ ^" Propost- 

ou n-est pas JoyennljteZj^iZ:. '17'. ^hIZ 
est heureux, s'il accomplit son devoir. ' """' 

Article III 

IBS PROPRIÉTÉS DES PROPOSITIONS 

deux proposition, ^o,.f /«"niaevue. bont opposées 
particuVe l^r^ paHa taZr't' l'T' 

122. L opposition contradictoire — iv 
contradictoire est celle ««.• ,,•,:; "PPO'î'ton 

rfo„< /•««. est unilerselUl'aT L' ^7^ P"'^"'^"' 

native, VautreZlZ" ^"^''V'' T''^'' '""'"' °•^'- 
negaiite. tx. : ro«, /«, anges sont des 



DIALECTIQUE 



45 



Hres spirituels. Quelque» anges ne sont pas des êtres 
spirituels. Les contradictoires s'opposent donc quanti- 
tativement et qualitativement. 

123. L'opposition contraire. — L'opposition con- 
traire est celle qui existe entre deux propositions univer- 
selles dont l'une est affirmative et l'autre négative. Ex. : 
Toutes les âmes humaines sont immortelles. Toutes les 
âmes humaines ne sont pas immortelles. Les proposi- 
tions contraires sont opposées qualitativement. 

124. L'opposition sous-contraire. — L'opposition 
sous-contraire est celle qui existe entre deux propositions 
particulières dont l'une est affirmative et l'autre négative. 
Ex. : Quelques hommes sont instruits. Quelques hommes 
ne sont pas instruits. Les sous-contraires diffèrent 
entre elles par la qualité. 

125. L'opposition subalterne. — L'opposition su- 
balterne est celle qui existe entre deux propositions 
dont l'une est universelle et l'autre particulière. Les 
subalternes diffèrent par la quantité. Ex. : Tous les 
hommes sont sages — Quelques hommes sont sages. 
Aucun homme est sage — Quelque homme n'est pas sage. 

126. Tableau des quatre oppositions. — On se 
sert des quatre voyelles A E I O pour nommer les pro- 
positions qui sont opposées entre elles de quatre maniè- 
res différentes. A : La proposition universelle affirmative ; 
E : La proposition universelle négative ; I : La proposition 
particulière affirmative ; O : La proposition particulière 
négative. 



46 



H 



LEÇONS DE LOGIQUE 

Le schème suivant représente 



tions. 



ces quatre proposi- 



Tout homme est sagi- . 

Contraires *"'=''° ''-»'"' »'-' '"«o 



A 



^4-, 



^> 



fO 



^^^ 



I 



c« 



^o 



'^^. 



% 



E 



0) 

a 



s 
a:: 

O 



Sous-Contraires 
Quelque homme est sage Oiieln,,. i, 

Quelque homme n'est pas sage 

T.l^^' f*5!<'«.''" proposition» contradictoires 

Les contradictotres ne peuvent être vraies et fnT ~ 
même temps. Ainsi, si A est vraie 0«tf •^'"'**'*/» 
est fausse. O est vraie. Deljmé Ji E est "''' \" "^ 
fausse ; si E est fausse, I est vr^e Et H A Tf' ^ ""^ 

o^,fJ''^^ritéé'unepr:poJtZTontrad'^^^^^^^ 
-^dratementlavéritêoulafaussetéderlIeT^^^^^^^^ 
cette règle, c'est que dans les contraSoiri. ' 
toujours la négation complète de W ° C'elt"" "* 
quo. si l'une est affirméee, l'autre est niée ^J''.""'''- 
quement. ^^' ^* recipro- 

128. Règles des propositions contraires » 
Deux contraires ne peuvent être vraies ™ » ■ / ~ 
Supposons que A et E opposées côntrJremeTt "'i 
vra.es en même temps, alors I contenue Zt! '°TÀ 
contenue dans E seront aussi vraies AIorH E I O 
«eront vra.es toutes les quatre. Da..s ce ^as fùtLft 



DIALECTIQUE 



« 



conclure à la vérité simultanée de deux contradictoires, 
puisque A et O, E et I sont opposées contradictoire- 
ment. De la vérité d'une proposition on infère donc 
immédiatement la fausseté de sa contraire. — »> Deux 
contraires peuvent être fausses en même temps, si elles 
sont en matière contingente, c'est-à-dire si leur attribut 
ne convient pas nécessairement au sujet. Soit A : Tout 
homme est sage, et E : Aucun homme n'est sage. Ces 
deux propositions s'opposent d'une façon contraire. 
Toutes deux peuvent être fausses, et de fait, elles le 
sont, en même temps. L'attribut sage, n'étant pas 
nécessaire au sujet homme, il est donc faux de dire que 
partout où l'on trouve un homme, partout aussi l'on 
trouve la sagesse. D'autre part, de ce que tous les 
hommes ne sont pas sages, il ne s'ensuit pas nécessaire- 
ment que personne ne possède la saRcsse. Cette der- 
nière affirmation est également /au*w. Entre ces deux 
négations extrêmes, universelles, on peut placer une 
affirmation vraie concernant quelques-uns, et dire : 
Quelques hommes sont sages. Quelques hommes ne sont 
pas sages. C'est pourquoi, de la fausseté d'une proposi- 
tion en matièrn contingente on ne peut pas inférer immé- 
diatement la vérité de sa contraire. 

129. Règles des propositions sous-contraires.-^ 

" Deux sous-contraires ne peuvent pas être fausses en. 
même temps. Supposons que I et O soient fausses en 
même temps. Alors, E, parce que contradictoire de 
I, et A, parce que contradictoire de O, seront vraiet 
(127). Or, A et E sont opposées contrairement, et deux 
contraires ne peuvent pas être en même temps vraies 
(128). De la fausseté d'une propositions, on in- 
fère immédiatement la vérité de sa sous-contraire. «> 

Si elles sont en matière contingente, deux propositions 



48 



LEÇONS DE LOOlgUE 



aoui-coTitraires peuvent être rimuUanément vraies. Nous 
savons déjà (128) que A et E en matière contingente 
sont fausses simultanément. Et dans ce cas, O la 
contradictoire de A et I la contradictoire de E sont 
vraies (127). Or I et O sont deux sous-contraires. De 
la venté d'une proposition en matière contingente on ne 
peut pas inférer immédiatement la fausseté de sa sous- 
contraire. 

130. Règles des propositions subalternes.— Z«» 

■propositions subalternes peuvent être en même temps 
vraies, et en même temps fausses, ou bien, l'une fausse 
et l'autre vraie. La subalterne I est contenue dans A. 
Si A est vri.;-, I l'est aussi (126). Si A est fausse, et 
est en matie • néceàsaire, c'est-à-dire, que si son attri- 
but convient ou répugne nécessairement au sujet, I 
sera aussi fausse. S'il est faux de dire que tous les 
hommes sont capables de savoir (A, en matière néces- 
saire) il sera faux aussi de dire que quelques hommes 
sont capables de savoir (I, en matière nécessaire). 
Mais si A est fausse, et est en matière contingente, 
I peut être vraie. S'il est faux de dire que tous les 
hommes sont justes (A, en matière contingente), il peut 
être vrai de dire que quelques hommes sont justes (subal- 
terne I). 

131. Définition de l'équivalence. — h'équivaUnce 
est la ressemblance de signification entre deux proposi- 
tions. Ex. : Tous les hommes sont mortels. — // n'est 
personne qui ne soit mortel. 

132. RiglM d« l'équlTalence.-') On rend un. propoMon 
iiuwttienU à n eontradietoirt m plaçant la particule nok va» detant 
Mn eujet. Ex. : Tout earpt eet pétant (a). Quelque eorpt n'eet pat 
peiani (o). Pour rendre Tout corpt ett pelant. iqunalenU, temblabU 
luant ati tent, i (iuelque eorpi n'eil pat peiant, l'on met non pat 



DIALECTIQUE 



49 



devant Tout corp. En effet .Vo„ p^ tout corp. e.t p»ant «quiv.ut 
^Q-'^ue corp. „„, p„, ,„„„,._« p„„ „^„ „„, pTopo«tion 
^u^aUnl, à, a contraire on place la particuU non pas aprè. «n ,^îrt 
Soit encore I. proposition Tout corp, et paant (a), et » contraire 
^«cun corp, n cH puant (k). En metUnl «on pa, après le .niet Tout 
corp,, on . Tout corp, non pas cri pe,anl. On exclut la pesanteur 
de ro„ corp,- ce qui équivaut à dire : 4„cun «rp, „Vri p«an(.- 
En plaçant la particuU non pas avant et aprt, le ,ujet. on rend «n, 
proportion égmmlanle à ,a .ubalterne. Tout homme cet juH, U) 
Quelque homme eri ju.te (,). .Von pa. tout homme n'e.t pa, jLel 
revient à d.re : ce ne sont pa, tous les hommes qui ne sont p.» 
justes, ou b.en, Quelque *„,;,„« c,t ju,te.-i> Le, ,ou,.conlJre. 
non pa, d (qmvalence. Soit les deux sous-contraires suivante, ■ 
Quelque homme e,l juUe ~ Quelque homme „'e,t pa, ju,te. (, o) 
En mettant 1. particule non pas avant quelque, on a une propo- 
sition um.er,eUe; non pa, quelque homme équivaut à tout homme. 
La proposition universelle tout homme. . n'est pas l'équivalente de 
la particulière quelque homme. . En plaçant la particule non pas 
après le sujet quelque homme, la proposition n'est pas l'équivalente 
n,^^formeUement la même. Enfin, en plaçant la particule non pas 
avant et après le sujet, la proposition devient encore univer,ette et 
non équivalente. JVon pa. quelque homme n'ct pa, juste équivaut 
k tout h^mme e,t juite. m »ui 

133. Définition de la conversion. - La conversion 
est la transponhon des termes de la proposition, du sujet 
en attribut, de l'attribut en sujet, de manière que la nou- 
velle proposition soit affirmative ou négative, vraie ou 
fausse, comme la première. Ex. : La justice n'est pas le 
courage. — Le courage n'est pas la justice. 

134. La conversion simple. - La conversion est 
simple, quand, après la transposition des termes d'une 
proposition, celle-ci garde la même extension Ex • 
Quelques hommes sont savants (I) — Quelques savants 
sont hommes (1). Aucun homme n'est ange — Aucun 
ange n'est homme (E)— (75). 



so 



LEÇONS DE L0 3IQUE 



135. La conversion par accident.— La conversion 
est par accident lorsque, après la transposition des termes 
de la proposition, celle-ci ne garde pas la même extension. 
Ex. : Tout homme est mortel (A). Quelque mortel est 
homme (I). 

136. La conversion pai contraposition. — La 

conversion est par contraposition quand, après la transpo- 
sition des termes d'une proposition, celle-ci devient indé- 
finie par la particule négative non pas. Ex. : Quelques 
hommes sont justes — Quelques non pas justes sont non 
PAS hommes. 

137. Biglei de la eonvariion dn propoiltioni. — Les propo- 
sitions unipertelle négative (e) et particulière affirmative (l) se conver- 
tissent simplement, ^a proporilion» univereelle négative i'g) et uni- 
tereelle affirmative (a) se convertissent par accident. Les proposi- 
tions universelle affirmative (a) et particulière négative (o) se conver- 
tissent par contraposition. Les régies de la conversion s'expriment 
de la manière suivante : 

f £ c I se convertit simplement, 
£ v A se convertit par accident, 
A st O se convertit par contraposition. 
Ainsi s'opère toute la conversion. 



CHAPITRE V 

Le raisonnement 



138. Division du cbapitire cinquième. — Ce cha- 
pitre contient six articles. Art. I : Le raisonnement, sa 
nature, ses espèces ; Art. II ; Le syllogisme ; Art. III ; 



DIALECTIQUE 



51 



Différentes espèces de syllogismes ; Art. IV : L'induction ; 
Art. V : Le syllogisme démonstratif ; Art. VI : Le syllo- 
gisme probable et sophistique. 

Article premier 

LZ RAISONNEMENT 

139. Définition du raisonnement. — Le raisonne- 
ment est la troisième opération de l'esprit liumain. Il 
est X'acte par lequel un jugement est déduit légitimement 
de deux autres. Ou encore, il est l'acte par lequel 
l'esprit humain d'une vérité connue infère une vérité 
inconnue. Exemple. : 

Tout ce qui vit doit se nourrir, f 

Or Charles, Annette vivent, 1 



vérité connue 



n ^11 4 , . fvérilé inconnue lé- 

Uonc Charles, Annette doivent se «ourrtV.i gitimemcnt dédui- 

~te de la première 

Le raisonnement se définit encore comme suit : c'est 
une opération par laquelle l'esprit humain d'une con- 
naissance donnée déduit une connaissance nouvelle. 

140. Le raisonnement est une déduction mé- 
diate. — Quand l'esprit humain raisonne il se sert 
d'une connaissance déjà acquise pour arriver à une 
nouvelle. Mais pour atteindre cette nouvelle connais- 
sance il a besoin d'un intermédiaire comme d'un moyen 
indispensable. Et donc, raisonner, c'est déduire une 
vérité nouvelle d'une vérité déjà acquise, au moyen d'un 
intermédiaire. En effet, l'esprit déduit que CharUs. 
Annette doivent se nourrir (vérité nouvelle) de cette 
autre (vérité acquise) : Tout ce gui vit doit se nourrir, 
au moyen de cet intermédiaire : Or Charles et Annette 



S2 



LEÇONS DE LOGIQUE 



vivent. Ce passage d'une vérité connue à une vérité 
inconnue au moyen d'une troisième vérité, s'appelle 
déduction médiate. Et ce procédé, n'est ni plus ni 
moins que le raisonnement. — Si l'esprit humain déduit 
une vérité d'une autre, sans recourir à un intermédiaire, 
alors on dit qu'il déduit immédiatement, h'oppoaition 
et la conversion des propositions sont des procédés de 
la déduction immédiate (127-120, 136). 

141. Le ralaonnement ast un acte partait et 
imparfait. — Que l'esprit humain puisse arriver à la 
connaissance des vérités inconnues en partant des véri- 
tés connues, c'est certainement une perfection. Et le 
raisonnement lui permet d'atteindre des connaissances 
nouvelles ; à ce point de vue, le troisième acte de l'esprit 
est donc parfait. ■■ Mais que, pour arriver à l'acquisi- 
tion de la vérité, notre intelligence doive se condamner 
à une marche parfois longue et pénible, faire des 
détours sinueux, quémander l'aide d'un tiers, c'est une 
imperfection. Aussi bien, à ce point de vue, on peut 
appeler le raisonnement, acte imparf.it. Dieu, les 
anges et les saints au ciel ne raisonnent pas. Ils ont 
la connaissance immédiate des choses. 

142. La matière du raisonnement. — La matière, 
ou, ce dont est fait un raisonnement, est de deux sortes : 
matière éloignée et matière prochaine. En analysant un 
raisonnement on trouve tout d'abord des jugements, et, 
ensuite, des idées qui constituent ces jugements. C'est 
dire que les jugements sont la matière prochaine d'un 
raisonnement et les idées en sont la matière éloignée. 

143. La forme du raisonnement. — Comme son 
nom l'indique, la forme du raisonnement, c'est ce qui 
lui donne son caractère spécifique, distinctif. Or, la 
caractéristique d'un raisonnement, c'est qu'un jugement 



DIALBCTiqCIS 



5S 



«oit déduit légitimement de deux autre». Et pour 
qu'un jugement soit déduit légitimement de deux 
autres, il faut qu'il y ait un lien, un traU d'union entre 
lui et ces deux autres Ce lien, ce trait d'union entre 
lea deux premier! jugement» et le troinime, c'est la forme 
du raitonnemeni. La forme du raisonnement s'appelle 
la conséquence qu'il ne faut pas confondre avec le con- 
séquent ou la conclusion qui est le nom du troisième 
jugement déduit des deux premiers. La matière et 
la forme d'un raisonnement sont ses éléments. 

144. Diflérences entre la coxuéquenca et le con- 
léquent d'un raisonnement. — Il y a indépendance 
entre la conséquence et le conséquent ou la conclusion 
d'un raisonnement. En effet — ■> La conséquence peut 
être fausse et le conséquent vrai. L'exemple suivant le 
prouve : 

Tout homme est mortel. 
Or le pape est un homme. 
Donc Paris est une grande ville. 

Paris est une grande ville, ce conséquent est vrai. 
Par contre, la conséquence est fausse, puisqu'il n'y a 
pas de lien, de trait d'union entre ce troisième jugement 
et les deux premiers. — » La conséquence peut être vrai» 
et le conséquent faux. Voici un exemple : 

Celui qui est libre a le droit de tout faire, 

Or l'homme est libre. 

Donc l'homme a le droit de tout faire. 

L'homme a le droit de tout faire, ce conséquent est 
faux. Mais il est déduit légitimement des deux pre- 
miers jugements. La con.séquence est vraie. 



M 



LEÇONS DK LOGIQUE 



145. Prinoipei du rkisonnom*nt. — Le raisonne- 
ment g'appuie sur les deux principes suivants : Deux 
ehotta qui conviennent à une troisième, conviennent entre 
elUt. Deux chones, dont l'une ne convient p<u à une 
troisième, ne peuvent pas convenir entre elles. 

Faisons voir • . deux exemples que le raisonnement 
est bien l'application de ces principes. 

Tout homme est mortel. 
Or le pape est homme. 
Donc le pape est mortel. 

Nous concluons que le pape est mortel, parce qu'il est 
homme. En d'autres termes, l'idée pape et l'idée mortel 
conviennent entre elle», parce qu'elles conviennent à 
une troisième idée, celle d'homme. C'est donc l'appli- 
cation du principe : Deux choses qui conviennent à une 
troisième, conviennent entre elles. 

Tout mortel est fini. 

Or Dieu n'est pas mortel. 

Donc Dieu n'est pas fini. 

Dieu n'est pas fini, c'est parce qu'il n'est pas 
mortel. Il n'y a pas convenance entre les idées Dieu et 
fini parce que l'une d'elles — idée Dieu — ne con- 
vient pas à l'idée de mortel. Ce second raisonnement 
s'appuie donc sur le principe : Deux choses, dont l'une 
ne convient pas à une troisième, ne peuvent pas convenir 
entre elles. 

146. Le raisonnement suppose une vérité immé- 
diate. — La vérité immédi e est celle qui ne se prouve 
pas, qui s'Impose tout de suite à l'esprit, qui, pour avoir 
l'adhésion de l'intelligence, n'a qu'à se présenter. 
D'une façon prochaine ou éloignée, le raisonnement 



DIALBCTK^'.IB 



u 



fuppoM cette vérité. S'il fallait tout démontrer. le 
chemin qui conduit à la certitude serait très long, 
voire, sans issues. Et donc, pour ne pa» procéder à 
l'infini, ce qui est absurde, il faut arriver à une ou à 
quelques vérités ininUdiates, indimontraUe», base nécee- 
taire de tout rationnement et de toute argumentation. 

147. Iipècei de ralionnemsnte. — Il y a deux 
espèces de raisonnements : le raisonnement dfductif et 
le raisonnement induetif. Le raisonnement déductif est 
Vacte par 'eqiiel l'esprit humain déduit légitimement un 
jugement particulier d'un jugement universel. — Le rai- 
sonnement induetif est l'opération par lequel l'esprit 
humain déduit un jugement universel d'un jugement -par- 
ticulier. 

Ex. : 



RaisonDemeat 
déductif 

ou 
Déduction 



Tous les enfants bien élevés sont reconnais- 
sants. 
Or Jean-Marie et Charles sont bien élevés. 
Donc Jean-Marie et Charles sont reconnais- 
sants. 



Rtisonnement 
induetif 

ou 
loductioD 



Jean-Marie et Charles sont reconnaissants 
Or Jean-Marie, Charles sont des enfants 

bien élevés. 
Donc tous les enfants bien élevés sont recon- 
naissants. 



N. B. — Dans le langage courant, le raisonnement 
déductif, ou la déduction, se confond avec le syllogisme. 



M LEÇONS DB LOUlgUB 

ArtieU II 
Ll STLLOOISMI 

148. p«fllllttoil du tyUoffiime. — Le «yllogùme 
est le signe sensible, l'expression du raisonnement. 
C'est un ditcouri formé de trois propoiitioni dont l'une 
appelée conclusion ou conséquent découle nécetaair - ment 
de$ deux autres nommées prémisses ou antécédent. 

Ceux qui savent se vaincre sont A«ii.»(u, 

Or Ut personnes consacrées à Dieu savmt se taincre. 

Donc les personnes consacrées à Dieu sont heureuses. 

149. La matière du sylloglime. — Comme pour 
le raisonnement fii2). la matière du syllogisme est 
double : matière loignée et matière prochaine. La ma- 
tière prochai' du syllogisme, ce sont les propositions 
(expressioi-: des jugements), et la matière éloignée, ce 
sont les termes (expressions des idées). 

^. La forme du lyllogiame. — De même que 
pou. .e raisonnement (143). la forme du syllogisme est 
le lien qui unit la conclusion à l'antécédent, mais, ce 
même lien, exprimé, signifié sensiblement. Le signfe de 
la forme est le mot Donc ou son équivalent. - - La ma- 
tière et la forme du syllogisme sont ses éléments. 

151 Terminologie du syllogisme. — Dans le syl- 
logisme il y a trois termes et trois propositions. Les 
trois termes, se nomment grand terme, moyen terme et 
petit terme. A leur tour les propositions s'appellent 
proposition majeure, proposition mineure et conclusion. 
— Le grand terme, c'est l'attribut de la conclusion ; le 
petit terme, c'est le sujet de la conclusion ; le moyen 
terme.c'est celui qui est, à lafois.et dans la première et dans 



DIALBCTIqUB 



87 



ladêuxtèm» propotiiion. — U proporition majeuri, c'e«t 
celle qui contient et le grand et le moyen terme ; la propo- 
«lion mineure, c'eut celle qui contient et le petit et le 
moyen terme. Les deux premièrex propoaitloi» — pro- 
position» majeure et mineure — s'appeikn» antécédent 
ou prémteee: Le grand et le petit terme «ont ausai 
appelés extrtmei. 

IS2. Prinoipei du lylloflim*. - Le» principe, du 
syllogisme sont les principes du raisonnement (146). 
Cependant, comme le syllogisme — toujours confondu 
8vec la déduction — procède du tout à la partie, de 
I umversel au particulier, les auteurs lui donnent encore, 
comme principe», les deux axiomes suivants empruntés 
à Aristote : Dit de tout — Dit d'aucun. C'est-à-f"-e ; 
Tout ce que l'on affirme, tout ce que l'on nie d'une idée uni'- 
vereelle diHributive, on doit l'qffirmer ouïe nier du contenu 
de cette idée. 

153. Izpreiiion graphique des principea du lyl- 
lOglBine. — Le syllogisme se compose d'abord de trois 
propositions (signes des jugements) et de trois termes 
(signes des idées). Soit le syllogisme suivant : 

Tout lei papes sont les aucceaseura de aaint Pierre, 

Or Pie X est pape. 

Donc Pie X est aucceaaeur de aaint Pierre. 

Les trois termes de ce syllogisme sont : successeur 
de saint Pierre, grand terme ; Pie X, petit terme ; papes, 
moyen terme. Encore une fois, ces termes représentent 
des Idées. — Ces trois idées — comme toute idée — 
ont une compréhension et une extension (18). Dans ce 
syllogisme, c'est l'idée exprimée par le terme Pie X 
qui a le plus de compréhenaion : parce que Pie X con- 
tient deux notes qui le constituent : pape et successeur 



58 



LEÇONS DE LOGIQUE 



de Pierre. Ensuite, c'est l'idée exprimée par le terme 
■pape qui a le plus de compréhension ; enfin en troisième 
Heu vient successeur de saint Pierre. Donc, tout ce 
que l'on affirmera ou niera de Pie X, ou l'affirmera ou 
niera de papes et de successeur de saint Pierre, parce 
qu'il les contient. Représentons chacune de ces trois 
idées par un cercle proportionné à sa compréhension : 





Le principe au 
point de vue de 
la eomprihention. 




S est contenu dans 
p ; p est dans P. 
Donc P contient 
S. 



P = Pie X ; p = pape s = successeur de saint Pierre. 

Si nous considérons ces trois idées au point de vue 
de leur extension, leur contenance ne sera plus la même, 
mais bien l'opposé, puisque l'extension d'une idée est 



DIAliECTlqUIi KO 

en raùpn inveiïse de sa compréhension. Nous auK.ns 
donc la figure suivante : 



Le principe au 
point de vue de 
l*eteUntton. 




P ê'itend 1 p ; p 
t'élend à S, Donc 
S l'ttmd à P. 



Ou bien : 

Tou* Ua pape» — c'est une espèce, contenue dans le 
genre : suceetaeurs de saint Pierre. 

Or Pie X est un individu contenu dans l'espèce tous 
les papes. 

Donc Pie X est un individu contenu dais le genre 
successeurs de saint Pierre. 

154. Lois du syllogisme. - Pour que la conclusion 
^it légitimement déduite des prémisses, il est nécessaire 
d observer certaines lois, dites « lois du syllogisme » 
Ces lois, elles sont au nombre de huit, dont quatre pour 
les termes, et quatre pour les propositions. 

A. LOIS DES TEBMES ." 

I 1. Trois termes sont exigés : le grand, le petit et le 

moyen terme. 
II 2. Les termes, dans la conclusion, ne doivent pas 
avoir une extension plus grande que dans les 
prémisses. 
III 3. Le moyen terme ne doit jamais être dans la co'n- 
elution. 



60 



LEÇONS DE LOOiqUE 



IV 4. Le moyen terme doit être universel, au moin* un» 
fois. 

B. LOIS DES PROPOSITIONS ; 

V 1. Si les deux prémisses sont négatives, pas de 
conclusion possible. 
VI 2. De deux prémisses -affirmatives on ne peut pas 
déduire une conclusion négative. 
VII 3. On ne peut rien conclure de deux prémisses par- 
ticulières. 
VIII 4. La conclusion suit toujours la partie la plus 
faible. 

155. Première loi des termes : Trois termes sont 
exigés : le rrand, le petit et le moyen terme. — 

Cette loi est basée sur l'essence même du syllogisme. 
Gelui-ci, en eflfet, Consiste dans la, comparaison de 
deux termes, appelés extrêmes, avec un troisième nommé 
moyen terme. Donc, s'il y a plus ou mmns que trois 
termes, la comparaison ne se fait point, et partant, il 
n'y a pas de syllogisme possible. — Notons que les 
termes doivent être trois quant au sens. Il se peut 
rencontrer, parfois, quatre termes dont deux ont le 
même sens. Alors la loi est observée. 

Ex. : 

Bossuet est un grand orateur. 

Or Bossuet est un mot de trois syllabes, 

Donc un mot de trois syllabes est un grand orateur. 

Dans ce syllogisme, quant aux mots, il y a (rots 
termes, mais, quant au sens, il y en a quatre, puisque 
Bossuet orateur, et Bossuet, mot de trois syllabes, ce 
sont deux Bossuet distincts. 



;■> DIAtBCTIQUE (Jl 

~ i'if pape ett partout retpeeté. 

Or celui qui est partout rtipectf abonne réputation, • 
. Donc le chef de l'Église a bonne réputation. 

Quant aux mots, ce syUogisme possède quatre termes; 
quant au sens, il n'en a que trois, parce que pape et 
chef de l Eglise ont la même signification. 

156. D^iulème loi des termes : Les termes, dans 
la conclusion, ne doirent pas avoir une extension 
plus grande que dans les prémisses. — La conclu- 
sion donne le résultat de la comparaison faite dans les 
prémisses entre le petit, le grand et le moyen terme. 
Si le petit et le grand terme conviennent au moyen 
terme ans les prémisses, ils doivent convenir çntre 
eux dans la conclusion ; si l'un ne convient pas au 
moyen terme dans les prédisses, ils ne peuvent con- 
venir entre eux dans la conclusion. Il faut donc que 
ce soient exactement les mêmes termes dans la con- 
clusion. Autrement, la conclusion ne serait pas le 
résultat de la compaiaison. 

■ E«. :; 

Tout prêtre a le pouvoir d'absoudre les péchés, 

Or tout prêtre est homme. 

Donc tout homme a le pouvoir d'absoudre les péchés. ' 

Dans les prémisses, patce que attribut d'une propo- 
sition affirmative, homme est un terme paHiculier — 
en effet — tout prêtre est quelque homme. Dans la 
conclusion, parce qu'affecté du terme tout, homme est 
universel. Par conséquent, ayant une extension par- 
ticulière dans 1^ mineure, et une extension universelU 
dans la conclusion, le terme homm,e n'est plus exacte- 
ment le même. Aussi bien ce syUogisme est-il faux. 



ff2 



LEÇONS DE'iiOOIQUE 



157. Troiiièix39 loi d«i termas : L* moyen terme 
ne doit Jamais être duu la conclusion. — La con- 
clusion énonce que le petit et le grand terme convien- 
nent ou ne coyiennent pas entre eux suivant que tous 
deux ou l'un d'eux conviennent ou ne conviennent pas, 
dans les prémisses, au moyen terme. La comparaison 
se fait donc dans les deux premières proportions. Et 
le moyen terme n'est exigé que pour la comparaison. 
S'il se rencontre dans la conclusion, il n'est donc pas i 
sa place. 

Ex. : 

La Mère Marie de l' Incarnation fut une grand» lainte, 
Or la Mère Marie de l'Incarnation a été la première 
supérieure de» Ursulines de Québec, 

Donc la première, supérieure des Ursulines de Québec 
aéU une grande sainte — et la Mère Marie de l'Incarna- 
tion. La « Mère Marie de l'Incarnation » est le moyen 
terme de ce syllogisme. Ce terme est de trop dans la 
conclusion. 

158. Quatrième loi des termes : Le moyen 
terme doit êtee universel au moins une fois. - Le 

moyen terme est répété deux fois dans les prémisses. 
Supposons qu'il soit particulier les deux fois ; dans ce 
cas on aura quatre termes quant au sens. Le parti- 
culier est une fraction de l'universel, et deux fractions 
de l'uniyersel sont différentes et constituent deux 
termes complètement distincts. 



Ex; : 



Tout piehé est mauvais, 
Or Jean est rnauvais, 
Donc Jean estpéehi. 



DIALECTIQUE 



68 



Maumis, parce que attribut de propositions affirma- 
tives (75) est deux fois particulier. Aussi mauvaii 
péché, et mauvais Jean, ce sont deux termes tout à 
fait distincts. Et ce syllogisme, pour n'avoir que trou 
termes quant aux mot», en a réellement quatre, quant au 
iens. — Cette loi n'affecte pas le moyen terme auigulier. 
Un terme singulier, logiquement, équivaut à un terme 
universel. 

159. Première loi des propositions : Si les deux 
prémisses sont négatives, pas de conclusion pos- 
sible. — La conclusion est le résultat de la comparai- 
son faite dans les prémisses. Si les deux extt«mes 
conviennent au moyen terme, la conclusion sera affir- 
mative. Si l'un des extrêmes ne convient pas au moyen 
terme, le petit et le grand terme ne conviendront pas 
*ntre eux dans la conclusion, et celle-ci sera négative. Il 
ne peut pas donc pas y avoir de conclusion, lorsque les 
deux extrêmes ne conviennent pas au m^en terme, 
par ce que, dans ce cas, il n'y a pas eu de comparaison. 
Et les deux prémisses sont négatives précisément lors- 
que le grand et le petit terme ne conviennent pas au 
moyen terme. 

Ex.: 

L'homme n'est pas un minéral. 
Le minéral n'est pas un animal. 
Done. . . 

Que conclure ? rien, c'est évident. 

160. Deuxième loi des propositions : De deux 
prémisses affirmatives, on ne peut pas déduire 
une conclusion négative. — Cette loi est, pour ainsi 
parler, l'inverse de la précédente. Quand les deux 



64 



LEÇONS DE LOGIQUE 



prémisses sont affirmatives, les deux extrêmes (grand et 
petit terme) conviennent au troisième (moyen terme), 
n.!. T » convenance qu'exprime la conclusion, et 
partant, elle doit être a^ma<fre. 

Le vice est détestable. 
Or la paresse est un vice 
Donc la paresse est détestable. 

_ C'est la bonne conclusion. Et non pas celle-ci • 
Uonc la paresse n'est pas détestable. 

n.!f*^ J'°*'"°" '•" •*•" Proposltloiu : On ne 
peut rien conclure d. déu. pr6mi„ee partlcu, 

m.I!f-.r A """îf '*'^*"'"''»°" d'une proposition est la 
quantité même du sujet de cette proposition, les pro, 
positions particulières ont donc toujours comme sujeti 
des termes partu^u^rs. - On peut supposer trois ca^. 
v^nl'T"" T' ~ ^ '*'•"' prémisses particulières peu- 
vent être négatives. Alors, en vertu de la première 
IcH^des propositions (159) toute conclusion est impos- 

/)«a«^me ca,.-Us deux prémisses particulière, 
peuvent être affirmatives. 

Ex. : 

Quelques savants sont' incroyants. 
Or quelques incroyants sont illarés. 
Donc quelques savants sont illetris. 

La quatrième loi^estwinès î;i58):n'Mtpa«oi,«tiiée. 
i^ moyen, terme incroyants est pris dans deux sens 
J.fférents.En réalité, ce syllogisme ■TontiS^-'çS^ 
termes — quant au sens. 



DIALECTIQUE 



M 



Troiiiime cas. — Les deux prémisses particulières 
peuvent être, l'une affirmative, l'autre négatfve. Ex. : 

Quelques (iudiants sont paresseux. 

Or quelques hommes ne sont pas paresseux. 

Donc quelques étudiants ne sont pas hommes. 

Dans ce syllogisme, la deuxième loi des termes (156) 
n'est pas observée. Dans la conclusion, parce que 
attribut d'une proposition négative (75), le terme 
homme, est universel. Dans les prémiases, il est parti- 
oulier. Ou encore : 

Quelques étudiants ne sont pas hommes. 

Or quelques étudiants sont paresseux. 

Donc quelques paresseux ne sont pas hommes. 

Ici la quatrième loi des termes (158) n'est pas ob- 
servée. Paresseux, moyen terme, est deux fois par- 
ticulier, 

162. Quatrième loi des proposition» : La con- 
clusion suit la partie la plus faible. — Si lune des 
prémisses est négative là conclusion est négative ; si 
l'une des prémisses est particulière, la conclusion est 
paHiculière. En effet, si l'une des prémisses est néga- 
tive, c'est que l'un des extrêmes ne convient pas au 
moyen terme. Et, la conclusion, nécessairement sera 
négative. Ex. : 

Tous ceux qui aiment Dieu sont heureux. 
Or les pécheurs n'aiment pas Dieu, 
Donc les pécheurs ne sont pas heureux. 

Cette conclusion est juste, évidemment. 
Si l'une des prémisses est pariiculiire, c'est que l'un 
des extrêmes ne convient qu'en paHie, ou, partiellement. 



LEÇONS DK LOOiqCE 



•u moyen terme. C'est cette partie de Textrême con- 
venant au moyen terme qui sera exprimée dans la con- 
clusion. Celle-ci sera donc particulière. Ex. : 

Touê Ua cygnes, dit-on, chantent avant de mourir. 

Or quelques poule» d'eau tont dei cygne». 

Donc toute» le» poule» d'eau chantent atant de mourir. 



faut dire quelque» 



Cette conclusion est fau»»e. Il 
poule» d'eau .. . 

163. A quoi lert le lyUoclsme. — Le syllogisme 
est un excellent moyen de découvrir l'erreur. Celle-ci, 
pour se faire accepter, se présente aux lecteurs toute 
enveloppée des ornements et des grâces du style. Dé- 
pouillée de ses atours par le syllogisme qui l'exhibe en 
trois phrases courtes, sèches, précises, elle a moins de 
chance de se faire admettre. C'est ce qu'enseignent 
de grands esprits comme Bossuet qui avait soin d'Ater 
du discours «les figures et les autres ornemenU de 
fiarole »... pour mieux « voir ce que la logique fait 
dans ces ouvrages, et ce que la rhétorique y ajoute ». 
Selon Kant, « tous les vices du raisonnement se décou- 
vrent très facilement quand on les fait ressortir en 
mettant un argument en forme ». Et, pour Cousin, 
« tout raisonnement qui ne peut être mis sous cette 
forme, est un raisonnement dont il faut se défier ».— 
En employant le syllogisme, l'esprit humain acquiert 
de la précision et de la pénétration « L'art syllogis- 
tique, écrit V. Cousin, est une escrimé puissante, qui 
donne à l'esprit l'habitude et de la rigueur. C'est à 
cette mâle école que se sont formés nos pères, et il n'y 
a que de l'avantage à y retenir la jeunesse actuelle.» '■> 

'" Cfc Lahr. oiiv. cit. T. 1, pp. 432-433. 



DtALECTiqUi: 



•T 



164. rigurai du lylloglune. — La figure d'un syl- 
logisme est U place eucceinvement occupée par le moyen 
terme dans Us prémiiiet. 

165. DiSérentai espèces de figures. — Il y a trois 
figures du syllogisme. En effet le moyen terme peut 
occuper troi» places différentes dans la majeure et la 
mineure. 

166. Première figure du syllogisme. — Lorsque le 
moyen terme est eujet dans la majeure et attribut dans 
la mineure, le syllogisme appartient à la première 
figure. Ex. : 

Toute ecience mérite le respect, ' 
Or la philoeophie est une science. 
Donc la philosophie mérite le respect. 

Dans ce syllogisme le moyen terme est science. 

167. Dewdème figure du syllogisme.— Si le moyen 
terme est attribut et dans la majeure et dans la mineure, 
le syllogisme appartient à la deuxième figure. Ex. : 

Tout homme peut pécher. 

Or aucun ange ne peut pécher. 

Donc aucun ange n'est homme. 

Dans cet exemple le moyen terme est peut pécher. 

168. Troisième figure du syllogisme. — Quand 
legmoyen terme est sujet et dans la majeure et dans la 
•meure, le syllogisme est appelé syllogisme île la froi- 

iefi§urt. Ex. : 

Tous les papes ont été infaiUiUe», 

Or quelques papes furent de» aUemands, 

Donc quelques aUemands ont été infaillibles. 



LBÇONS OB LOaiQUK 



Ici le moyen terme est papeê. 

188. BeprtMntktloii p»pUqu« dM fl«um.-Eo. »xprim.»i 
le grand termt par la Irttn 0, le petit terme p.r It lettre P et l« 
moyen terme par la lettre it. noui pouvon. repréienter le. trois 
ngure» de la manière luivante : 



I M -G Majeure 
P-U Mineure 
P™G Cooctuaion 



II G - M Majeure 
P^ M Mineure 
P " G Concluiion 



m M -G Majeure 
M ^ P Mineure 
P ™ G Conclusion 

170. ModM du lyUoglsme. — Les modes du syllo- 
gisme sont les différentes comhinaitom dont sont suscep- 
tibles les primitses d'un syllogisme eu égard à leur quan- 
tilé (universelle ou pafticuliire) et à leur qualité {affirma- 
tive ou, négative). 

171. Modes poiiiblei et modes légitimes.— Pour 
ce qui est de leur quantité, les prémisses d'un syllogisme 
peuvent être combinées de quatre manières : » Toutes 
Us deux unirersèUes ; » Toutes Us deux particulières ; <> 
La majeure universeUe et la mineure particulière ; *> La 
majeure particulière et la mineure universeUe. — Pour ce 
qui est de leur qualité, les prémisses d'un syllogisme 
sont aussi susceptibles de quatre combinaisons : ■> 
TouUs Us deux affirmatives ; " Toutes Us deux néga- 
tives ; "La majeure affirmative et la mineure négative; ■> 
La majeure négative et la mineure affirmMve. Or, 
chaque combinaison quantitative est susceptible des 
quatre combinaisons qualitatives. Ce qui fait 16 modes, 
c'est-à-dire 4X4 pour chaque figure. Il y a trois 
figures. Les modes possibUs seront donc au nombre de 



DIALKCTigCE 



m 



Sur ce nombre il n'y en a que dix-neuf 



guarante-kuil. 
de ligitimei. 

172. OoDQluiion dlreota et indlract*. — La con- 
clusion d'un syllogigme est directe lorsque ses termes 
occupent la mime place que dam les prémiasee. Ex. : 

Les enfanta intelligents et laborieux sont eetimablet. 
Or le» enfant* de M. X. eont intelligent» et laborieux. 
Donc le» enfant» de M. X. eont eetimable». 

La conclusion d'un syllogisme est indirecte lorsque 
ses terme» n'occupent pat la mime place que dan» le» 
primi»»»». 

Quelque» philoiophe» eneeignent l'erreur. 

Or ce» philoeophe» ne »ont pa» la philoeophie. 

Donc la philoeophie n'enseigne pas l'erreur. 

Article in 

DirriKENTCS ESPtCU DK STtLOOIBMBS 

173. ByUodsme acolutique. — Le syllogisme »co. 
laetique ou en forme est celui qui se compoee de troi» 
propositions arrangées de manière que la troisième se 
déduise nécessairement des deux autre». 

Celui qui accomplit son devoir est heureux. 
Or Jean accomplit son devoir. 
Donc Jean est heureux. 

174. SyUoglBine oratoire. — Le syllogisme orotoir» 
est celui qui, pour arriver à une conclusion, dispose »e* 
propositions et »ea termes comme on le fait dans le langage 
courant. Ex. : En ce monde, ceux qui ne se soumettetU 



70 



LEÇONS DB LoaiquE 



poi àla volonté de Ditu, toni malheureux. Il est facile 
de ramener ee syllogiime oratoire i un syllogisme sco- 
lastique. 

175. Syllofiime limpU. — Le syllogùrae timph 
est celui qui eit formé de propotitioni eimple*. Ex. : 

La MTtu 0st ainuMe, 

Or l'humiliU «et une virlu. 

Donc rhumUili ett aimable. 

176. Byllogiim* compoié. — Le syllogisme com- 
posé est celui qui e»t formé de propotiiione compoêéeê. Ex : 

La philoiophie, l'hietoire, êont trie utilet. 
Or la philosophie, l'hittoire, sont de» sciences. 
Donc quelques sciences sont utiles. 

177. Syllogisme ablOlu. — Le syllogisme absolu est 
celui qui est formi de propositions absolues, c'est-à-dire, 
de propositions dans lesquelles le mode de convenance ou 
de non-contenance de l'attribut au sujet, n'est pas expri- 
mé. Ex. : 

Le travail est la principale cause du succès. 
Or ces Hères travaillent. 
Donc ces élèves réussiront. 

178. Syllogisme modal. — Le syllogisme modal est 
celui qui se compose de propositions modales, c'est-à-dire, 
de propositions dans lesquelles le mode de convenance ou 
de non-convenance de l'attribut au sujet est exprimé. 
Ex. : Il est IMPOSSIBLE que l'homme descende du singe. 
Or J<ean est nécÉssaireiiknt un homme. Donc Jean ne 
descend pas du singe. 



DIAbBCTIqUB 



n 



179. IjUoglHB* mlzt*. - Le ■yllogisme m.K. e.t 
eêlut dont lei jnopimtiont tant abiduet et modaUê. Ex.: 
Dieu exiHe nècesaaiiibmbnt (modale). Or le monde 
n'ett pa» Dieu («bïolue), Donc le monde n'exile dm 

NÉCKaSAIBUlINT. 

180. SyUofiima oaUroriqu*. - Le «yllogisme ,,, 
tigonque est celui dont la majeure ttt une propoêUton 
eaUgorù/ue, c'est-à-dire, une proposition qui qffirme 
qu'une ckoee eH ou n'eel pae, eons condition. Ex. Tout 
eê gui nuit à la eanti doit ttre éviti. Or l'alcool n„,l à ^i 
lanié. Donc l'alcool doit être évité. 

181. Byllovlime hypothétique. - Le sy!lr,Ki.,„,„ 
hypothétique est celui dont la majeure eet une proposi- 
tion hypothHique, c'est-à-dire, une propoêiiion qui affirme 
qu'une choie eet ou n'ett pas, sous condition. Ex. : 
Quand on sait se taire, on mérite la -onfiance. Or ce 
monsieur ne saU pas se taire, Donc il ne mérUe pas la 
confiance. — Le syllogisme hypothétique est condition- 
nel si l'hypothèse est exprimée par la particule condi- 
tionneUe, n ; disjonctif, si eUe est exprimée par la parti- 
eule disjonetive, ou. 

182. Loii du aylloglime conditionnel.— 

PREMIÈRE LOI. — Si l'on affirme la condition ou l'anU- 
cédent, il faut affirmer le conditionné ou le conséquent. Ex. : 

Si vous êtes quibecquois (condition), vous Hes cana- 
dien (conditionné). 

Or, vous êtes québecquois. 
Donc vints êtes canadien. 

La raison de cette loi, c'est que, dans l'ordre logique, 
la condition est la cause nécessaire du conditionné ; à 
son tour, le conditionné est l'effet inséparable de la 
condition. 



78 



LEÇONS DE LOGIQUE 



■ DEUXIÈME LOI. — Si Von affirme h conditionné, il ne 
t ensuit pat qu'il faille affirmer la condition ou Vanté- 
cèdent. Ex. : 

Or voua êtes canadien (conditionné), 
Donc vous êtes québecquois Ccondition). 

Il est évident que cette conclusion est fausse. La 

raison de cette loi. c'est que la condition n'est pas la 

^ cause unique du conditionné. Il est vrai, en effet, 

' qu* « être québecquois » est une des causes d' « être 

canadien », mais non pas Vunique. 

TBOisiijME LOI. — Si Von nie U conditionné ou le con- 
séquent, il faut nier la condition ou V antécédent. Ex. : 

Or vous n'êtes pas canadien (conditionné). 
Donc vous n'êtes, pas québecquois (condition). 

Le conditionné est Yeffet inséparable de la condition 
qui en est la cause nécessaire. Donc, en niant Vefet 
on nie la cause qui en est inséparable. 

QUATRIÈME LOI. — Si l'on nie la condition, il ne s'ensuit 
pas qu'il faille nier le conditionné. Ex.:. 

Or vous n'êtes pas québecquois (condition), 
. Donc vous, n'êtes pas canadien (conditionné). 

Le conditionné ou le conséquent est faux. — La con- 
dition est une des causes, et non pas la cause unique 
du conditionné. 

183. Lois du ayDocisme diajonctif. — Le syllo- 
gisme disjonçtif est celui (181) dont la majeure est une 
proposition disjonctive. 

PKBMièHE LOI. — La majeure disjonctive doit être com- 
plète. La diajanctive incSmplète peut être vraie ou 



DIALECTIQUE 



73 



fausse dans tous ses membres, et l'on ne pourrait 
conclure. Le syllogisme suivant manque à cette loi. 

Ou voua êtes canadien, ou voua êtes français, 
Or voua n'êtea jiaa canadien, 
■ Donc voua élea françaia. 

La majeure de ce syllogisme peut être fausse : Il y 
a bien des gens qui ne sont ni canadiens ni français. 
Elle peut être vraie : Beaucoup de gens sont canadiens 
et français. Pour conclure dans une disjonctive, il 
faut qu'au moins un membre soit ou bien vrai ou bien 
faux. 

DEUXIÈME LOI. — Si l'un des membres de la disjonc- 
tive est affirmé ou nié, les autres membres doivent être 
niés ou affirnUs. Si tous les membres moins un sont 
affirmés ou niés, ce membre unique doit-être nié ou 
affirmé. 

Ex. : Les élèves de la classe A sont aussi studieux, ou 
plus studieux, ou moins studieux que les élèves de la 
classe B. 

Or ils sont aussi studieux. 

Donc ils ne sont pas ou plus, ou moins studieux. 



Or ils ne sont pas a,;asi studieux. 

Donc ils sont ou pins, ou moina studieux. 



Or ils sont ou plus ou moina studieux. 
Donc ils ne sont pas aussi studieux. 



Or Us ne sont pas ou plus ou moini studieux. 
Donc ils sont auaai studieux. 



74 



LEÇONS DB LOGIQUE 



184. Lois du syllogiam* eonjonetlf. — Le syllo- 
gisme conjonctif est celui dont la majeure est une pro- 
position conjonctive, c'est-à-dire une propoiition dont 
lei membres lont ineompaliblee. 

PKBMIÈBE LOI. — L'affirmation de l'un des membres 
entraîne la négation de l'autre. Ex. : 

On ne peut pas à la fois aimer Dieu et haïr son pro- 
chain. 

Or X hait son prochain. 
Donc X n'aime pas Dieu. 

DEUXIÈME LOI. — La négation de l'un des membres en- 
traîne l'affirmation de l'autre s'^il y a opposition contra- 
dictoire entre les deux. Ex. : 

On ne peut pas à la fois être catholique et baptiste. 
Or vous n'êtes pas catholique. 
Donc vous êtes baptiste. 

Cette conclusion n'est pas légitime, parce que être 
cMolique et être baptiste ne sont pas opposés contra- 
dictoirement. Tous les non-catholiques ne sont pas, 
pour cela des baptistes. Ils peuvent être des adeptes 
des autres cultes nombreux qui se partagent le monde. 

Ex. : On ne peut être à la fois théiste et athée. 
Or vous n'êtes pas athée. 
Donc vous êtes théiste. 

Cette conclusion est légitime, parce que, entre le 
théisme et l'athéisme, il y a opposition contradictoire. 

185. Knthymène. — L'enthymène est un syllogisme 
dans lequel une des prémisses est -sous-entendue. Ex. : 

Tout fondateur de séminaires mérite de la patrie. 
Donc Mgr. de Laval mérite de la patrie. 



DIALECTiqVE 



n 



186. Ipichérème. — L'épichérème est un i^UogUme 
dont l'une des ■prémitseï ou toutes les deux sont aceompa- 
gnêes de leur preuve. Ex. : 

Ceux qui savent se vaincre sont heureux : la paix et le 
bonheur résultent des victoires que l'on remporte sur soi- 
mime. Or ceux qui sont fidèles à leurs devoirs savent se 
vaincre. Donc ils sont heureux. 

187. Sorite. — Le sorite est un syllogisme composé 
de plusieurs propositions tellement liées entre elles que 
l'aUribut de la précédente devient le sujet de la suivante 
pour arriver à une conclusion dont le sujet est celui de la 
première proposition et l'attribut celui de la dernière 
proposition. Ex. : 

L'écolier studieux fait la consolation de ses maîtres. 
Celui qui fait la consolation de ses maîtres est agréable 
à Dieu, 

Celui qui est agréable à Dieu est heureux. 
Donc l'écolier studieux est heureux. 

188. PolyiyUoffiime. — Le polysyllogisme est un 
argument composé de plusieurs syllogismes liés entre eux 
de manière que la conclusion du premier devienne l'anté- 
cédent du second. Ex. : 

L'effort intellectuel est une condition du progrès dans 
Us études. 

Or beaucoup d'élèves ne font aucun effort intellectuel. 

Donc beaucoup d'élèves ne progressent pas dans les 
études. 

Or ceux qui ne progressent pas dans les études risquent 
de manquer leur avenir. 

Donc beaucoup d'élèves risquent de manquer leur avenir. 



7« 



LEÇONS DE LOGIQUE 



189. Ia dilemme. — Le dilemme est un argument 
dont la majeure est une proposition diêjonctite à deux 
membres qui — l'un affirmé et l'autre nié dans la mineure 
— donnent toujours une conclusion opposée à l'adversaire 
réel ou imaginaire. Ex. : 

Les rois, ou ils sont méchants, ou ils sont bons. 
S'ils ^ont méchants, quels affreux tourments ils se pré- 
parent. 

S'ils sont bons, quelles difficultés n'ont-ils pas à vaincre. 
Les roi» sont donc à plaindre. 

Ce dilemme de Fénélon (Télémaque, Liv. VI) peut 
être opposé à ceux qui vantent le bonheur des têtes 
couronnées. 

190. I.oli du dilemme. — Les lois du dilemme peu- 
vent sf ramener à trois. 

PREMIÈRE LOI. — La majeure disjonctive doit être com- 
plète ; autrement l'adversaire pourrait alléguer une 
autre hypothèse non énoncée et échapper ainsi à la 
conclusion. 

Le dilemme suivant manque à cette loi. Ex. ; 

Après ses éttides classiques, mon fils sera ou médecin, 
ou notaire. S'il est médecin, il mènera une existence 
misérable, puisque c'est une profession dont l'exercice est 
très souvent pénible. S'il est notaire, il sera pauvre toute 
sa vie : c'est une profession peu lucrative et très encom- 
brée. Donc mon fils ne fera pas d'études classiques. 

A part la médecine et le notariat, il y a d'autres 
carrières auxquelles conduit un cours classique. 

DEUXIÈME LOI. — // faut qu'entre chaque membre delà 
disjonetice et la conclusion il y ait un lien logique et 
nécessaire ; chaque membre de la disjonctive est la 



DIALECTlqVE. 



77 



condition et la conclusion le conditionné. Entre la 
condition et le conditionné il y a un lien logique et 
nécessaire, relation de cause^A efifet (182). Ex. : 

Ou vous êtes sujet britannique, ou vous ne l'êtes pas. 
Si vous l'êtes, vous êtes canadien, 
Si vous ne l'êtes pas, vous êtes français, ' ' 

Donc vous ne méritez pas protection. 

Ce dilemme n'est pas conforme à la deuxième loi 
De ce que quelqu'un est sujet britannique ou non, il 
ne s'ensuit pas logiquement et nécessairement qu'il soit 
canadien et français. 

TROISIÈME LOI. — // faut que le dilemme conclue de 
manière qu'il ne puisse être rétorqué contre son auteur ■ 
cette loi est basée sur la nature même du dilemme.' 
Le dilemme suivant manque à cette loi. Ex. : 

Ou votre vie sera longue, ou elle sera brève. 
Si elle est longue, vous vous priverez d'une foule de 
plaisirs légitimes, en entrant dans l'état religieux; Si 
elle est brève, vous n'irez pas loin dans la voie de la per- 
fection, objet de vos désirs. Donc vous ne devez pas 
choisir la vie religieuse. 

On répond en rétorquant. . . .• ■ .,':.. 

Si ma vie est brève, jt renoncerai à très peu de plaisirs, 
même légitimes ; Si elle est longue, je pourrai aller très 
Imn dans la voie de la perfection, objet de mes désirs. 
Donc, je choisirai l'état religieux. 



18 



LEC0N8 DE LOaiqCE 

^LTticle IV 
L'IMDUOTION 



191. Définition de l'induction. — L'induction est 
un raiêonnement qui conclut du particulier au général. 

Ex. : Les animaux vertébrés et invertébré» ont la faculté 
de le nourrir. Or le» vertébrés et le» invertébré» forment 
tout le genre animal. Donc tout le genre animal a la 
faculté de ae nourrir. 

192. Induction complets. — L'induction complète 
est celle qui conclut à la généralité de» cas en partant de 
Vénumération complète de ce» méms cas. Ex. : 

Chaque élève de la' classe de philosophie est intelligent. 
Donc toute la classe de philosophie est intelligente. 

193. Induction incomplète. — L'induction incom- 
plète est celle qui conclut à la généralité des cas en partan,t 
de l'énumération incomplète de ces même» cas. 

Ex. : Charles, Henri, Jean sont des êtres doués de 
raison. Donc tous les hommes sont des êtres doués de 



194. Induction loientiflqua. — L'induction scien- 
tifique est uue induction incomplète qui conclut au général 
en partant des particuliers considéré» dans leur essence ou 
leurs propriétés essentielles. Ex. : 

La table, le livre, l'encrier sont pesant». Or la table, 
le livre et l'encrier sont des corps. Donc tous les corps 
sont pesants. — La pesanteur est une propriété essentielle 
des corps. 



DIALECTIQUE 



7» 



196. InduetiOB TUlfaire. — Vinduction vulgaire eit 
une induction incomplète qui conclut au général en partant 
des particuliers camsidérés dans leurs qualités aeciden- 
telUs. Ex. : 

Cette table, ce litre, cet encrier, sont noirs. Or cette 
table, ce livre, cet encrier sont des corps. Donc tous lea 
corps sont noirs. 

196. Les phases de l'Induction identiflque. — 

Il y a trois phases dans l'induction scientifique : L'expé- 
rience, la vérification et l'enférenee. 

■> Expérience. — Elle consiste à considérer les faits' 
Cette considération des faits comporte deux opéra- 
tions : l'observation et l'expérimentation. Observer un 
fait, c'est en être témoin, c'est explorer un phénomène 
qui s'est produit indépendemment de la volonté de 
celui qui l'observe. L'observation existe dans les scien- 
ces astronomiques et météréologiques. On observe une 
éclipse de soleil, on constate qu'il pleut. Expérimenter 
un fait, c'est le produire à volonté, c'est provoquer son 
apparition autant de fois que l'on veut. L'expérimen- 
tation a surtout sa place dans les sciences expérimen- 
tales, physiques et chimiques. On expérimente qu'une 
molécule d'eau est composée de deux atomes d'hydro- 
gène et d'un atome d'oxygène. Supposons le phéno- 
mène suivant : Un fer rougi au feu se dilate. On observe 
ce fait, on l'expérimente, en faisant rougir le fer autant 
de fois que l'on veut. 

•> Vérification. Après avoir observé et expérimenté le 
phénomène, il s!agit d'en faire la vérification. On 
constate que le fer rougi se dilate. Tout naturelle- 
ment on se demande quelle est la cause de cotte dila- 
tation. En répétant l'expérience, on constate à nou- 



sa 



LEÇONS DE LOGIQUE 



veau que chaque foù qui le fer rougit, il le iÙate. 
Alors par l'emploi de certaines méthodes, on se rend 

tileii compte, on vMfie que le fer se dilate, parce que 
e feu l'a rougi. 

" Inférence. — Cette troisième phase est X'induetion 
proprement dite. Elle est l'œuvre exclusive de la raisOB, 
tandis que les deux premières sont l'œuvre des {»r<iltés 
sensibles (expérience), des {»• nltés sensibles et de U 
raison (vérification). En eiïcl après avoir expérimenté 
et vérifie que le fer rougi mm '"« ne dilate, ob infère cette 
loi générale : La dilatation du fer rougi au feu m( due à 
la chaleur. 

197. Loi* de l'induction leientifiqu*. - ■> L'oh- 

tervation et l'expérimentation de» faite doivent être eom- 
pUtes. Si quelques 'faitii étaient laissés de cAté, on 
s'exposerait à attribuer à un phénomène une cause qui 
n'est certainement pas U sienne. — ■> Les hypothèses 
doivent être possibles et ne contredire aucune loi déjà 
prouvée certaine. Une hypothèse non fondée, loin de 
conduire à la certitude, empêche au contraire d'y ar- 
river. 

198. rondement de l'induction icientiflque. — 
Le fondement de l'induction scientifique est ce sur 
quoi s'appuie l'intelligence pour passer du particulier à 
l'universel. Qu'est-ce qui lui permet de conclure, pat 
exemple, à la pesanteur de tous les corps, après avoir 
constaté cette propriété dans quelques corps seulement ? 
C'est parce que la pesanteur tient à la nature même 
des corps, c'est une propriété qui découle nécessaire- 
ment de leur essence. Or, nous savons que la nature 
ou l'essence des êtres est immuable. C'est pourquoi, 
une qualité propre qui d^oule nécessairement de l'es- 
sence, existant chez un être, doit se trouvée chez tous 



DIALECTIQUE 



81 



Im être» qui ont mime essencç. C'est cette invaria- 
MUi deti essences, c'est leur immutabiliii, qui sert de 
point d'«ppui à l'intelligence lorsque de certain» cas 
particuliers elle passe à la généralité. V invariabilité 
de* e»enceê ou de, natures est donc lefondemerU de fin- 
ductton scientifique. 

m. Induction .t déduction. - .. X.'induHùm est 
eniployée dans les sciences positives, dob.servation, 
expérimentales. La déduction, on s'en sert dans les 
sciences rationnelles. Ainsi la physique et In chimie 
sont des sciences inductives ; l'althnuHique et la géo- 
métrie sont des .sciences déductives. — » Pour être diffé 
rentes, l'induction et la déduction ne s'excluent pas ; 
loin de là, elles se complètent, elle» se rendent de mu- 
tuels services. L'une ne va pas sans l'autre. L'in- 
duction fournit les principes à la déduction. Ainsi le 
principe général Tout homme est mortel est le résultat 
du procédé inductif qui permet de constater la mort 
dans chaque homme. D'autre part, la déduction joue 
le même rôle vis-à-vis de l'induction. C'est par la 
déduction que les hypothèses sont vérifiées, c'est par 
elle que 1 on applique les lois générales aux cas parti- 
culiers. Par exemple, Pierre est mortel (cas particu- 
lier, par e que tout ce qui est humain doit mourir (loi 
générale). - •> Certaines sciences sont surtout déduc- 
tives, d'autres sont surtout inductives. Cependant il 
y en a qui emploient indifféremment les deux procédés 
telles les sciences poUtiques, économiques et morales' 
Un peut démontrer les avantages de telle forme de 
gouvernement (science politique) aussi bien par des 
f»iU (induction) que par des principes généraux (dé- 
duction}. 



82 LEÇOKB DE LOOIQUC 

Artiol* V 
LI STLLOOIBia DIMOMSTBATXr 

200. Le lylloKlima au point d« Tue de la ma- 
tière. — Jusqu'ici, en parlant du syllogiame, nous ne 
nous sommes occupés que de sa forme, c'est-à-dire de 
V arrangement des propositions et des termes de façon 
i conclure. Mais nous pouvons nous demander ce 
que sont ces propositions, ce que sont ces termes. 
Bref, nous pouvons envisager le syllogisme ou 'point de 
tue de ta matihe. Ces propositions qui constituent le 
syllogisme peuvent être vraies, probables ou fausses. 
Si elles sont vraies, le syllogisme est démonttratif ; si 
elles sont probable» ou fausses, le syllogisme sera pro- 
bable ou tophiitique. 

201. La démonitration. — La démonstration est un 
ayllogiime qui de prémiaaee traies et connues déduit une 
conclusion traie causée par ces jnêmes prémisses. Kx. : 

/{ n'y a pas d'effet sans cause, 
' " Or le monde est un effet. 
Donc le monde a une cause. 

La conclusion : Le monde a une cause, procède logi- 
quement et véritablement des prémisses, elle est 
causée par elles, . 

- 202. Démonitratlon parfaite. — La dém^mstration 
parfaite est ceUe dont les prém isses vraies et connues, sont 
la cause nécessaire, intrinsèque, prochaine, adéquate, 
propre, de la conclusion. Elle répond à la question : 
Quelle est la nature d'une chose Y Ex. : La démonsttaUdt 
de l'immortalité de l'âme par sa spiritualiti est une dé- 
monstration parfaite. 



DIALBCTIgUE M 

203. Démoiutratlon Imparfaite. - t„ démon.- 

IT. """r/"'" '" ""' ''"'" '" '"'^''•» -»^° «< 

connue, .ont a cauu contingente, éloignée, e^rin.i,ue, 

DuT^lr ?w' ' ^ df^onetratio. de Vexietence de 
iJ^arfâue "" """"''' '"' '"" '''"""■"'"<»<'« 

204. DémoMtration a priori. - £„ démon.tration 

ITT 'r "f ''","' ''' "'''"•"" '""■" ^' '•'""'"" 

'ont, dan.1 ordre réel ou ontologique, la cause de la con- 
clueion. Ex. ■■Prouver l'immorUdUé de l'Ame humaine 
par la .pxrUualUé. c'e,t faire une démonstration a prior. 
puisque réellement, la spiritualité e.l la cause dlvim- 
mortaltté. "* 

205. DémOMtratlon a porteriori. La démons- 
tration a posterwrt est celle dont le. prémisse, vraies et 
connue, .ont dan. l'ordre logique ou h la connaissante, 
la cau.e de laconclueion. Ex. : Démontror 1 .xiste, ê 
de Dieu par I existence du monde, c'est une démonstra- 
hon a poserion pu«,,ue le monde nous est un moyen 
de connaUre et de prouver l'existence de Dieu. 

dirl «/T'*;*'?^°° *""*•• - ^^ l^'^nstration 
directe est celle dont le. prémisses vraies et connues .ont 

la cause positive, directe, de la conclueùm. Ex Prouver 

HhLiT""', ^'}- '""' P""" """'' "'' '"tel'igent. La 
liberté découle directement de l'intelligence 

207. Démonstration Indirecte. - La démonsira- 
tion indirecte ou par l'absurde est celle dont les prémisse, 
^raie, et connue, .ont la cause indirecte, négative, de la 
conclusion Ex. : Prouver l'immortalùé de l'âme par la 
négation de l injustice en Dieu. Il est absurde de dire 
que Dieu est injuste. C'est ce que, cependant, il fau- 
drait admettre, si l'âme humaine était mortelU 



MlCXOCOrV «ESOUITION TEST CHART 

lANSI and ISO TEST CHART No. 2) 



1.0 



|Z8 

■ 3.2 



l.l 



1.25 IIIIII.4 



ill^ 

1.8 
1.6 



J APPLIED IM/1GE Inc 

=^ 1653 EasI Main Street 

^ RochMtei, New York 14609 USft 

= (716) *82 - 0300 - Phone 

^ (7161 288- 5989 - Fo» 



84 



LEÇONS DE LOGIQUE 



208. Rétorsion de l'argument. -~ La rétorsion de 

l'argument consiste à prendre l'argument de l'adversaire 
pour démontrer le contraire de ce qu'il veut prouver. 
Ex. : Les tenant.s de l'école gratuite et obligatoire 
essaient de démontrer leur thèse en disant que l'état 
doit promouvoir la cause de l'éducation. Avec le même 
raisonnement il est facile de prouver le contraire, 
c'est-à-dire la non-nécessité de l'école gratuite et obli- 
gatoire. 

209. Démonstration absolue. — La démonstration 
absolue est celle dont les prémisses vraies et connues, 
admises comme telles par tous, sont la cause de la con- 
clusion. Ex. : La démonstration de l'existence de Dieu 
par l'existence du monde, est une démonstration absolue. 

210. Démonstration relative. — La démonstration 

relative ou argument ad hominem est celle dont les pré- 
inisses admises par l'adversaire — qu'elles soient vraies 
ou non — sont la cause de la conclusion. Ex. : A un 
philosophe fataliste qui nie la liberté humaine et la res- 
ponsabilité mais qui est en faveur de durs châtiments à 
imposer aux criminels, on pourrait répondre, en partant 
de son principe, que les irresponsables ne sont passibles 
d'aucune contrainte. 

211. Démonstration rationnelle. — La démons- 
tration rationnelle est celle dont les prémisses sont des 
vérités d'ordre abstrait, rationnel. Ex. : 



Les êtres contingents sont finis. 

Or les êtres finis sont imparfaits. 

Donc les êtres contingents sont imparfaits. 

212. Démonstration empirique. — La démonstra- 
tion empirique est celle dont les prémisses sont expérimen- 



DIALECTIQUE 



85 



taies. Kx. : Cet objet .,V.,< dilat. ™„, , ,„„ 
chaleur. Or cet objet est du fer. Donc lef, 



té sous Vinfluence de la 
^ous Vir^fluenoe de la chaleur: ^"' """'" '' ^" '" '^''"'^ 

JL'".?*TT'V'"' ^^-La démonstr,mon 
mr^e est celle dont les prémisses sont l'une, rationnelle 
l autre, e.prr, mentale. Ex. : Les êtres contingents o^t 
-ne cause (rationnelle). Or cet objet est un être co tngZt 
(expérimentale). Donc cet objet a une cause. ' 

214. La démonstration produit la science - La 
science est une connaissance certaine d'une chL var 
ses causes. Or la démonstration nous procure une con 
naissance certa,-.. et causale de k vérité quelle dé- 
mon re. La conclusion, en effet - vérité prouvée 
procède de.s prémisses comme de ses cause EU 
démonstration a pour but de nous faire connaître a 
conclusion au moyen des prémisses. De plus, la con- 

certaines. Donc la démonstration procure la connais- 
sance certaine et causale d'une chose. En dWres 
termes, la démonstration produit la science. 

Article Vï 

LB SYLLOGISME PROBABLE ET SOPHISTIQUE 

bnlu' ,'* fy.""»""" probable. - Le syllogisme pro- 
bable estcelm dont l'une ou les deux prélisses sont des 
propositions probables. Ex. : Tons les méchants soZ 
'TiMeureu. (proposition probable), Or Néron éiaU 
"'^chant. Donc Néron fut malheureux. 
216. L'analogie. - L'analogie est une argumenta- 

deux cas différents, conclut à la similitude probable de ces 



86 



LEÇONS DE LOGIQUE 



mêmes eau. Ex. : Certaines maladies moins connues 
que le choléra présentent les mêmes symptômes (carac- 
tères communs). De là on conclut que ces maladies 
doivent être semblables au choléra, c'est-à-dire, doivent 
avoir aussi une origine microbienne. L'analogie est une 
induction avec une conclusion probable. <" 

217. L'exemple. — L'exemple est une argumenta- 
tion qui d'un cas particulier observé conclut à l'existence 
probable d'un autre cas particulier. Ex. : Pour détourner 
X de la lecture de tel volume (cas particulier), je lui 
rapporte l'exemple de T qui a perdu la foi, parce qu'il 
a lu ce volume (cas particulier). 

218. Analogie et exemple. — Ces deux argumenta- 
tions probables sont ordinairement prises l'une pour 
l'autre. A la rigueur, cependant, elles sont bien dis- 
tinctes. L'analogie va d'un fait à un autre fait en 
passant par une loi générale. Ainsi connaissant d'une 
façon certaine que le choléra est une maladie micro- 
bienne, nous inférons par analogie que telle autre ma- 
ladie moins bien connue, doit être aussi microbienne, 
parce qu'elle a les mêmes symptômes. Cette inférence 
est basée sur la loi générale que les mêmes symptômen 
sont dus aux mêmes causes. L'exemple, au contraire, 
va directement, sans intermédiaire, d'une façon conjec- 
turale, de tel cas particulier, à tel autre .cas particulier. 

219. L'hypothèse. — L'hypothèse est une supposi- 
tion employée pour vérifier l'explication donnée à certains 
faits dûment constatés. Ex. : (( Le jus de raisin fer- 
mente. On ne s'explique ni la provenance ni la nature 
de la fermentation. Pasteur devine que la levure qui 



'" Cfr. Mercier. Logique p. 238. 



DIALECTIQUE ffj 

fait fermenter le moût de raisin vient de germes déposés 
a la surface des grains de raisin ou du bois de la grappe, 
rasteur émet une hypoth.-se ». <» 

220 La statistique. - La statistique est une argu- 
mentattonqm d'un certain nombre défaits scrupuleuse- 
ment et méthodiquement observés déduit la cause probable 
d un phénomène d'ordre politique, social,religieux et moral. 
221. Valeur des arguments probables.- Comme 
son nom 1 indique, l'argument probable ne produit pas 
a certitude, c'est-à-dire cette adhésion ferme de l'in- 
telligence a une vérité, adhésion qui exclut toute crainte 
de se tromper. Il engendre l'opinion, parce que la 
conclusion i^ laquelle il conduit n'est que probable. 
I.a probabilité de la conclusion varie avec celle des 
prémisses. 

222. Le sophisme. - Le sophisme est un argument 
qui, sous l apparence du vrai, conclut au faux. Ex • 
Commettent nn sophisme ceux qui, de l'importance de 
1 instruction, déduisant la thèse de Vécole obligatoire. 

223. Division des sophismes. - Aristote a divisé 
les sophismes en deux classes : Les sophismes de mots 
et les sophismes de pensées. Les sophismes de mots 
sont : L équivoque, Yamphilobologie, sophisme de sens 
composé, sophisme de désiré, le sophisme de Vac- 
oent le sophisme de la figure. Les sophismes de pensées 
sont: Le sophisme de l'accident, l'affirmation relative 
pour l affirmation absolue et réciproquement, Vignorance 
de la question, la pMition de principe, le cercle vicieux, la 
fausse conséquence, Vignorance de la cause, Vinterroga- 
tion captttuM. 



<" Mercier. Ouv. cit. p 334-335. 



68 



LEÇONS DE LOGIQUE 



224. L iqulToqu«. — Véquivoque eit l'emphi d'un 
même moi dans deux ou plusieurs sens différents. On 
l'ajipelle ce sophisme homonymie. Ex. : Platon est un 
grand philosophe. Or Platon est un mot de deux syllabes. 
Donc un mot de deux syllabes est un grand philosophe.— 
Vâme est immortelle. Or les brutes ont une âme. Donc 
les brutes sont immortelles. Il est évident qu'il s'agit 
ici de l'âme humaine. Pour répondre à ce .sophisme, 
on demande à l'interlocuteur de bien définir lés termes 
dont il se sert. 

225. L'amphibologie. — L'amphibologie est l'em- 
ploi d'une ou de plusieurs propositions dans un sens am- 
bigu. Ex. : Cette phrase à l'enseigne d'un magasin : 
« Pourquoi aller ailleurs pour être fraudés ? Venez ici.» 

226. Sophisme de sens composé. ~ Ce sophisme 
consiste à affirmer de choses unies ensemble ce qui n'est 
frai que de ces mêmes choses que prises séparément, ou, à 
affirmer comme vrai simultanément ce qui, en réalité, ne l'est 
que successivement. Ex.: Dans l'Évangile, Jésus-Chri-H 
dit : Les aveugles voient, les boiteux marchent droit, les 
sourds entendent. Ces phrases sont faussés dans le sens 
composé et simultanément. Les aveuglc.i ne voient pas, 
les boiteux ne marchent pas droit, les sourd.i n'entendent 
pas, quand leur infirmité leur est unie, mais quand leur 
infirmité est séparée d'eux, quand ils sont guéris. — 
L'exemple suivant est aussi un sophisme de sens com- 
posé : 5+3rz8 ; Or 5 et 3 sont des nom'ires impairs. 
Donc 8 est un nombre impair. 

227. Sophisme de sens divisé. — Ce sophisme con- 
siste à affirmer de choses séparées ce qui n'gii( prai de ce.s 
mêmes choses que prises ensemble, ou encore, à affirmer 
successivement ce qui n'est vrai que simultanément. Ex. : 
Les incrédules commettent ce sophisme lorsque, de ce 



DIALBCTigUE gg 

texte de PÉvangile : Allez dan. tout le monde, prêchez 
lévangvle a toute créature, iU concluent que rÉvungile 
doit être prêché à chaque individu en particulier. Il 
est évident qu'il s'aRit ici des hommes pris collectite. 
ment. -3+3=^6. Or 6 est un nombre pair. Donc 3 
et A sont des nombres -pairs. 

228 Sophisme d'accent. - Ce sophisme est sur- 
tout fréquent dans les langues latine et grecque, langues 
accentuées. Il co„si.,te à employer un moi en différent 
sen.i, suivant l accent qu'il comporte. Ex.: Les pêcheurs 
offensent Dieu. - Les pécheurs n'aiment pas toujours 
e poisson. - Sol occidit - Sol occtdit. Si l'accent de 
la seconde .syllabe est long, la phrase veut dire : le 
soleil tue - si l'accent de la seconde syllabe est bref 
la phrsae veut dire : le soleil se couche. 

229. Sophisme de ligure. - Ce .sophisme consiste 
a prendre au sens littéral ce qui doit être pris au sens 
figuré. Ex. : Le soleil se couche — donc il est fatigué 
Le temps est sombre — donc il a de la peine. 

230. Sophisme d'accident. - Le sophisme d'ac- 
cment consiste à attribuer comme essentiel à un être ou à 
une classe d'êtres ce qui ne lui appartient qu'accidentelle- 
ment tx. : Charles est paresseux. Or Charles est un 
canadien-français. Donc tous les canadiens-français 
sont des paresseux. — L'homme chante. Or Aristote 
est un homme. Donc Aristote chanU. 

231. L'affirmation relative prise pour l'affirma- 
tion absolue et réciproquement. - Ce sophisme 
consiste a admettre comme vrai relativement ce qui n'est 
orat quahsolu.mnl~et réciproquement - consiste à 
afirmer comme vrai absolument ce qui n'est vrai que.rela- 
nvement. Ex. : Il faut rendre à chacun ce qui lui appar- 



il 



90 



LEÇONS DE LOGIQUE 



Î|J 



tunt, ' Or cette arme à feu appartient à Jacque» pris 
d'un aerhs de folie. Doue il faut donner à Jacques »on 
arm» à ., fu. Absolument parlant, il est vrai que chacun 
doit avoir ce qui lui appartient. — Mais relativement à 
Jacques — pris d'un accès de folie — il n'est pas vrai 
qu'il faille lui rendre son arme, puisqu'il pourrait en 
faire un mauvais usage. Ex. : Il ne faut jamais punir 
les élèves — Cette affirmation — absolument parlant — 
est fauste. Mais relativement à certains élèves, elle 
est traie. 

232. Ignorance de la question. — Ce sophisme 
consiste à prouver autre chose que ce gui est en question. 
Ex. : Commet ce sophisme un avocat qui, pour dé- 
fendre son citent accusé de vol, s'évertue à démontrer que 
celui-ci a rendu service à son pays. 

233. Pétition de principe. — C'est un sophisme qui 
suppose prouvé ce qui précisément doit être prouvé. Ex. : 
L'ftme humaine est mortelle. Donc il ne faut pas 
craindre les châtiments de l'enfer. Que Vâme est m 
telle, c'est ce qu'il faut prouver. 

234. Cercle vicieux. — Le cercle vicieux est le so- 
phisme de pétition de principe, renforcé. Il consiste 
non seulement à supposer comme prouvé ce qui doit être 
prouvé, mais il démontre réciproquement deux proposi- 
tions l'une par Vautre. Ex. : Prouver l'existence de 
Dieu par la raison, et démontrer la légitimité de la 
raison par ce motif qu'eUe vient de Dieu qui n'a pu en 
faire un instrument d'erreur. 

235. La fausse consiquence. — Ce sophisme con- 
siste à déduire d'un antécédent une conclusion que celui- 
ci ne contient pas. Ex. : Commettent ce sophisme 



DIALECTIQUE 



01 



cfiix qui concluent ù lu fausscto de la reliRion catho- 
lique (conséquence fausse) parce que celle-ci, dans 
certaines circonstances, mal interprétée (antécédent), 
a été Vnccanion de certains désordres. 

2.36. Ignorance de U cause. — (V sophisme con- 
stsie à prendre comme cause véritable (l'un événement, 
d'un fait un antécédent qui ne l'est pas. Kx. : I/alcooI 
abrutit. Donc il est mauvais. Ce n'est pus l'alcool, 
mais .son nj«» qui abrutit. — Des gens instruits .se con- 
duisent mal. Donc il faut condamner l'instruction. 
Ce sophisme confond la concomitance, la .luccession 
avec la causalité. Parce que le fait B suit le fait \, 
on conclut que A est la cause de B ; B vient après .\, 
donc B n'existe qu'à cause de A. PnsI hoc, ergo propler 
hoc. Après cela, donc à cause de cela. 

237. L'interrogation captieuse. - L'interrogation 

captieuse consiste à po.ier à quelqu'un une ou plusieurs 
questions, de sorte que sa réponse, ou affirmative, ou 
négative, est toujours prise en un sens défavorable. Ex. : 
Vous avez ce que vous n'avez pas perdu? Si vous 
répondez oui — l'interlocuteur reprend : Vous n'ivez 
pas pe.du mille piastres. Donc vous les avez. — Si 
vous répondez, non : Vous n'avez pas perdu les veux, 
et cependant vous les avez. — Cette autre question. 
La vertu et le vice .sont-ils bons ou mauvais ? — Si 
vous répondez : ils sont bons, alors il faudra dire qu, 
la paresse, l'orgueil sont bons. Si vous répondez : ils 
sont mauvais — alors il faudra admettre que la dou- 
ceur et la charité sont mauvaises. L'interrogation 
captieuse est surtout employée par les avocats en cours 
de justice. .Ain.si on demande à un accusé : pourquoi 
avez-vous volé ? Cette question captieuse suppose au 
préalable que le prévenu a volé. 



92 



LE(,ONl* l)K Loniqi-R 



!il 



238. Le* préjuges. - Au nombre de» sophisme» - 
avec raison - on met le» préjuRé». Ce sont de» maxi- 
me», de, opinion, courante,, adoptée, ,an, examen. H 
pour ce motif, accueillie, ,an, défiance, mai, gui n'ev 
'ont pa, moin, erronée, o„ équivoque,. Ex. • Le «r.-. 
et le latin ne servent ù rien. Il faut être de son temps 
lous le» hommes sont égaux, etc., etc. Les préjUBé> 
se rencontrent partout. La vie individuelle, familiale 
et sociale en est saturée. <" 

239. Le Paradoxe. - San» être absolument un so- 
phi»me, le paradoxe, cause de multiples erreurs, trouv.. 
ICI tout naturellement sa place. C'ast « un jugement 
qui contredit une opinion cormune ». <•' Cette opinion 
contredite peut être v aie ou fausse. Pour être tenta- 
blement paradoxe, le jugement énoncé doit conlredir.. 
une opinion vraie. Ainsi il est vrai de dire que nous 
sommes essentiellement supérieurs aux animaux brutes, 
c est la vérité commune, c'est l'opinion courante Et 
lorsque Montaigne prétend le contraire, il commet un 
paradoxe, ou mieux, une erreur. 

Les grandes vérités de la religion i mtredisent des 
opinions dominant en certains milieux. De prime 
abord, elles semblent être paradoxales, mais elles ne le 
sont pas. <■) 



'" Cfr. Merci» ouv. cit. p. 246. 
'" Mercier, ibid. p. 268. 
"' Mercier, ibid. p. 270. 



Fin de la DiALECTictus 



LOGIUUE APFLIUHKK 



ou 



CRITÏOUE 



/J«pr./ A«ma.„ .„ .-.laUcn avec leur objet, ceH-à^ire, la 

à-dire Cdîfffl. f ' • ""''* ""'■"'■ "-''"• ''» -■"■'*"'• <••-'"■ 
vér l'de i, fur T*'™" ""' 'i"'*'"'""- P"- discerner la 

,(o„„rr .''*"■*••'"•• d^ '» vérité; itéikodologie. parce qu'elle 
sfairrau":;'"^""*'"' •'-' ■"»*"■""■» -'*"<'" eapab?;;": 

cviàiiiirrr'eLr ""'"■"'' * '" ^™""-""- -"-^ '" ^*"«- 

242. Importance de la critiaue. ~ De par le 
njonde de 1 idée il court tant dV,..eurs. ta.t Tel- 
ph,smes ; ,0, et là. au sujet du même problème sur- 

bien c.ontrad.cto.r. .. Tarfois on est porté à se deman- 



U4 



LEçosH DK i.ooiqi-r 



'^1 
Ml 



ik-r ni, réellement, xiir celte terre, il existe linéique 
chose de certain, s'il y u quelque» propoailions iiux- 
quelles les intelligences, où qu'elles soient, adhèrent 
unanimement sans crainte d'errer. A ces questions 
nn(?oissontes la critique répond affirmativement ; et, 
comme nous le verrons, elle appuie son dire sur des 
raisons, sur des motifs in(ic>nial>les. Une science qui 
arrive à ce consolant résultat est, sans conteste, d'une 
extrême importance. 

243. DlTilions de la critique. - Nous diviserons 
la critique en trois chopitres : Le problème (ch. I) ; 
Let toluiionë de ce proiilème (ch. II) ; Lea connéquenceii 
de ces solutions (ch. III). En effet, en critique, nous 
étudions les opérations de l'esprit en relation avec leur 
objet (le problème) pour voir si elles atteignent cer- 
tainement cet objet (solutions du problème) ; et nous 
arrivons à cette conclusion (conséquence du problème) 
que l'intelligence peut avoir la science des choses. 



CHAPITRE PREMIER 



Le problème 



244. Divisions du chapitre premier. — Ce cha- 
pitre se divise en trois articles : La vérité (!) ; Les diffé- 
rentes attitudes de l'esprit humain en présence de la 
vérité (II) ; La certitude (III). 



<'RITiqt'l! 05 

Arttcl* premier 
LA ViRITl 

245. Définition de U vérité. La vàrHé est 

Yiquatiun entre la rhune iiinniir el l'iittelHgtncr. Cette 
définition rlamiiiiiie de lu vérité demandt' «luclques 
explication». La vérité est une équation, »•! Iiiiu-, un 
rapport entre {'intelligence et la chone connue. Ici, par 
intelligence, on n'exprime pas la faculté elle- m* me. 
mai» le type mental. Vidée qui • ,'>ré!tente lu chose 
connue. Ainsi, on dit de quelqu un qu'il est un rrai 
saint. C'est purée que .sa manière de faire, sa conduite 
est conforme à Vidée, ù lu définition d'un .saint. 

246. Vérité ontologique — Vérité logique 

rite morale, — La rérité ontologique est la en 
d'une chone arec l'intelligence dittine. — La téril ...„..,„, 
est la conformité de l'intelligence créée arec l'objet perçu. 
La rérité morale ou la réraeité. est la conformité du 
langage avec la peniie. 

247. l» vérité cnnsiste duu un rapport. — La 

définition de la vérité prouve suffisamment cet 
énoncé. Et d'ailleurs les affirmations de la conscience 
et le langage le confirment davantage. Ainsi, le bu- 
reau sur lequel j'écris, je ne dis pas qu'il est rrai, mais 
je dis qu'il est eéritablement. craiment un bureau. Par 
conséquent, les attributs rrai, réritaHe ne sont pas 
aflSrmés du bureau, en tant qu'il e.st cor.sidéré en lui- 
même, à Vétat absolu, mais en tant que je le réfère, le 
rapporte à Vidée, à la définition d'un bureau. C'est 
cette référence, c'est ce rapport qui est la vérité. On 
ne dit pas aussi que le nombre 20 est rrai, mais oue 



Vé- 

ormité 
.ugique 



96 



LEÇONS DE LOGIQUE 



10+10 égalent vraiment 20. C'est le rapport entre 
ce» deux chiffres qui est la rM<^. 

248. La Vérité est objet du jugement. - Une 
chose est vra.e lorsqu'elle est conforme à l'idée 
qu. représente sa nature. Cet homme, par exempT 

aS;/V"V'* ""J:^""^' ^ ''■'^^^ <!« *"« père de 

«t bon ^"^^°° ^^^^ """• "'"*■'"""• <=«* homme 

rextensio""'!! .. rf • °" "''''=" '^ ^»J^* A"""»" «o»" 

autre c^ r*"*";*' *"" "^^ ^' f'"-"''- ^'^- 

autre côte on applique l'attribut bon père de famille au 

.u et homme. C'est à faire une synthèse, une compo- 
srtron, c est juje.. Le jugement s'appelle composi- 
1' ~j , "^ ? '"P^'' ^^ conformité -c'est la défi- 
TTJ" 7'« - e.t objet de jugement, ou encore. 
taniTv , * J"8«'»«"'t-N. B. Quoique n'exis- 
tant parfaitement que dans le jugement, la vérité 
cependant ex.ste d'une façon inUiale, i,nparfa^ 
dans la simple appréhension. 

249. Toute vérité dépend de Dieu. - La véHté 
morae consiste dans la conformité du langage avec la 
pensée de la parole avec l'idée. Pour être'vraie. ndé^ 
la LS r ""'^ 'î '^■"'^ ""'«"« ^Présente-c'est 
Dar nt T": ^'- '" "^"'^ '""-'"«"« représentée 
par 1 Idée est nécessairement conforme à l'intelligence 

fdlèr;."""?!"' '""' "' ''"' *^'^'« ''' '" réalisation des 
Idées éternelles - c'est la vérité métaphysique. 

250. L'opposé de la vérité. - L'absence de con- 
formité entre UnteUigence et la chose perçue est l'opposé 
de la venté, c'est la fausseté. Comme la vérité la 
fausseté est ontologique, logique el morale suivant qu'elle 
est le manque de conformité entre la chose et l'intelli- 
gence divine (fausseté ontologique ou mctaphyCe). 



CRITIQUE 



97 



entre 1 intelligence humaine et l'objet perçu (fausseté 
logique) et entre le langage et la pensée (fausseté mo- 
rale, mensonge). Il est évident que la fausseté méta- 
physique „ existe pas. Il y a toujours conformité 
entre la chose et l'intelligence divine, puisque tout ce 
qui existe, est la réalisation temporelle d'une idée 
éternellement conçue. 

Article II 

lES DIFFÉRENTES ATTITUDES DE L'ESPRIT 
HUMAIN EN PRÉSENCE DE LA VÉRITÉ 

251. Les raisons de ces différentes attitudes - 
Le témoignage de la con.,cience et l'expérience quoti- 
<l.enne démontrent que l'intelligence humaine, faite 
pour la vérité, ne s'y achemine qu'à petits pas. Ce 
n est que d une façon fort incomplète, que l'esprit hu- 
main arrive tout d'abord au vrai. Et il en a la pos- 
session complète après avoir passé par différents stades. 
Au reste, la nature de l'intelligence explique aussi ces 
différentes attitudes. Ne pouvant atteindre la vérité 
par intuition, immédiatement, elle a recours à des 
moyens termes, à des points de comparaison ; elle 
déduit des conclusions de principes donnés, bref, elle 
raisonne. Mais des causes d'ordre extrinsèque ■ pas- 
sions, préjugés, un empressement trop hâtif, l'empê- 
chent d arriver du premier coup à la possession totale 
et parfaite du vrai. 

252. Les cinq attitudes de l'intelligence.— L'es- 
pnt humain a cinq attitudes différentes vis-à-vis 
de la venté. En effet, ou il ignore la vérité, ou il 



II 



'"' LEÇONS DE LOGIQUE 

la méconnaU, c'est-à-dire, ne l'admet pas comme telle 
Dans le premier cas, l'attitude de l'esprit s'appelle 
ignorance, dans le second cas, erreur. Entre ces deux 
états extrêmes l'esprit peut se mouvoir. Entre Vigno- 
rer et le méconnaUre il y a le connaUre avec ses diffé- 
rents degrés. La connaissance est initiale, -possible, on 
appelle doute ; de possible elle devient probable, c'est 
1 opinion ; de probable elle devient hidente, c'est la 
certitude. Ainsi donc, cinq attitudes : Vignorance, le 
doute, I opinion, la certitude et Verreur. 

253. L'ignorance. — L'ignorance est le manque de 
connaissance dans quelqu'un capable d'avoir cette con- 
naissance. 

254. Igrnoranco négative et privative. - L'igno- 
rance négative ou nesc{ence est le manque de connaissance 
dans quelqu'un capable de l'avoir, mais qui, par devoir 
n est pas tenu de la posséder. Ex. : Qu'un charpentier 
ignore la chimie, c'est une ignorance négative ou une 
nescience. ~ L'ignorance privative est le manque de con- 
naissance dans quelqu'un qui, par devoir, est tenu de 
l avoir. Ex. : C'est pour le médecin une ignorance 
privative que de ne pas connaître la médecine. 

255. Ignorance vlncible et invincible.— L'igno- 
rance vmcMe est le manque de connaissance dans celui 
qui peut le faire disparaUre. Ex. : Est dans une igno- 
rance vincble de sa religion celui qui par paresse ou 
quelques raisons futiles assiste toujours à une messe 
basse ou Ion ne donne pas d'instruction. — L'igno- 
rance invincible est le manque de connaissance dans 
celui qui ne peut pas le faire disparaUre. Ex • Est 
dans une ignorance invincible de telle ou telle recom- 
mandation faite par le curé, la mère de famille qui, le 



CRITIQUE 



99 



dimanche, pour avoir soin de ses enfants, ne peut pas 
aller à l'église. 

256. Ignorance coupable et excusable.— L'igno- 
rance coupable est le manque de connaissance dans celui 
dont le devoir est de posséder cette connaissance. Ex. : 
Est dans l'ignorance coupable le professionnel qui 
n'étudie jamais. — L'ignorance excusable est le manque 
de connaissance dans celui qui, par devoir, n'est pas tenu 
delà posséder. Ex. : Est dans l'ignorance excusable le 
médecin qui ne sait pas le droit. 

257. Les causes de l'ignorance. - Les causes de 
1 Ignorance sont multiples. Elles peuvent être volon- 
taires ou involontaires. Parmi les causes volontaires, 
citons : la paresse, le défaut de méthode, le manque de 
persévérance, etc. Sont causes involontaires, le manque 
de talent, le défaut de santé, une situation précaire, un 
milieu peu favorable à l'étude. 

258. Le doute. — Quand \' esprit humain n'adhère 
m à l'une ni à l'autre des deux parties qui sollicitent son 
adhésion, il est dans l'état de doute. Il a fait un pas 
de plus, il n'ignore pas, il entrevoit quelque peu la 
vérité, mais il n'y adhère pas encore. 

^259. Le doute négatif et positif. -Lorsque Vesprit 
n adhère pas à ce qu'on lui propose, parce qu'il n'y a 
aucune raison, alors le doute est négatif. Si, au con- 
traire, il n'adhère pas à ce qu'on lui propose parce que 
les motifs invoqués pour ou contre, lui apparaissent d'une 
égale valeur, son doute est positif. 

260. Le doute méthodique. — Le doute métho- 
dique est la suspension provisoire du jugement sur une 
question afin d'en bien contrôler la probabilité ou la cer- 
tifnde. C'est un moyen employé pour arriver plus 



100 



LEÇONS DE LOGIQUE 



I 



sûrement a la vérité. C'est ce doute méthodique qu'a 
m>s en usage samt Thomas d'Aquin. dans sa Somme 
Ihéologique. Ce doute, comme on le voit, se dis- 
tmgue du doute universel des sceptiques qui n'est que 
la négation systématique de toute certitude. 

261. Les cau.u du doute. - Les principales causes 
du doute sont les dispositions naturelles de certains 
esprits, l éducation reçue, les opinions étranges, contra- 
dictoires, émises sur la même question dans le cours 
des âges, les difficultés à vaincre pour arriver à la cer- 
titude. . . etc. 

262 Le soupçon. - H arrive, qu'après avoir dout^^. 
l esprit commence à adhérer à ce qu'on lui propose, il 
incline vers une partie plutôt que vers l'autre ■ c'est le 
soupçon. Ce n'est pas encore Vadhésion, mais un com- 
mencement d adhésion. 

263. L'opinion. -Si l'esprit adhère à ce qu'on lui 
propose, tout de même, avec crainte de se tromper, alors 
on dit qu II opine. C'est l'opinion. Ce n'est pas encore 
la /erme adhésion, laquelle ne laisse aucune place à la 
crainte de se tromper, mais cependant, c'est une ad- 
hésion, basée sur des motifs qui la justifient. Dans 
I opinion, la vérité n'apparaît pas encore à l'esprit sous 
un jour complet, dans toute sa réalité ; ce n'est pas 
encore la pleine lumière chassant toutes les ombres • 
c est une lumière, tout de même, mais vacillante ; elle 
éclaire, mais imparfaitement. La proposition apparaît 
a 1 esprit comme probable. 

264. La probabiUté.-La probabiH' ,. est .cette 
lumière imparfaite sous laquelle le vtl. apparaît sou- 
'^^"*'' """■^ ««prit »■ '■' La probabilité d'une opinion 

(1) Lahr. ouv. cit., p, 5S0. 



CRITIQUE 



101 



varie avec la valeur des motifs qui sollicitent notre 
assentiment. 

265. Probabilité intrinsèque et extrinsèque. - 

La probabilité e>t intrinsèque longue les raisons pour 
lesquelles Imtelligence adhère sont tirées de la nature 
même de la question dont il s'agit. — La probabilité est 
extrinsèque quand les motifs d'adhérer se ramènent au 
témoignage d un quelqu'un, ou d'un livre. 

266. Probabilité mathématique et morale ^I a 
probabilité est mathématique lorsque « tous les cas pos- 
sibles étant de même nature et connus à l'avance 
leur degré de probabilité peut être évalué sous forme 
de fraction dont le dénominateur exprime le nombre 
de tous les cas possibles, et le numérateur le nombre 
des cas favorables ». <■. Soit dans une loterie où il y a 
cinq cents numéros en circulation. Sur ce nombre 
cinquante sont appelés gagnar'^. La probabilité de 
gagner sera -^ . C'est sur ce calcul que se basent 
les compagnies d'assurances pour déterminer le mon- 
tant de leurs primes. Supposons que sur 100 maisons 
Il y en ait 5 qui brûlent chaque année. La compagnie 
présente sa perte probable par la fraction -^ ou 

« . Et donc, comme montant de prime, elle exigera 

û-v.- , "^^^""^ ^^ ''''*'>"^ '"«'»°°- — I-a Proba- 

bilKe morale ne peut pas être assimilée à la probabilité 
mathématique. Aussi bien, on ne peut l'exprimer par 
une fraction. Cette probabilité, elle s'appuie sur les 
mœurs, les us, les coutumes : autant de contingences de 
toutes sortes qui varient avec Us individu, et sont soumises 
à leur libre arbitre. « En pareille matière, il faut peser 
les pro babilités plutôt que les compter, et faire la part 

(1) Lahr, ouv. cit., p. 561. 



102 



LEÇONS DE LOGIQUE 



l'I 



de chaque inconnu ». <■> Voilà pourquoi dans les ques- 
tions de morale, d'histoire, de sociologie, on ne peut 
pas faire application, sans danger, de la méthode ma- 
thématique. Ça été le tort de Descartes. 

267. La CerUtude. — Enfin l'esprit arrive à la pos- 
session totale, parfaite de la vérité. C'est la certitude. 
Si nous comparons cet état aux autres, nous pourrions 
l'appeler. Vétat de béatitude. Dans la certitude, en 
effet, la vérité se manifeste clairement à l'esprit, elle 
apparaît dans toute sa splendeur, en un mot, elle est 
évidente. Se présentant comme telle, la vérité ne peut 
pas ne pas solliciter l'adhésion de l'intelligence ; et, 
comme telle, aussi, elle exclut toute possibilité d'errer. 
Cette adhésion ferme de l'intelligence, excluant toute 
crainte de se tromper, appelée certitude, est un état 
subjectif : je suis certain, disons-nous couramment. La 
splendeur de la vérité, cette lumière sous laquelle le 
•'rai apparaît d'une façon parfaite à l'esprit, c'est une 
gualiU de l'objet, c'est objectif. C'est l'évidence. Cela 
est évident. L'article suivant est entièrement consacré 
à la certitude. 

268. L'erreur. — L'erreur est la méconnaissance de 
la vérité. Elle n'est donc pas la vérité limitée mais bien 
la négation complète de la vérité. Est dans l'erreur 
celui qui juge qu'une chose est, lorsqu'elle n'est pas — 
et réciproquement. L'erreu"- et la fausseté ne doi\cnt 
pas se confondre. La fausseté regarde l'objet, l'erreur 
se rapporte au sujet. On dit d'une chose qu'elle est 
fausse et de quelqu'un qu'il est dans l'erreur. 

269. Les causes de l'erreur. — Multiples et variées 
sont les causes de l'erreur. Elles viennent ou de nous- 



(1) Lahr, ouv. cit., p. S5I. 



CRITIQUE 



103 



même» ou hors de nous-mêmes. I^s causes qui viennent 
de nous, appelées intrinsèques, sont tour à tour attri- 
buées aux sens, à Vimagination. à V intelligence, aux 
inclinations, aux passions et à la rolonté. Les causes, 
hors (le nous-mêmes, ou extrinsèques, sont surtout 
Venseignement et la lecture de litres erronés. De là 
l'importnnce de ne laisser enseigner que les professeurs 
à l'abri de toute erreur doctrinale et de ne lire que des 
livres recommandables. 

270. Bemèdes & l'erreur. — .\ux différentes causes 
de l'erreur, il faut opposer les remèdes correspondants. 
Si l'erreur vient du côté des facultés cognoscitives (sens, 
intelligence) il faut apporter des remèdes logiques ; si, 
au contraire, l'erreur dépend de la volonté, il faut se 
servir des remèdes moraux. — Pour bien juger et ne 
pas se tromper, il faut que l'intelligence suive les règles 
de la logique, il faut que les sens, l'imagination, par 
exemple, tiennent leur place, et ne tendent pas vers 
des objets qui ne sont pas de leur ressort. — Par ail- 
leurs, notre volonté est souvent portée aux excès : elle veut 
trop, elle ne reut pas assez. Alors, il y a deux défauts 
à éviter : la précipitation et la nonchalance. A la pré- 
cipitation opposons la patiente, la conviction intime que 
la vérité est la récompense de longues études — les hommes 
qui ont fait leur marque, nous en sont la preuve. A la 
nonchalance opposons la salutaire pensée du devoir, une 
activitée ordonnée et réglementée, la bonne habitude de 
faire chaque chose en son temps. 

Enfin, un grand remède à recommander, c'est la 
défiance de soi-même. Combien sombrent parce qu'ils 
croient trop en leur facilité. S'il n'y a pas de pires 
aveugles que ceux qui ne veulent pas voir, il n'y a 



104 



LEÇONS DE LOOiqUC 



È.; 



¥n 



oertainement pa, au.„i do pire, .ophistes ,«e eeuT gui 
erntmt ne jamais te tromper. ' 

Allons à la vérité non seulement avec l'intelligence. 

enUère pour parier comme Platon. Et, selon Male- 
branche. « le me.l eur précepte de logique . ..'est d'être 
« un homme de bien ». Pour devenir , un homme de 
b.en ». . faut mettre en pratique les préceptes de la 
morale évangéhque ; d'où la nécesnté de recourir à 
Dteu par la pnère Dieu seul nous donnera les moyen" 
terreur' ^'^'""""/.^-«ent et constamment contre 
erreur. Si nous évitons l'erreur, nous arriverons cer 
tamement à Celui qui s'est proclamé la vérl e Eo 
>um tentas. '■ 

Article III 

LA CERTITUDE 

271 Définition de la certitude. - La certitude 
est la ferme adhésion de l'esprit à la vérité sans aucune 

inttr '"""'u ''^•"*''^' """'' p'- -"« «™ 

s.on craintive, appelée opinion, et encore moins cette 
hésitation nommée doute. C'est l'adhésion complète 
^re a la vérité, c'est la possession parfaite Tîà 

272 Certitude et vérité. - On peut dire qu'entre 

èxisi t " T'''"''' " ^ " '"^ -"^-^ relation q^ 
existe entre un objet et sa possession parfaite. La rela- 
tion de conformité entre une chose connue et sa défi- 
mtwn son type idéal, voilà ce qu'est la vérité Que 
1 espnt voie, saisisse cette ralation de conformité au 
po nt de n éprouver plus aucune crainte, aucune hési- 
tation, voila la certitude. Or connaître une chose 



TRITIQUE 



105 



c'est pour l'intelligence, posséder cette chose, puisque 
\>iconnai„ance n'existe qu'en autant que la rhce connu» 
est dans celui qui connaît. 

273 C«u.e de U crrtltude. - Quelle est la raison 
pour laquelle 1 intelligence adhère fermement à une 
vérué sans aucune crainte de se tromper? C'est parce 
que la venté lu. apparaît si clairement qu'elle ne peut 
pas ne pas y adhérer. C'est l'évidence. 

274 L'évidence. - Vévidence est la spUndeur de la 
vente ,„. dHermme l'adhésion ferme de Vintelligence 

de dw me de la vérité, c'est la vériti elle-même qui rea- 
plendit a l intelligence. 

275 Evidence Immédiate et médlate.-Lorsque. 
pour être arim.se il suffit à une rérité d'être simplement 
présente al intelligence, alors on dit qu'elle est évidente 
d une évidence immédiate. Si, au contraire, pour être 
admise une vérité a besoin d'être démontrée, elle est évi- 
dente d une évidence médiate. Ainsi cette proposition • 
Le monae existe, est évidente d'une évidence immédiate. 
puisque I intelligence l'admet tout de suUe, immédiate- 
ment, sans recourir à des moyens de démonstration, 
i // """""•'<'«^' «^"e vérité a besoin d'être 
démontrée. Ce n'est que par le moyen de preuves 
convaincantes que l'intelligence y adhère. 

276. Évidence intrinsèque et extrinsèque — L'^- 
ridence est intrinsèque lorsque Vintelligence adhère ferme- 
ment à une vérité immédiate ou médiate à cause de la 
claire perception qu'elle a du rapport existant entre le 
sujet et l attribut qui exprime cette même vérité Ex • 
Le tout est plus grand que l'une de ses parties C'est 
une vérité immédiate, évidente d'uhe évidence intrin- 



I 



106 



LEÇONS DE LOGIQUE 



II 



sèque. — L'Ame est immortelle — C'est une vérité m^- 
diai» évidente d'une évidence intrinsèque. — Cette évi- 
dence s'appelle encore évidence de vérité. — L'évidence 
est extrinsèque si l'intelligence adhère fermement à une 
vérité à cause du témoignage de' autres. Ex. : Londres 
existe. — C'est Vécidence de crédibilité. 

277. Certitude métaphyiique. — La certitude mé- 
taphysique est la ferme adhésion de l'intelligence basée 
sur l'essence même de l'objet proposé à siin arsentiment. 
Ex. : 2 + 2-4. De cette vérité l'intelligence en est 
certaine d'une certitude métaphysique. Cette certi- 
tude ne souffre jamais d'exceptions. 

278. Certitude physiqv.e. — La certitude physique 
est la ferme adhésion de l'intelligence basée sur les Lis 
physiques librement statuées par Dieu. Cette certitude 
admet des exceptions. Ce sont les miracles. 

279. Certitude morale. — La certitude morale est 
la ferme adhésion ' •■ l'intelligence basée sur des motifs 
d'ordre moral tels que les usages, les coutumes, etc. 

280. Certitude de science. — Quand Vintelligence 
adhère fermement à une vérité qu'elle comprend d'une 
façon immédiate {vérité indémontrable) ou médiate (vérité 
démontrée) alors la certitude est appelée certitude de 
science. L'évidence de vérité (276) est la cause de 
cette certitude. 

281. Certitude de fol. — La certitude de foi est la 
fer.ne adhésion de l'intelligence A une vérité à cause du 
témoignage. Si le témoin est un homme, la certitude 
est de foi humaine. . Si le témoin est Dieu, la certitude 
est de foi ditrine. 

282. Certitude nilgaire et philosophique. — La 
certitude vulgaire, directe, implicite est la ferme adhésion 



CRITIUVB 



107 



dt l'intelligence bâtée fur de» motifi térieux mait qui 
n'ont pas fait l'objet d'une élude attentive et réfléchie. 
La certitude philosophique, réfléchie, explicite est la 
ferme adhérion de l'intelligence baeée tnr m Hude mé- 
thodique, fouillée, de la ijueetion. 

283. Lai degrés du» U oertituda. — Lu certitude 
est la ferme adhéni' u de l'intelligente à une vérité 
lana aucune craint' Je te tromper. En tant que ferme 
adhétion, la certitude admet det degrét, suivant la 
valeur des motifs qui commandent l'assentiment de 
l'esprit. Ainsi, après de longues recherches, l'astro- 
nome qui prédit d'une façon indubitable une éclipse 
de lune ou de soleil, est plut certain, adhère plut ferme- 
ment, que celui qui n'a aucune connaissance de la cos- 
mographie. Envisagco comme excluant toute crainte 
d'errer, la certitude n'admet pat de degrét. En effet, 
l'eitentiel de toute certitude est d'exclure l'erreur. Or 
toutes les choses d'une même espace ont une ettence 
égale. Et donc, toute certitude, quelle qu'elle soit, 
exclut l'erreur au même degré. 

284. Certitude et erreur. — La certitude et l'erreur 
sont deux attitudes opposées de l'esprit en face de la 
vérité. Tandis que dans l'état de certitude l'intelli- 
gence adhère fermement à la vérité, dans l'erreur, 
l'esprit donne son assentiment à la fausseté. Or la 
fausseté est la négation de la vérité. L'erreur est donc 
aussi la négation de la certitude. — La vérité et la 
fausseté concernent l'objet connu — la certitude et 
l'erreur sont des attitudes du sujet qui connaît, c'est- 
à-dire de l'esprit humain. — Cependant, on peut ad- 
hérer à une fautaeté tant crainte de te tromper — dans 
le cas de bonne foi. par exemple. Toutefois, il n'en 
reste pas moins acquis que seul le vrai peut comman^-- 



108 



LEVONH DB UMllgUE 



iMiientiment ferme de rintelli((enre. parce que lui 
Mul répond à ws tendance!. — Ce»» le point théoriqu: 
Mai», en pratique, il y a des fauisetéa moralement iné- 
vitable» — et partant excuiablei — auxquelle» l'esprit 
adhère avec fermeté lani <e douter qu'il est dan» 
I erreur. 

285. A r.uol i« runèn* le prob'èm». -Faite pour 
la vérité, l'intelligence peut-elle y arriver d'une façon 
certain ' Voilà tout le problème. - Le» trois articles 
de ce i.,..(Mtre premier ont eu pour but de définir le 
termes du problème. Une fois le problème posé, il est 
tout naturel d'en chercher la solution. C'est l'objet 
du chapitre suivant. 



CHAPITRK II 



M. 



Le» nolutionii du problème 

9M. DiTiiions du chapitre deuxième. — Nous 
diviserons ce chapitre en dix articles. Les trois pre- 
mier» articles contiendront les trois solutions d. .nées 
au problème : La solution agnostique ^art. I) ; La ilu- 
tion sceptique (art. II) ; La solution dogmatique {art. III). 
Cette dernière solution proclame que nos facultés co- 
gnoscitives sensibles (art. IV) et intellectuelles (art V) 
ainsi que Vautorité (art. VI, VII, VIII, IX) sont des 
moyens d'arriver à la certitude ; et, pour ce faire, elles 
doivent avoir un motif, un critère (art. X) qui leur 
permette de distinguer la vérité de la fausseté. 



cHiTigui: 



100 



ArtieU pramlar 
LA BOLVTIOK AONOSTIQUI 

obi! '^^'''".''""l'h'e qui limite la i^rtitude à tel ou tel 
Objet I net donc pa» absolument la négation mais 
. /.m.*a/.o„ de la certitude. Pour le., un, la connal ! 
..nce certame .,e borne à „„., étais de conscience, c'e,t- 
â-dire a ce qui ,e pa«*e en nou, seulement ; pour les 
autres la certitude s'arrête aux mérités d'ordre'^nJe 
Au delà de nos état» de conscience y a-t-il queloue 
chose de réel? N„n. répond catégoriquement' Taie 
(ph.lo.,„phe français. 1828-1893). nous'ne saurions le 
dm. reprend htuart Mill (philosophe anglais, 1806- 
' b„,s" '*«'*'•«,«•«'' ^als de conscience enseigne 
»/ Spencer (philosophe anglais. 1820-1903) existe 
Kéei. I Absolu appelé l'Inconnaissable que nous ne 
f uvons pas connaitre mais auquel nous devons croire 
C. x qui limitent la certitude aux faits sensibles seu- 
lement, on les nomme positivistes. Selon ces philoso- 
phes, .seul le fait brut est connaissable et certain. Le 
pourquo,. le comment de ce fait, rdm., Dieu, tout cela 
peut être objet « d'hypothèses, de croyanc;s. d'espÎ 
rances. mais non de certitudes scientifiques ». Les 

qui limitent le royaume de la connaissance certaine. 

288. Agnosticisme et certitude. - Pour les agnos- 
tiques, le champ de la certitude est donc très borni 
Aux questions si souvent posées : sommes-nous cer- 
.«s de telle ou telle chose, par de-là ce monde sel 
sible qu. nous entoure, y a-t-il quelqu'eutilé réelle. iU 
répondent : nous ne savons pas. nous ignorons. La 



1.0 



LEÇONS DE LOGIQUE 



•m 



certitude, celle surtout dont l'objet est le suprasensible, 
le métaphysique, a été si souvent contredite, à son sujet 
se sont soulevées tant de discussions, qu'il est très 
prudent de s'abstenir de toutes recherches. Le mieux 
est de reconnaître franchement l'énigme et de ne pas 
s'épuiser en vains efforts pour le résoudre. Et donc, 
limiter la certitude, la confiner dans un domaine fort 
restreint, pour ne pas dire plus, voilà le but de l'ugnos- 
ticisme. 

289. Critique de l' agnosticisme. — » Cette limi- 
tation de la certitude prônée par les agnostiques n'en 
est q".e la négation déguisée. En effet, renoncer à la 
recherche di,i causes, reléguer dans le domaine de l'in- 
connu ou de l'inconnaissable, ce que Auguste Comte 
(philosophe français, 1798-1857) a appelé « entités ca- 
chés », « qualités occUltes », n'est-ce pas à peu près 
dire : il n'existe aucune certitude, au moins scientifique ? 
La science est la connaissance des choses par leurs 
causes, et savoir les causes, c'est avoir la certitude. 
L'agnosticisme, qui renonce à la recherche des causes, 
est donc la négation de la certitude. — " Au reste, le 
k.iotif invoqué par les agnostiques, est sans valeur. 
Selon eux, les discussions auxquelles donne lieu la mé- 
taphy.sique (science qui recherche les causes), les divers 
systèmes qu'elle abrite, légitiment cette abstention à 
l'égard de la certitude. Nous pouvons répondre en 
aflSrmant que cet état de choses n'est pas le fait de l'im- 
puissance radicale de raison humaine à atteindre la 
certitude scientifique, — comme ils se plaisent à le 
proclamer — mais plutôt, il doit être attribué aux 
difficultés que font naître les problèmes discutés, au 
défaut de méthode, et, souvent aussi, aux préjugés. — 



CRITigUE 



111 



• Ajoutons que les agnostiques font preuve d'une pré- 
entm arb.tra.re en disant à la raison humaine 'd 
s arrête ta puissance, tu n'iras pas plus loin. 

Article II 

LA SOLUTION SCEPTIQUE 

290. Le scepticisme. -- H n'y a rien ^, w • 
telle est la formule chère à tous L ll^L'^Tnl 
nient pas pour cela l'existence de toute certitude 
Comme tout le monde, ils admettent que noursommeJ 
en possession d'une foule de oroyances'auxquë le."!;'" 
tanement l'espnt adhère sans aucune crainte de "e 
tromper Ma.s. cette certitude, patrimoine de tous 
n est qu ^rnp^cile selon eux, et mérite, tout au plus ^ 
nom d aveugle crédulité. Les sceptiques contesteÏÏJc 
la va eur motnée, légUin^e, de nos adhésions à a "érÎé 
en d autres termes, ils rejettent la certitude SV 
Phique, scientifique ou explicite (282) • ou encorll 
contestent à la raison humaine la pii.anceTa^rlve: 
a la connaissance scientifiquement démontrée et réflé 
ehie de la vérité. Ils déclarent toutes nos facultés 
çog„osc.t,ves. sensibles et intellectuelles, absoTumen 
incapables d'atteindre à la certitude philosophique 

291. Le scepticisme dans l'histoire. - Au cin 
quieme siècle avant J.-C. les sophistes Gorgias et Pro 
tagoras prétendent, contre les physiciens defur temps" 
que la recherche de l'essence des choses n'aboutît à 
rien- Au reste selon les besoins de la cause, ces so! 
phistes soutenaient indifféremment le pour et le contre 
rhon f r '!^,''"^'t'°"«• Denx siècles plus tard, Pyr! 
rhon et Arces.las, suivant l'orientation morale et utH^ 



112 



LEÇONS DE LOGIQUE 



taire qu'avait prise la philosophie, déclarent impossible 
et inutile la recherche d'une certitude théorique ; le 
mieux, c'est de suspendre son jugement sur toutes 
choses. La Nouvelle Académie, avec Carnéade, prêche 
la probabilité, c'est-à-dire une sorte de scepticisme 
relatif. Les néo-pyrrhoniens, Ptolémée de Cyrène, 
Aenésidème et Sextus Empiricus font litière de toute 
certitude. 

« Au moyen âge, le dogmatisme règne universelle- 
ment dans les écoles philosophiques. 

« Dans son engouement pour l'antiquité, la Renais- 
sance essaya dv faire revivre le s; cpticisme antique ; 
les noms de Montaigne, de Charron, du Portugais 
Sanchez, etc., sont associés à cet effort, qui fut d'ailleurs, 
sans grande importance. Les systèmes du XVIIe 
sii> le, que l'on taxe parfois de scepticisme, sont plutôt 
des formes du dogmatisme : tel le scepticisme philoso- 
phique de Pascal qui, désespérant de la raison raison- 
nante laissée à elle-même, interroge les « raisons du 
cœur » et les inspirations de la grâce surnaturelle ; tel 
encore le scepticisme moral et religieux de Huet et de 
La Mennais qui, dé.sespérant de la raison naturelle, 
demandent à la foi de suppléer la philosophie ». "> 

292. Critique du scepticisme. — » Il est opposé 
aux tendances de la nature humaine. Tout homme dé- 
sire connaître, dit Aristote. En énonçant ce jugement, 
le Stagyrite proclame une grosse vérité. Nous voulons 
savoir, et ce, non pas d'une manière quelconque, mais 
d'une façon certaine et sérieusement motivée. C'est 
l'aspiration de toute nature raisonnable ; voilà le fait 
incontestée et incontestable. Or, de leur côté, les 
sceptiques prétendent que rien n'est réellement certain, 



(1) Mercier, Critiriologie, p. 56. 



CRITIQUE 



113 



"Les sceptiques se contredisent. Selon ei.v n„. / 

de nos facultés pour la côSte de ""P"'^— 

nWpa.u„ev.Htéi„dé™o"S:^,'ÏiSt.r 

ments valables FnH^T "'"" '**'' """'^•' '^^' "'S^' 
avant de I affl™et"„îrdû" 'h"'"*^^' '^^ ^•^^P""""' 
radical. , rSient hll „f -o"/? TT'"'"*^ 

tredire? est-ce pas se con- 

293 Quelques objections. - n x^, - „,,. 
«noscitives se trompent souvent, dise^tles scënt '"" 
Il faut donc se défier d'elles et n',! 1 "<^«Pt'q"es. 
leurs informations. - rTZsT- uT"' """'"" '^^ 
JaeuU, n„,eiuves se Cm^ent^rLlTmaT s eT 

»".t-. nécessatrement. logiquement que l'on T W 

ir dm-ceTer: """ i;^^^^^:r: 

noussommes^l^os^rd^^rut/T^rr^^^^ 
judicatoires » selon !•»-„. . ^^f^^' " « instruments 

discerner le v'ra Îu flu7 Td' îl ^''°"*"'''"^' """^ 
le disons plus loin (3 2) la r!, ' t ""' """""^ ""«' 
non pas S. .a l^if/.'^p ^^^i^-pf f^^ 

--.-i«.«^-co..e^,c'esni:lJ^'Ï/::,i 



114 



LEÇONS DE LOGIQUE 



d'ordre extrinsèque, comme les passions, les préjugés, 
etc. — " Pour admettre l'existence de la certitude, il 
faudrait démontrer que l'esprit humain est apte à con- 
naître d'une façon certaine. Et, précisément, cette 
démonstration suppose ce qui est en cause, c'est-à-dire, 
l'aptitude de l'esprit à connaître d'une manière certaine. 
Cet argument nommé dillèle (l'un par l'autre) est un 
cercle vicieux. — Réponse : Cette objection aurait de 
la valeur si toute vérité était démontrable, ou bien, si 
la démonstration était Vunique moyen d'arriver à la 
certitude, ou encore, si tout ce qui n'est pas démontré 
était incertain. 11 y a beaucoup de vérités tellement 
évidentes qu'elles s'imposent A' elles-mêmes à l'esprit. 
Or Yaptitude de la raison humaine à arriver au vrai est 
une de ces vérités. On peut ajouter que cette aptitude 
se démontre d'une façon indirecte (207). Les scepti- 
ques eux-mêmes, en réalité, admettent cette aptitude. 

294. Le doute cartésien. — Dans l'histoire de la 
philosophie, le doute cartésien se présente comme une 
méthode employée par le grand philosophe français 
« pour bien conduire la raison » et arriver sûrement à 
la vérité ; d'où le nom de doute méthodique. On peut 
dire que la méthode de Descartes comprend deux 
phases successives dont l'une est destructive et l'autre 
constructive. La première phase nous montre E'escartes 
résolu de feindre que toutes les choses qui lui « étaient 
jamais entrées dans l'esprit n'étaient non plus vraies 
que les illusions de ses songes ». Dans la seconde 
phase, après s'être défait de toutes ses croyances comme 
d'autant d'illusions, le philosophe s'aperçoit qu'il ne 
peut pas douter de sa propre existence, sa pensée lui 
en est une preuve indubitable. « Je pense, donc jo 



CRITIQUE 



115 



n/r;/-r-'r*"''- " ^' "'""' <'""'• > "»■•'. (cette ve- 
nté) était s. ferme et si assuré que toutes les p us "xtra 

capab.es de I ébranler, je jugeai que je pouvais la rece 
voir .ans scrupule pour le premier principe de laThl" 
losophie que je cherchais ». <■) f ue la pni- 

295. Le doute cartésien est un doute réel ~ Le 
douteux Le doute est méthodique lorsqu'on « se com 

r^- sou ,a dépendate'deTtCrrfrdLt 
réel, tout au moins au moment où on le consiSe 
formdlement comme doute réel, n'est pas sous là dé 

elle en: d'" '^ ^•'"-*^;, «-^ - oontra're. s'imjose î 
elle et la domme ... a, u ^>^,^ ^ ' 

le dou e méthodigue ou yîrt,/ est légitime. C'est un 
procède scientifique so-. .ent employé 

Descartes a-t-il douté méthodiquement ou réellemeut » 

(1) Cité par Mercier, Critériologie, p. 66. 

(2) Mercier, ibid., p. 67 

(3) Ibid., p. 68. 

(4) Ibid., pp. 71-72-73. 



116 



LEÇONS DE LOGIQUE 



u p 



précaution de soustraire A l'action dissolve de sa critique seH 
croyances morales et religieuses ? Quel mal pouvait-il voir i con- 
trôler méthodiquement la validité de ses convictions morales et de 
sa foi religieuse ? N'avons-nous pas entendu saint Thomas d'Aquin 
mettre en que ton, par méthode, l'existence de Dieu et la survi- 
vance de l'Ame dans une vie future ? Descartes en juge autrement. 
C'est donc que, dans sa pensée, le doute n'est pas une simple fiction 
sans conséquences, mais une menace pour la possession réelle de 
la certitude et de la paix de l'Ame. . . 

s Ëh bien, non, Descartes ne feint pas de douter. En réalité, 
il veut douter et se donne à lui-même des motifs de douter de tout 
ce qu'il avait jusqu'à présent, à tort ou A raison, tenu pour certain : 
il se persuade qu'il doute parce qu'il ignore si les opinions qu'il a 
dans l'esprit sont vraies ou fausses : dans cet état d'Ame, î^ doit, 
comme les sceptiques, suspendre son assentiment, ne juger ni vraies 
ni fausses ses opinions s. 

Nous conclurons donc avec l'éàninent philosophe que le doute 
cartésien n'est pas méthodique mais bien riel et universel. 
i 

296. Critique du doute cartésien. — ■> Par sa 

méthode. Descaries ferme la voie à toute vérité. Les che- 
mins qui nous < nduisent à la vérité sont nos facultés 
cognoscitives, .sensibles et intellectuelles, ainsi que l'en- 
seignement ou le témoignage des autres. Or, dans la 
première partie de son Discours sur la méthode, le phi- 
losophe français récuse la valeur de ces mêmes facultés 
et du témoignage. Il empêche donc tout esprit d'ar- 
river à la certitude. — '> Descartes commet un illogisme. 
Dans la première partie de son discours. Descartes 
doute de sa conscience, de ses facultés cognoscitive.s, 
« avec dessein et de propos délibéré » ; et, dans la 
seconde partie, pour établir son principe je pense donc 
je suis, il fait appel à la conscience, à l'intelligence et 
aux sens. « Pendant que je voulais ainsi penser que 
tout était faux, écrit-il, il fallait nécessairement que 
moi qui le pensais fusse quelque chose ». 



CRITIQUE 



117 



avec des intentions <ioJ:à;:i:7.JZ^:,':Z^^^ 
au. ™émes résultats ,ue le sc^ticisme abl^Iu (295) ' 

Article III 

LA SOLUTION DOGMATIQUE 

cussion à ce sin'pt p„. ^ ■ aucune dis- 

m«t;,™„ • • ^ ■- " ''°"*'''=' '^ partisan du doe- 
matisme ams, compris rejette à priori toute thèse 
toute opj„,o„ qui ne cadre pas avec ses idée CW 
la. pour le mo.ns, du dogmatisme na,f, e.aglé 11 va 

question dans le présent article 

parflronl*" S^"""*/^ '"^ ."^''*^^- rai,onnable, que hous 



118 



LEÇONS DE LoaiquE 



certitude comme un fait incontestable, en considérant 
tout de même qu'il y a des propositions pouvant être 
soumises à une plus sérieuse étude, et, au sujet des- 
quelles, il est louable, recommandable même, de sus- 
pendre son assentiment. 

299. Les preuves dvi dogmatisme. — On peut 
prouver la vérité du dogmatisme, de deux manières : 
Indirectement et directement. — Indirectement. — Que 
la certitude existe, la réfutation de l'agnosticisme (289) 
et du scepticisme (292) le prouve à sa manière. Direc- 
tement. — o) La nature de l'homme prouve l'existence 
de la certitude. Au dire d'.\ristote, tout homme désire 
connaître. Et cette tendance à adhérer à certaines 
vérités d'une façon ferme, sans crainte d'errer, est uni- 
formément la même chez tous les hommes. Si la cer- 
titude n'existe pas, comment expliquer cette tendance 
qui est un fait indéniable et universel f b) La nature 
même de la certitude prouve aussi son existence. La 
certitude est l'adhésion de l'intelligence à une vérité, 
adhésion qui exclut toute crainte de se tromper. C'est 
l'attitude la plus parfaite de l'esprit humain vis-à-vis 
de la vérité. L'existence de cette attitude est évidente, 
elle s'impose. Voudrait-on en effet la nier? Par le 
fait même on adhère fermement à cette assertion : La 
certitude n'existe pas. Voudrait-on la révoquer en 
doute ? On adhère à cette autre assertion : L'existence 
de la certitude est douteuse. Et donc, dans les deux 
cas, il est admis que Vesprit adhère fermement à quelque 
chose, et sans crainte de se tromper. Cette adhésion 
ferme, c'est la certitude. 

300. Les vérités qui s'imposent. — Il est évident 
que tout ne peut pas se démontrer, directement, du 
moins. Il faut admettre certains points fixes, indubi- 



OBITIQUE 



119 



table», bases de nos opérations intellectuelle». C'est 
ce qu on appelle les véritts qui .-imposent. Ces vérités 
on peut les ramener à quatre : 1) l'existence d'un sujê; 
qu. peut connaître ; 2) l'existence d'un objet qui peu 

et 1 objet ; 4) l'existence d'un m<m„m. d'un moyen ou 
permet de distinguer la connaissance certaTne de la 
connaissance fausse. 



Article IV 
LïS FAOUlTiS COONOSCITIVES 8IN8IBLCS 

vmmédtaUd opération. C'est ce par guoi nous agissons, 
1 appâ./.o„. en d'autres termes, nous connai..on. et 

nZS™"* "" ""' 'ti* ''"'^J^' '•'= ""''« connaissance, 
nous «endon.. nous inclinons vers lui. Il y a donc deux 
espèces de facultés : la faculté cognoscitil et X^facMé 
apptU.e. De celle-ci. il sera question en Psychlgie 
Ma s nous connaissons de deux manières, par les 1, 
(c est la connaissance des brutes et de l'homme) et par 
UrUelUgence (c'.st la connaissance de l'homme seul). 
Il y a donc deux espèces de facultés cog„o,citives. l'une 

•obt 11' :T !"'^"-'-«- Cette dernier; fe" 
1 Objet de I article suivant. 

302. Les faculté» cognoscltives sensibles. - La 

tant '"'"r.Y'"^""""* «" «*>*' 'ennble, matériel, er, 

tant que malér^el. Cette faculté s'appelle sens. Si die 
a pour objet les choses sensibles du dehors, on l'appelle 
-n, e.terr. ; si elle a pour objet les choses sensE 



120 



LEÇONS DE LOGIQUE 



du dedan», on la nomme iênê inttrne. Ia!» sen« externe» 
sont au nombre de cinq : La vue, l'ouïe. Yodorat, le 
goit et le toucher. Il y a quatre !«ens internes : Le 
ient commun ou la contcience teniible, Vimaginaiion, la 
mémoire et Veidimative. Les cinq sens externes per- 
çoivent donc la chose lensible, concrète, matérielle, exis- 
tant à l'extérieur. Ex. : Je vois telle couleur, j'entends 
tel ion, etc. Quant aux sens internes, ils perçoivent les 
sensations éprouvées par les sens externes. Ainsi par 
le sens commun, nous savons que nos yeux voient tel 
objet (ont telle sensation), etc. 

303. Objet propre de chaque seni. — Il va sans 
dire que chaque sens a son objet propre, spécifique. 
La vue a pour objet propre la couleur (nuance, intensité 
et reflet) ; l'ou», le son (hauteur, intensité et timbre) ; 
Vodorat, les odeurs ; le goiU, les aareurs ; le toucher, 
['étendue résistante (hauteur, largeur et profondeur). — 
Les sensations des .sens externes constituent l'objet des 
sens internes ; mais ces sensations deviennent objet 
propre à oïiaque .sens, suivant la manière dont elles 
sont perçues par ce sens. Ainsi les sensations en tant 
que discernées, unifiées .sont l'objet propre du sens 
commun ou de la conscience sensible ; conservées, elles 
sont l'objet propre d». Vimagination ; reconnues, de la 
mémoire ; estimées utiles ou nuisibles, de Vestimative. 

304. Le sensible. — Tout ce qui est perçu par les 
sens, s'appelle sensible. Il s'appelle sensible par lui- 
même, si de sa nature, directement, immédiatement, il 
atteint le sens. Ex. : La couleur. S'il n'atteint pas le 
sens directement, immédiatement, de sa nature, mais est 
intimement uni à ce qui le (sens) meut immédiatement, 
on le nomme sensible par accident. Ex. : La matière 
du mur que je regarde. Le senr '■> propre est celui 



CRITIgUE 



121 



Le «n«W, commun e.t relui ,„,• „, ^erçu par plu.ieur. 
»en,, surtout par la vue et le tourher. Kx. : Lu ï.rlu" 
d un objet. ,a forme, (p.r la vue et par le tou. her) 

J^^re ^•"" *•" "•"■ ^ •^" ""i-' d" «""W' 
Le sem, en effet, percevant le sensible propre, exerce 
son opération naturelle ■ et la nature ne trompe iamaT, 

couleur. Pour ce qu. e,t du ,enMle commun, un ,en, 
peut se tromper. „,«i, l'erreur est vite corrigée ,i îê 

ZTher T"","" """/'"''""t 'ohjet de la r«, et dn 
toucher. Un bâton (.,en.sible commun) plongé dan, 
1 eau paraK courbé aux yeux. En mettanUa main on 
s aperçoit qu',1 n'en est pas ainsi. ("e.,t Vœil „û le 
vo.t comme tel. La ^on - en tant qu'étendue résil! 

ShT !«■'""' "*•'", ^'°^'' •^"' '■"'"• "•«!« bien 
celm de la mam qui. en le touchant, a rectifié l'erreur 
de la vue. Le sensible par accident est cause d'erreur 
quand le .sens veut déterminer m nature. Cela reitardè 
a ra,s„„. Mais s'il s'agit de constater sa seuLTÎ 

tn regardant mon bureau, je vois d'abord sa Vouleur 
(.ens,ble propre) et, ensuite, je vois aussi que cette 
coule,.r ne se fent pas seule, mais est soutenue par une 
matière quelconque (sensible par accident). Quant à 
savoir quelle est la nature de cette matière, cela dé! 
passe les limites du sens de la vue. 

nouffie!*'"'" **" ""• "*•"•'• - Pouvons-nous 
nous fier a nos sens externes ? Ainsi - pour ne parler 
que du sens de la vue -lorsque nous regardons 

rtZ J/m"''' "'' "'^'^*' '""' """' voyons fontl 
réellement tels que nous les voyons, c'est-à-dire des 



122 



LEÇONS DE LOGIQUE 



entiUs, en ellei-mémeR, existant en dehors de nous et 
bien distinctes de notre moi ? Les idéalistes répondent 
qu'il n'y a rien de réel en dehors de nous, et tout ce 
que nous percevons, ce ne sont que de pures représen- 
tations subjectives auxquelles aucune réalité ne cor- 
respond. 

La vérité est qu'il y a une réalité en dehors de nous, 
distincte de nous, perçue par nous telle qu'elle est en 
elle-même. Aussi bien, nos sens ne nous trompent 
pas, pourvu qu'ils remplissent les conditions requises. 
Ces conditions sont au nombre de quatre : ■> il faut 
que l'organe toit sain ; " Vobjet perçu doit être l'objet 
propre du sens dont on doit prouver la véracité ; " il 
faut que Vobjet »oit placé à une dittance convenable ; '> 
il faut un intermédiaire capable de faire atteindre l'objet 
une lumière suffi-iunte, par exemple, s'il s'agit du sens 
de la vue. 

1) C'ett un témoignage spontané, irrésistible, univer- 
sel, constant, que les sensations éprouvées par les sens 
externes sont produites par quelque chose complet" 
ment distinct de nous. Ce témoignage est la voix 
même de la nature : il me dit, lorsque je regarde le 
papier blanc sur lequel, en ce moment, j'écris, que je 
vois réellement un objet portant couleur blanche et 
cause de la sensation que je ressens. Or Ib nature est 
infaillible. 

2) Absurde serait la disposition des organes des sens à 
la surface du corps, si les sens n'étaient pos aptes à 
nous renseigner sur l'existence réelle des choses en 
dehors de nous. Ou encore, inutiles seraient ces or- 
ganes, si le monde extérieur n'était qu'une simple 
apparence, un pur fantôme, revêtu d'une existence 
tout imaginaire. 



CMTtqUB 



128 



3) On ne pourrait pa» expliquer \h 



I »en«ntion, si elle 
j r" T *"'"' '"""•■ '""J" extérieur. A oui fnu 
dr..t^„ |..ttrib„er «lor.. cette .*n,atio„ ? Au" .en 
eux-méme, ou à Dieu. Le« «,„, «„„t .„rf.yr,„/rà 

tu""rJ:"v"" T '*"''"''"''• '•'"" '- "-»" 'a 

*gale. h 11 a la sensation de l'un plutAl qu.. ,lc l'autre 
e,^„e preuve que Tun ,-..t présenta àli plu Ce 

«t^l. "■'"■ ■^P*"''"™ quotidienne ie démon! 
tre-t-elle pa, que très souvent, no., ,,ens. malgré eux 
»ub.s«,nt certaine» .,e„sation, . Cela prouve donc au-il 
y a u„ecausedia.V-tedeuxquiprod'itce«Jn ation. 

simpliste. Et. dans ce cas. Dieu nous induirait en erreur 
pu.sq..e, tout naturellement, nous somme., pores 4 
attribuer aux objets extérieurs. la raison. In cause le. 
.sen.,«tions éprouvée. Si ni«,. 1 • ■" ««use ue» 

réellemenl T '"^*"- ^' ^'«'"- «'*• '"«■'' sensations, était 
réellement la cause, nous nous tromperions pur sa 

le L r 'u?"""'- ^""'^'«"e'nnient il re., e vrai 
'!'• I.re que le, objets extérieurs causent nos s^n.sation 
mais, pour cela, il» doirenl exister o. n-»"""». 

307. Véracité des «en. Interne.. - Que les sens 
terne, , ,,ridiq„es. per.sonnc ne .,„S '" c^: 

.nMK-r ■'■•''' ^"«""«^itives ,,cn.,ible.,. ils ont 
pour o^et les sensations éprouvées p„r les sens exter- 
nes. ( e« sensations constituent leurs objets propre, 
vers elles, ds inclinent de tout le poids de leur natr? 
Nous pouvons dire que les sens internes par raplt 
a leur objet, sont comme les .sens externes vis-à-vi, du 
sensible propre. Or nous avons vu que ce "x-ci „" 
peuvent pas se trom,ier (305). 

Il' f.'fr.. Lortie. vol. I., p. 21)7, 



124 



LEÇONS DE LOGIQUE 



308. Véracité de la conscience. — La conscience 
sensible, appelée encore sens intime, sens commun, est le 
témoin de tout ce qui se passe en nous. Cette faculté 
qui constate les phénomènes dont nous sommes le 
théâtre, se distingue du jugement, acte de l'intelligence, 
de l'appréciation portée sur la valeur morale de nos ac- 
tes. Ce jugement, c'est la conscience morale. — La véra- 
cité de la conscience s'impose. Qui ose la nier, voire 
seulement en douter, par le fait même la déclare cer- 
taine. Comment en effet quelqu'un peut-il se rendre 
compte que le témoignage de sa conscience est faux 
ou douteux, si ce n'est en faisant appel au même témoi- 
gnage ? 

Article V 



LES FACULTÉS ÇOGNOSCITIVES INTELLEC- 
TUELLES 



309. L'intelligence et la raison. — Vinlelligence 
«t la raison sont une seule et même faculté qui exerce 
des fonctions différentes. Cette faculté est unique. 
Elle est aussi complètement distiacte des sens puis- 
qu'elle a pour objet l'immatériel, le spirituel. C'est 
une puissance qui perçoit, qui connaît, partant, co- 
gnoscitive. La faculté cognoscitive intellectuelle s'ap- 
pelle intelligence, quand elle connaît des vérités indémon- 
trables, évidentes, nommées premiers principes. Ex. : 
Le tout est plus grand que sa partie. Elle s'appelle 
raison, lorsqu'elle a pour objet une vérité démontrable, 
déduite d'une autre. Ex. : L'âme humaine est immor- 
telle. 

310. Véracité de rintelligence. — Lorsque l'in- 
telligence donne son assentiment à cette vérité immé- 



CRITIQUE 



125 



elle y adhère non parce qu'elle subit l'influenee de sa 
eonst, ut.on .nt.mo. de sorte que ce principe n est rie" 
de réel, mais bien, parce que ce •.>,„. , ■ ■ 

réalité totalement Ltincn-:;:,.,;;;':'-::;!:^-: 

■son évidence, et pour ce motif I „..,(„,. "' ""1 °«^ 

elle, à l'admettre '"'• "" ""^ '""'«'•^ 

Hble faost^nr""' ''' '" T""''""' t^">oignage infail- 
lible (308), prouve que dans ses opérations, Pintelli- 

rn^e" W '^'"''î°biectives distinctes dV 11 - 

même. Lorsque nous adhérons à ce principe ■ Le tout 

TJZr"' '"^^° ^-'-- '" ™"-ence no'usaffirmé 
ni -^^'î'°'"'''*'°" "•"' "^«^essairement, entrât"! 
notre adhésion, représente une réalité évidente par 
elle même et dont l'intelligence n'est pas la cause ' 
J) Le scephcsme devrait être admù si l'intelligence 

dTati: Ce/r?;- '^^^""'''"'^ ""•^"" >- ventés immé! 
diates. Ces ventes, en effet, sont évidentes, elles n'ont 

Tuïr? '^ ^»:%'^-°"''-- Et du mom;n qu" 
^e présentent a l'intelligence, celle-ci ne peut pas ne 
pas eur donner son assentiment. C'est la lumière du 
soleil en ple,n midi pour quelqu'un qui a de bon eux 

^ns de sûreté - si ?:x,crj°3;;r:s 

de ces ventés qu, selon certains philosophes, sont une 
pure créa ion de l'esprit, et partant, n'ont aucune exi"! 

C'e iftriomtrd"'- "'"" " "'^ " '""•' "■- "« "^- 
^ est le triomphe du scepticisme. 

ehoie il'vT' ""'• ~".'^"*™ ■''•^'^ ^* '•'•»-«" d'une 
ehose II y a une grande différence (17). L'idée est 

perçue par l'intelligence, faculté spirituelle, eteHe 
s appelle unn^ersel lorsque cette même faculté l'appliqle 



126 



LEVONS DE LOGigiE 



à plusieurs. Ainsi l'idée d'homme devient universelle 
lorsque je l'attribue à plusieurs hommes (35). S'il 
faut en cToire certains philo.sophes, Vuniversel n'existe 
que dans notre intelligence, sans aucune attache avec 
la réalité extérieure. Ces philosophes s'appellent con- 
ceptualistes, parce que, pour eux, Vuniversel n'est qu'une 
conception de l'intelligence. Selon d'autres, nommés 
réalistes exagérés, l'universel est une réalité qui existe 
en dehors de nous comme l'encrier, le papier sur mon 
bureau. Enfin, les nominalistes prétendent que Vuni- 
versel n'est qu'un nom, qu'un mof ,auxquels ne correspond 
aucune réalité. La vraie doctrine est celle des réalistes 
modérés, .\ristote et .saint Thomas enseignent que 
Vuniversel existe et dans l'intelligence et dans la réalité 
extérieure. L'universel, comme tel, essentiellement, comme 
entité abstraite, spirituelle ne peut pas exister en dehors 
de nous ; dans le monde extérieur il n'y a que du concret, 
du matériel, du singulier. En effet ce n'est pas l'idée 
(universel) de bureau que j'ai devant moi, mais bien le 
bureau, tel bureau, perceptible seulement aux .sens. Et 
donc, essentiellement, en tant que tel, l'universel n'existe 
que dans l'intelligence. Mais quelqu'un qui n'aurait 
jamais vu ou touché un bureau, pourrait-il en avoir 
l'idée ? Non, c'est impossible. Ceci démontrr que 
l'idée du bureau suppose la vue ou le toucher d'un 
bureau. L'idée du bureau est donc d'une certaine 
façon dans le bureau, lequel est une réalité existant 
en dehors de nous. C'est ce qu'enseignent les réa- 
listes modérés lorsqu'ils affirment que l'universel (idée) 
existe /on(/amenfa2e»ten< dans les choses (réalités exté- 
rieures). C'est-à-dire que l'idée que nous avons 
d'une chose, suppose l'existence réelle, objective de cette 
chose, et est fondée sur elle. 



CHITIQUE 



127 



faculté c«B„„.,cit.ve intellectuelle qui d'une vérité con- 
nue en déduit une autre nommée conclusion. Le pas- 
pf •*" ?;;"" » l'i"<^^°nnu s'appelle raisonnement -- 
Parce quelle est faite pour la vérité ^ nous Pavons 
démontre contre les sceptiques -- 1„ raison n'est donc 
pas par elle-même portée à l'erreur : .-e serait contra- 
ta^ Quand elle se trompe, c'est par „.o,rf.„". 
cest-a-dire pour des motifs qui ne sont pas inhérents 
a sa nature. Ces motifs, ce sont les pa.ssions, les pré- 

dë'dirT''*-- .-^"'""t'i-au-s qui l'empêchent 
de déduire des principes donnés, les con.séquences y 
contenues. m"<^'"c-> y 

Article VI 
L'AUTORITÉ 

313. Définition de l'autorité. - L'autorité est 
r« o"'„r'" """ " "'''"'"'' '■" '""'i^nement écrit 

314. Les éléments de l'au • ..à. ^ L'autorité a 

deux éléments essentiels la .cience et la véracité. En 
effet on admet ce que quelqu'un dit ou écrit .si 1 
sait qui 1 connaU ce dont il parle (.science) et qu'il 
nous trompe pas (véracité). 

315. L'autorité divine et l'autorité humaine - 

L au onte est divine ou humaine selon que celui dont 
on admet I en.seignement est Dieu ou homme. 

héT J°r "««»*««»<?•. témoin. - La foi est l'arf- 
rlT ''''."'""'Sence à un enseignement écrit ou oral. 
Cette adhésion est l'effet de l'autorité, elle est basée 
non p«,, ,u, la connaissance que l'on a de la que.stion, 
mais sur la .,o,.„c. et la véracité de celui qui exposé 



on 
ne 



128 



LEÇONS DE LOGIQUE 



cette question. — La foi est divine si l'adhésion est 
donnée à l'enseignement de Dieu ; elle est humaine, si 
l'adhésion est donnée à l'enseignement de l'hommi'. 
Le témoignage est l'acte par lequel quelqu'un raconte un 
fait ou expose une vérité. Le témoignage est divin ou 
humain si ce quelqu'un est Dieu ou un homme. Le 
témoignage divin est appelé révélation. Ce témoi- 
gnage est encore oral, historique et monumental suivant 
qu'il est donné par un geste ou la parole 'oriil), par un 
document écrit (historique), ou par un monument 
quelconque (monumental). Si la chose racontée est 
un fait, alors, plus strictement, le témoignage est histo- 
rique. Ainsi l'histoire rapporte que Mgr. de Laval est 
le fondateur du Séminpire de Québec (témoignage his- 
torique). Si la chose racontée est un dogme, le témoi- 
gnage se nomme témoignage dogmatique ou doctrinal. 
Le témoin est celui qui raconte le fait ou expose la ques- 
tion. S'il est Dieu, il est témoin divin, s'il est homme, 
il est témoin humain. Il est encore oculaire ou auricu- 
laire selon qu'il a vu ou entendu. 

317. Fait, dogme. — Le fait est un événement quel- 
conque connu par les sens. Il ^st public ou privé, de 
grande ou de peu d'importance. Le dogme est une vérité 
immédiate ou médiate (275) d'ordre spéculatif connue 
par l'intelligence. Monsieur X est mort - voilà un 
fait. — T~ut effet a une cause — voilà un dogme. 

318. .' ' .atorité produit la certitude. La certi- 
tude est l'assentiment ferme de l'esprit à une vérité, 
assentiment qui e;;clut toute crainte d'errrr. Or l'au- 
torité produit cet assentiment ferme qu' exclut toute 
crainte d'errer. L'autorité en effet a deux éléments 
essentiels : la science et la véracité. Là où existent la 
science et la véracité il y a ni ignorance ni erreur (opposées 



CRITIQtlE 



129 



de la scem-e) n, mensonge (opposé de la xéracité) Il 
ne reste plus ,ue la vérité parfaitement cnnue^ Z 

IZZ "Tt' *°"* "■" •l"''f«"tpo„r rendre/. „ 
1 adhésion de 1 intelliL-ence ,Vst à ,lir,. Y 

la certitude. «^"t-a-dire pour produire 

319. Importance du témolgmage. ^ I/i„,p„rtance 
du teu.„.K„a,-e se prouve par sa nécessité. Que l'on 

/«""«'• et comme membre de la société, à ce, trois 
pomts de vue. le témoignage lui est extrême Jn7 r,ÏZ 

et "iitei^'T"'» ''""'"' '"'''"''''"■ ^°" éducation morale 

enêffS ,1" r '^-r"*' '" '^■"-«-S- Ses maîtres 

de mn ; en ' °" *''^"^"'- '""^ '"^ ^■°"^«- »"t besoin 
de mille ren.se.gnements dont ils ne contestent nulle- 
men 1, , .^ ^^ ^^^^^^^^^ ^^^ ^^^ ^.^^^ ^^^ 

îo, r ■ l '^<l"'''ît<'"rs vont-ils se mettre à refaire 
tous les travaux, à vérifier toutes les expériences Z 
leurs prédécesseurs ? C'est impossible. 

6) /, Ao,»m. c«,«me mmftre de la famille. La famille 
compose., du père, de la mère et des enfants. neTour: 
ra. pas ex.., er sans le témoignage. Ju.,qu'à un âge 
très avance, les fils et les fille., admettent telle ou tX 
chose parce ,.,e leurs père et mère font dit. Même, plul 
tard. Ils font encore appel au témoignage de leurs 
veTs Tu'' ^^.'noi.na.e, comment 'crot aux 

vertus aux belles actions, etc. des ancêtres.' 

c) L homme comme membre de la société. La société 
est basée sur un ensemble de relations, de lois.qursup! 

S 1 patr ''"°" "-^ '•''"* '- -"«'>- -^i ••"" 



130 



LEÇONK DE LOOtQlIE 



Et nous pouvons donc conclure que la croyance au 
témoignage est à la base de la vie individuelle, familiale 
et sociale. 

Article VII 

L'AUTORITÉ HUMAINE 



32U. Le consentement universel. - L'autorité est 
le mnlif capable de nous faire adhérer à ce que dit ou écrit 
(Itielqu'un (313). Ce quelqu'un peut être le genre 
humain. Dans ce cas, l'autorité s'appelle cnnsenlement 
universel. Le consentement universel est « un jugement 
commun porté par tous les hommes sur des vérités 
élémentaires surtout sur les vérités nécessaires à la 
direction de la vie ». '" 

321. Objet du consentement universel. -Le con- 
sentement universel uV pas pour objet propre toutes les 
viriles, encore moins les vérités difficiles à comprendre, 
comme les vérités d'ordre scientifique par exemple, mais 
seulement les vérités élémentaires, et surtout celles qui 
sont nécessaires à la direction de la vie, comme celles-ci: 
il faut faire le bien et éviter le mal, l'existence d'une 
autre vie, l'existence d'un être suprême rémunérateur 
du bien et du mal, etc. Pour que le consentement soit 
universel, il n'est pas nécessaire <|u'il n'existe aucune 
exception. Il s'agit ici d'une universalité morale, c'est- 
à-dire de celle qui comprend la majorité des hommes. 

322. Le consentement universel est un moyen 
d'arriver & la certitude. — Il existe des jugements 

communs portés par tous les hommes, et ces jugements 



(1) Farges et Barbedette. Cours de philosophie scoluïttiqiie. T- 
p. 18,3. 



fRITIQITE 



131 



ont pour ,,Kt le., vérités essentielle, à la conduite de 
ûnlLll n 'T""""" ^■•"'"«"«nt '« ro„.enlement 

v3 est : """'.• "'""■ '^ —-' »-nent uni- 

versel es un moyen d'arriver à la certitude I ., 

ZTJ- '" ^''^ "'"""'"' -' a."plen.ent rouvée Lr 
1 expérience quotidienne. Tou., énoncent dés juKements 
connue ceux-c> : il faut honorer ses parent, H S 
rendre a chacun ce qui lui est dû, etc. Kt pconni 
ne conteste la vérité de ces n,ên.es iugen.ents' Q " 

pellent le consentement universel ... est k définition 
S Îïl ™"T"*«"'"'"' ""-ersel (320); .„ Te ^ 

tout effet a „ne cauxe proportionnée. r/„„iversalitc 
I un, ormUé la constance du consenten.eut Z û,' 
peuples .,u, admettent, sous toutes les l,.,i,„ j" '■ 
toutes les époques, les mêmes vérités, doi,cu avoir 
une .-".isc aussi univer.selle, constante et un for' 
Ce te,.ausç. ce ne sont pas les préjugés " ". ' 

t on son. 1,,.,, d-être universels, uniforn.es et con," t 

cause est la nature humaine elle-même, .onstantc 
uniforme partout, agissant suivant .ses pr .près lo" et 

"1 ' "" • T "" P^"' "J»"t" que si le consente, 
ment universel n'est pas un moyen d'arriver à la ." tl 
tude, D,eu, I auteur de la nature, de cet... tendance 
mst.ncUve a énoncer des jugements dont lohjét tônl 
des ventes nécessaires à la vie, nous induira.t en errrr 
Ce qu. répugne.- N. B. - Il „e faut p.s confondre 

ae nature Le ccuenlement universel est Vassentiment 
con,mun donné à certaines vérités, ou VenseXlTs 



132 



LEÇONH DE LOGIQUE 



H il 



jugements formulés par l'ensemble des hommes. Le 
neim commun de nature est la faculté intellectuelle elle- 
même inclinée à porter des jugements sur lesquels tous 
les hommes sont d'accord. Le «ens commun de nature 
est la cause du consentement universel '". 

32.3. Le témoignage oral produit la certitude.— 

Le témoignage oral, c'est 'e témoignage humain, 
le témoignage d'un seul ou de plusieurs qui racontent 
verbalement ce qu'ils ont vu ou entendu. Peut-on se 
fier au témoignage d'un seul ou de plusieurs qui racon- 
tent un fait vu ou entendu ? Certes oui, parce que 
l'on peut prouver la science et la véracité du témoin : 
les deux conditions absolument requises pour donner 
de la valeur à son témoignage. Les faits sont ou con- 
temporains ou passés. Les faits contemporains, il est 
facile voire très facile de les connaître. Et le témoin 
s'expose grandement i^ être découvert, s'il ne les ra- 
conte pas tels qu'ils se .sont pa.ssés. Au sujet de ces 
faits, la scier-ce et la véracité du témoin ne sont donc 
pas contestables. Quant aux faits passés, le témoi- 
gnage qui les rapporte s'appelle tradition orale. Celle-ci 
est la « série non interrompue des témoins qui rap- 
portent de vive voix un fait ancien ; les premiers sont 
contemporains du fait ; les autres sont de notre épo- 
que » "1. Comme on vient de le voir, les témoins con- 
temporains du fait sont dignes de foi. Les témoins 
encore vivants sont aussi certainement croyables, parce 
qu'entre eux et les témoins contemporains du fait, il 
n'y a pas d'interruption. Quant aux témoins inter- 
médiaires, ils sont autant d'anneaux qui relient les 
premiers témoins à ceux de nos jours, autant de géné- 

(1) R. Jesnnière, S. J. Crileriologia, p. 586. 

(2) Farges et Barbedette, ouv. cit., p. 178. 



I' I il 

1? i jf' 



CRITlqUC 



133 



o„r, rr„l '"'"'°"' '"" '""*^' '^«'^ générations se 
sont t.ompée, «e sont entendues pour tromper» 

Ccst ..p„s..ble Ajoutons que tout homme «Tme 
naturelUMent savoir et dire la chose telle qu'elle e.t. 

324. Le témoignage monumental. — Les mon., 
ments sont aussi des témoins. ContempoÏinrdë," 
faits quils commémorent, ils s .nt d.gnes Se croyance 
parce que, dans ce cas. il est très facile de prouver leur 
o.ence et eur véracité. S'ils rapportent les faits pas 
ses. .Is sont croyables à deux conditions : il faut ■ qu^^ , 

Article Vni 
L'AUTORITÉ HUMAINK (Sui'e) 

325. Le témoignage historique. - Le tén.oignaKe 

h.stonque es le témoignage écrit. Il est austi u,I 

temom dont a science et la véracité so prouve" en 

démontrant V authenticité, VirUéçrUé et la' .^r«X du 
hv re (témoignage écrit) qui rapporte les faits. 

326. Authenticité, intégrité, véracité. ^ in livre 

est authentique lorsqu'il „ été réellement écrit pu 

auteur a qui on l'attribue et à l'époque à laquelle on 

le fait remonter. Se nomme apocryphe le livre a u^ 

"aus ^^T'^r- "'" '''■''-' ^"'^^- 'or':;;!' 

faits qu 1 rapporte, n'ont pas été changés, du moins 
^"'''[l-i^'^U-J'^er^t. On appelle interpolé le livre qû"^ 
pas^ntégnté. Un livre est réridique lorsqu'il raconte 

(1) Cfr. Farges et Barbedette, ouv. cité., p. 182. 



134 



i.K<;ox» UK LoniquE 



le.s faits tel» (lu'ils se «ont passéit. Est faux le livre 
qui n'est pus véridique. 

327. Critique hiltorique. - La critique historique 
est la .Hcienoe qui a pour objet l'authentieité. l'intégrité 
et lu véraeité d'un livre. Kile démontre qu'un éerit 
pos.sède ou ne possède pus <'es troi.s caraetères. 

328. La valeur du Mmoignace historique. L.? 

témoignage historique, ou encore, le ténioiftnuKe écrit, 
un livre, par exemple, iloit être ucceptc comme moyen 
d'arriver à la certitude, si l'on peut prouver son authen- 
ticité, .son intégrité et sa véracité. K( In valeur de ce 
témoignage sera plus ou nunns grande, suivant que 
les [. ves apportées eu faveur de l'authenticité, de 
l'intégrité et de la vénicitc seront plus ou moins con- 
cluantes. 

320. Les preuves de l'authenticité d'nn livre. — 

Les preuves .sont de deu.\ •■ rtes ; exiriii.wiiiien et iiilrin- 
.«•(/HC1. Preuves crlrliin,,,iieii : le fait <|uc partout et 
toujours on attribue tel livre à tel auteur. I,e Phédon, 
par exemple, à toutes les époques de l'histiiire, a été 
reconnu comme l'reuvre de l'iaton. I'reu\es iiilrin- 
aèqite; : le niyle, la doctrine et les opiiiiotm de l'auteur. 
Il est évident que, dans le cours des âges. In manière 
d'écrire n'a i)as toujours été la même. I,es classiques 
du XV'IIe siècle ne s'expriment pas de la même façon 
que les romantiques du XIXe. .\us.si bien il faut en 
dire autant des doctrines et des opinions émises aux 
différentes époques. Avant Pasteur, certains croyaient 
à la génération spontanée (l'origine d'un vivant d'un 
non vivant). Depuis les immortelles expériences de 
l'illustre chimiste, cette opinion ne tient pins debout. 
Avant Galilée, et bien avant lui, on croyait à la rota- 
tion du soleil autour de la terre. Aujourd'hui, c'est la 



rotation de la terre 
qurnieiit démontrée et, part 



CRITIQUE 135 

HUt-iiir du .soleil ,,„i est s<ieiitifi- 



■i:m. Les 



partiint. dffinitivt ment admise. 



lorLïn T"i '^ ? •*• l'Intégrité d'un livre. - si 
orignal du do,u„,e„t é.rit existe, sa re..embla„ce 
ayeelaeop.ee.,t ,.„e première preove de rintéKri^é 
\. or-Kmal d.sparu. la ....frontnti,,,, des copie,, e,.,r, e es 

"..nue - yodà encore „.,„.nl ,|e raisons „„i e.Z 
'■'"•nt son .nterpolation et en assurent l'intéKr t ' au 
moins .»i,6.,/fl„/,v//,, "<j,rii» au 

/f'^l Le. preuves de la véracité d'un livre. La 

-ra<-.te d un l.vre es, celle ,1e son auteur. Celui' " 

.•^t- 1 prohe. ,ns,r„l, , livre sera véri.li.,„e. ( « 

proh.te e. la scien.-e d'un auteur son. ,.l.„s -s f„c les ■ 

;.:ao:"ur ''""""" "'"""• ''"^ ^""^ »"'- 

> ont eu heu au vu et an su de tout le n.on.le. il 
" sera ,„u.s. ,u,p„ssil,le de Iron.per. Si les faits 
ç-U^s sont .nvnds..n.l,lal.lcs, sa probité sera u.ise ^ 

: tée':u-;r:r"" V"'7 "-' "■"•"""^ ■ - 

..^si^téres:;:'.;. ....,,;:;:!:-;:- "-•■■•".- *'- 

tiffl ^' témoignage historique produit la cer- 

ohllé-le,^ I»"-a|.'r«pl„. est ,..,„,me le corollaire 

or te humaine en «encrai. \„u.s venons de voir que 
le tem„.Kna«e huu.ain, l„ tradition orale, les mon ! 
ments .sont des moyens .,ni nous conduisent A laTt . 
tude. Or le tcmo.gna«e historique - ou l'histoire - 
»e compose du témoignage humain, de la tradition 



13*1 



LBÇONH DE LOdlQUE 



i< 



orale et fait appel aux moniimentH. Nom «ommea 
donc en droit d'affirmer que le t^moi^naRe hiatorique 
conduit auRsi à la certitude. 

333. La certitude du témoirnsge hiitorique eit 
une certitude morale. - La certitude morale e.it 
lia.Hée sur le.s moeurs, les usa|{e.s, le» coutumes (279). 
Or il est une loi morale qui veut que les hommes racon- 
tent iimjours le» choite» telle» qu'ils le» ont vue» ou enten- 
due» et ne mentent jamais, à moin» de motif» eireption- 
nellement rare». Et l'adhésion ferme que nous donnons 
au témoignage histori<iue a cette loi morale pour appui. 
Cette adhé.sion ferme, qui est la certitude, est donc 
causée par cette loi, et, conséquemment doit être de 
même nature qu'elle, c'est-ù-dire, morale. 

334. Le t<iuoigrnage doctrinal. - Le témoiRnaRe 
dcictrinal a pour objet une vérité d'ordre .spéculatif, ou 
mieux, une vérité scientifique. On l'appelle encore 
Vautorité de» savant». Le témoiRnage doctrinal cons- 
titue un argument de probabilité. II s'agit ici de vérités 
que l'on croit »ans sai'nir les démontrer par soi-même. 
A ces vérités, on adhère parce qu'un tel les en- 
seigne. Mais notre adhésion n'est qu'une opinion pro- 
bable et non une certitude. Pour qu'elle soit une cer- 
titude, l'adhésion doit exclure toute crainte d'errer. 
Et la crainte d'errer n'existe pas, lorsqu'on peut 
contrôler la science de celui qui parle. Et comment 
contrôl. r la science de quelqu'un au sujet de conclu- 
sions doctrinales qu'on ne peut pas démontrer par soi- 
même ? Le témoignage doctrinal ne produit donc que 
la probabilité. Cette probabilité, certes, est raison- 
nable et motivée puisqu'elle est basée sur le témoignage 
de gens sérieux et au courant de ce qu'ils diseut ou 
écrivent. 



«•HlTlQtri: 

ArUele IX 



137 



L'AUTORITÉ DIVINl 



«< 'iirnaiurelle.1. ''" '«""rellr» 

:<:'.«. L4 réTéUUon eit poisibl* i. 

|.ui.s.sa.,t et om„i,.,Vnt iZ, . '. .,'"■■"' 'I""- tout 
des vérité» qu'il Ku,:,, "" T" '" ""^ '"""""•" 

leur en,e,„el ,. ' V /t ii;""'"'"' "" ■"" •''•""-"» 
«•Mtibl.. de re<.,.voir , 1 , '""■ *"" "" '•'"■ »"- 

blable ? '* '*"■"• '■""""" " '•••-' <le s..,, s..,.,- 

.i Dieu ne les J' " '' '"" ^"T'" '''^ '""'"'«*". 

homme.,. Oie" vien 1 1 "' "'"'"' '" "'""•'^' '^^^ 
en outre der vé uÏs ' ' "'m'" "" '""^ ''"''•^'«"-t 

l'ieii en quelque sorte s nitiose l.'t . i- 
pourquoi, on dit que la révélatinn ^ • "''* 

relies est „.ora/.«.„',néeLX ''" ^""'^ ""''- 



138 



UCÇONK DE LOGIQUE 



science et sa véracité ? Bien plus. Dieu est la science et 
la véracité mêmes. Il possède donc à un parfait degré 
les conditions nécessaires pour produire la certitude. 

339. La certitude diTine est une certitude mé- 
taphysique. — Lorsque nous croyons aux vérités que 
Dieu nous a révélées, c'est parce que nous savons qu'il 
connaît toutes choses et qu'il ne peut nous tromper. 
La science et la véracité de Dieu sont bien les causes de 
cette adhésion ferme que l'on appelle certitude. 
Mais la science et la véracité divines .sont l'essence 
même de Dieu. Notre assentiment est donc appuyé 
sur l'es-sence de Dieu, et pour ce motif, il est une certi- 
tude métaphysique (277). 

340. Le rationalisme. — Sont rationalistes ceux 
qui, exagérant les droits de la raison humaine, procla- 
ment qu'elle peut tout comprendre, et parlant, qu'il 
n'y a pas de mystères. iLes prétentions du rationalisme 
se réfutent en démontrant que, dans l'essence divine, 
en Dieu, il y a des vérités connues de lui seul et dépas- 
sant toute intelligence créée, soit humaine, soit angé- 
lique. En ce monde, il y a certaines intelligences supé- 
rieures, d'autres moyennes, et beaucoup de médiocres. 
C'est un fait indéniable. I^s intelligences supérieures 
comprennent certaines choses qui échappent aux intel- 
ligences moyennes et médiocres. Tous l'admettent. 
S'il y a des différences si grandes entre les intelligences 
humaines, de même nature, après tout, il doit en exister 
aussi de plus grandes encore, entre des intelligences 
qui n'ont pas la même nature, ou spécifiquement dis- 
tinctes. Or l'intelligence nngélique diffère spécifique- 
ment de l'intelligence humaine ; les anges ont donc 
des connaissances que ne possèdent pas les hommes. 
Et rintelligenee divine est infiniment au-dessus de 



CRITIQUE 



13» 



l'intelligence angélique, elle est Wn^» 
341. La science et la foi — T«..t ■ 

-évidente d'une évidence extrins^: .^^^1' 

irst!;: e""r"'' r '"'"'}'' '^'''"*-"-. <»•"->;:'„ 

irrésistible, 1 assentiment de 'intelIiL'en,,. l . ■ 
-t „,. a..te de l'intelligenoe ..«J ta , ' ,. ^,.7!^ 

a scÏ. !:. iff "' '*'"'' "^*«^ absolument distincts, 
la sucnce et la foi, ne peuvent donc ,,«s ...ister shnul 
tancment, dans une i»Ân.a ;„t ir ^■>i«;r ximni- 

*: ""-'^7"*;, La foi rend un double se;v^^e à la 

en.. 1.1, est un puissant appui. Sans la foi. ,.„ effet 
jamais la raison ne pourrait atteindre les v^r t" stur 
naturelles. Quant aux vérités naturel^ :!:!:i:Z 



140 



LEÇONS DE LOGIQUE 



m 



par la raison, la foi les corrobore, les confirme, puisque 
plusieurs d'entre elles, comme l'immortalité de l'âme, 
l'existence de Dieu, sont aussi révélées. 



Article X 
LE CRITÈRE DE V£RIT£ 

342. Définition du critère. — D'après son étymo- 
logie, le critère est V'inatrument dont nous nous servons 
pour discerner la vérité de la fausseté. En général, tout 
moyen de connaître la vérité, s'appelle critère. On ap- 
pelle encore critère tout ce qui détermine l'adhésion de 
l'esprit à une vérité <". 

343. Différentes sortes de critères. — Les critères 
sont intrinsèques et extrinsèques. Les critères intrin- 
sèques sont subjectifs ou objectifs. Les critères intrin- 
lèques-subjectifs sont ceux qui sont inhérents au attjet 
qui connaît. Les critères intrinsèques-objectifs sont ceux 
qui sont inhérents à l'objet connu. Ainsi les facultés 
cognoscitives sont des critères intrin.sèques-subjectifs — 
l'évidence est un critère intrinsèque-objectif. Les cri- 
tères extrinsèques sont ceux qui sont en dehors de celui 
qui connaît et de l'objet connu. L'autorité divine et 
l'autorité humaine sont des critères extrinsèques. 

344. Extension du critère. — Si par critère on 
entend tout moyen d'arriver au vrai, tout ce qui cause, 
tout ce qui détermine notre adhésion à une vérité, il 
est évident alors qu'il s'étend à toute vérité : médiate 
et immédiate, naturelle et surnaturelle. La raison de 
cette affirmation est que dans toute vérité il y a un quel- 

(1) Cfr. Farges et Burbedette, ouv. cit., T. I, p. 148. 



CRITIQUE 



141 



que chose qui cau»e notre adhésion, et que toute vhiU 
Les vérhés Tmlr °"* .^^°'" ^^ «f" démontrées. 

irt=H~ =-=."■".: 

besoindecritère r.;. •■''" •L°"«^'">«°t. n'ont pas 

cniere n a pas sa raison d être '". 

345. Critère des vérités médiates t„ •.- 
médates sont celles qui ^oT^^::,r^'^^'r^ 
conclusions sont des .ém. ^Hiate.. Q^Ii eft u 
tere de ces vérités.» Quel est Ip !! ! "'" 

»»* .. ,. *,« ,. ît ; Jr c, tir™ 

C. mo„„ ,e.t d. voir ,i ,«,„,„ ,. ,„„"|"7' 1 

:ï: 1«'™£-A::,f — •"»■ C* :-:: 

ce paragraphe le mot criûre n'a pas le sen, 
lui^onnons plus l„i„ (352). ' ''"'' "°"^ 

(1) Cfr. Lortie. £/,„„,„ PAa«„p*,> C*r£,/.„„„. T. I. p. ,97, 



142 



LEÇONS DE LOGIQUE 



346. Le suprême critère de vérité. — Quand il est 
question de suprême critère, de critère universel, nous 
cherchons si, entre autres motifs qui justifient nos ad- 
hésions, il y en a un qui l'emporte, un qui est applicable 
à toute vérité, et, pour cette raison, nommé critère 
universel, suprême critère. Tous admettent qu'il y a 
un motif capable de déterminer notre assentiment à 
n'importe quelle vérité, appelée suprême critère. Mais 
l'accord est loin d'exister lorsqu'il s'agit de dire en quoi 
consiste ce critère universel. 

347. Le fldéisme. — Pour les fidéistes. le critère 
unique et .suprême de vérité, c'e.st la/o» divine. — Disons 
que la foi divine ne peut pas être un critère universel 
de vérité, puisqu'elle ne s'étend pas à toutes les vérités. 
En effet il y a des vérités certaines basées sur le témoi- 
gnage du sens intime, des sens externes, de la raison. 
Il n'est p -i besoin de recourir à la révélation pour les 
admettre. Au reste,' ce système confond les vérités 
surnatnrcUes avec les vérités naturelles. 

348. Le traditionalisme. — Selon ce système la 
tradition est le suprême critère de vérité. — Les par- 
tisans du traditionalisme partent d'un faux principe : 
Vinrapacité radicale de ta raison humaine. Pour eux, 
la tradition est l'enseignement des vérités /ai/ pur Dieu 
à l'homme et transmis de vive voix de génération en 
génération. Voulant réagir contre le rationalisme 
(340), ils .sont tombés dans l'excès contraire dont les 
con.séquences ne sont pas moins funestes. 

349. Le mennésianisme. — De Lamennais (1782- 
1854) auteur de ce système, enseignait que le consente- 
ment universel est l'unique et suprême critère de vérité. 
— Le consentement des peuples n'est pas applicable 
à toutes les vérités. Bien restreint est le nombre des 



CRITIQUE 143 

Vérités qui sont de son ressort. Quelle autorité » I 
consentement de, peuples Wsqu'ir s^t de/ véruis 

critère de vérité ré de T •''"" '"P'*"'" 

°f««W« que S ne ne , "n/n-'tinct ,„uW6i.. 

Co^LnTatt Le:roetTS'" "" -P"l- - 

nrXri:::tL:ién.t--rv^T' 

Ruide Et nnnr ,. • -, '♦^mp'"'- '« fonction de 

Lis voi^ir::^^:::;:; -''«'* — -'.^. 
in>Ssiirr:!sf r" -- ^" ^-'™- "- 

présence de la Se"" "'""""■ "'"^ P'-«voque la 

'a con„ai.a„ce, „.;. ^llC:^; ' r "^ r:!;; ■"'' 
tainement incapable de io.:;/!:'^ '"'""' '-'■^' ^^'- 

-/^ ,»/......,.;,„.„ ^:;,^t'?;---'e„do„w. 

dence est la splendeur de la vérité In t .' ^ ^' «'^'- 

^frUé à l'intelligence, splende, r ;/ f """" ''^ '" 



144 



LEÇONS DE LOGIQUE 



■'li 



être universel ; » il doit être le dernier motif pour lequel 
nous adhérons à une vérité ; ■> en lui-même, et par 
lui-même, il doit être infaillible. — Or l'évidenct; rem- 
plit ces trois conditions. — " La vérité devient évidente 
lorsqu'elle brille, se manifeste à l'intelligence. L'évi- 
dence c'est donc la vérité elle-même qui a'impoae à 
Vetprit, soit d'une façon immédiate, soit d'une façon 
médiate (275). Par conséquent toute vérité — sans 
exception aucune — se fait admettre à l'intelligence 
jiarce qu'elle lui apparaît claiiement, aana ombre, bref, 
parce qu'elle est évidente. L'évidence s'étend donc à 
iovte vérité, elle est universelle. N. B. — Il va sans 
dire qu'il s'agit seulement des vérités naturelles. " 
Lorsque nous faisons une démonstration, nous n'avons 
qu'un but, c'est d'arriver à la certitude, ou encore, à 
la possession parfaite de la vérité. Et la conclusion, 
nous l'acceptons parce que, grâce à la démonstration, 
elle s'impose, elle est évidente. Là s'arrêtent nos 
recherches. Pourquoi aller plus loin ? Nous avons ce 
que nous voulions. L'évidence de la conclusion est 
donc le dernier motif. " Parce que dernier motif l'évi- 
dence est infaillible en elle-même et par elle-même. Si 
cette infaillibilité, c'est-à-dire, l'impossibilité de trom- 
per, ''évidence ne l'a pas en elle-même, et par elle-même, 
elle l ■ nprunterait d'un autre qui, lui, .serait le dernier 
motif <-e notre adhésion. 



CHAPITRE III 

Les conséquences' du problème 



353. DiviBion du chapitre troisième. — Les con- 
séquences de la solution donnée au problème de la 



CRITIQUE 



148 



est capable de connif, . P"?"""*"»» d" '» vérité. I| 

en a L tuL^^i Z^' b7, '7" — " 
de science. Mais n„„, ."'',' ^ref, il est capable 

certaine des cho s'^ï doi"t " ' """^ -"naissance 

celajl courrait Iqudw";:!""'' ""'""""■ «"" 
jamais à la certitude T '^ V* '"^- '""" """er 

le. sciences „.. Sèment r *", ""^u '''''""^ " """e" 

humain. D'où trlr a L JJ^^rT IT''''' '" '"^"'^ 

Article premier 
l'A SCIENCE 

354. Définition de la science t • 

""".yance par les causes C'eTt o" """!""'''' "''' 
Aristote lorsqu'il écrivait :« Nous» "" " "^P"-^ 
d une manière absolue lorsque „" "' """ ^'""«e 

'a cause qui la produit, Snourn? ' '"^""^ "J"^"" ««* 
rait être autrement.» '^ """' """«^ ^hose ne sau- 

355. Caractères de la science r 
la science sont la ceHitude etV, ~ ^f.'='"-»etères de 

'^.^^.Lepropredelacert^tudeestd-'T '"• ^^ ''^'- 
d'erreur. Et cette peur Ï se 11 '"'*°"*" "''•"*« 

^ --., le .-r,Jd-u„e vér "Testir' ""^"'^ 
Or la science donne la cause ul ^'"^ Possible, 

connaît. Vuni^rsam i 'llZ^Z '" '^'^ ''"' ''«"^ 
naissance certama, suppose de î' I^"^ ""« "on- 
nn --ntiment/.;«n: ^t,f P"t de l'intelligence 
c. pour produire dan^ lesp it ctte al""""" • ^^"'>- 
toute possibilité dWeur.^oit être ,„T^^;'«el^ 



146 



LEÇONS DK LOOlqUE 



tnuable. Or, dans les choses, ce qui est stable, immuable, 
ce ne sont pas leurs qualités extérieures, lesquelles 
changent sans cesse, mais bien leur eisence, ce par quoi 
ellet sont ce qu'elles sont. Cette essence, universellement 
la même, est l'objet de la science. Celle-ci a donc 
Y universalité comme caractère. Ainsi avoir la science 
de l'homme, ce n'est pas connaître sa forme extérieure, 
son nom, le milieu où il vit, mais bien, son animalité 
■et sa raisonnabilité, les deux caractères essentiels qui 
le constituent comme homme, caractères immuables, 
indépendants de ce qui le fait un tel et qu'on retrouve 
dans tous les hommes. 

356. La science et les sciences. — La connaissance 
de la vérité par ses causes, s'appelle la science. Mais 
l'ensemble des vérités connues par leurs causes et par- 
tagées en diflFérents domaines se nomme les sciences. 
Ainsi nous avons les sciences théologiquea, les sciences 
naturelles, les sciences physiques, les sciences historiques, 
etc., etc. Chacune de ces sciences forme une science 
particulière, laquelle se définit comme suit : un en- 
semble de connaissances certaines, universelles, métho- 
diques, se rapportant à un mÀme objet. 

357. Avantages de la science. — I-es avantages 
que procure la science sont théoriques et pratiquer. 

I. A v.\NTAGEs THÉORIQUES. — La .sciencc met l'intelli- 
gence en possession de la vérité. Celle-ci, méditée, 
contemplée sans aucune préoccupation d'ordre pratique, 
est pour l'esprit humain une source de jouissances indi- 
cibles, puisqu'elle nous rapproche de Dieu ia vérité 
même. La simple vision de la lumière, dit Bacon, est 
quelque chose de plus beau et de plus grand que toutes le.i 
utilités que nous en retirons. 



CRlTigva 



147 



le» avantage, pratiques de la .cienoe dan^k for^T 
o) £« „<^c« „„u, rend capable, de prhoir - C„„.m 

b) La science augmente noire pouvoir — rv.f I 

Voilà pou qu^irBl "'""'''' ''' '""'''"'^ '"«"f^t- 
F urquoi, selon Bacon, savoir, c'est pouvoir ->. 

358. Division des sciencM r • .• . 
les sciences rV,. ,' T""" '" '''"'"""''■'t'n'^t've 

sp Hi„:. "V"" ei m J/ora/e. Chaciiiie do ces classe» 
se d,v,se„t en plusieurs autres qu'il serait tmn I 
d enumérer ici '". "">' '""K 

Article II 

U; tfr. Uhr., ouv. cit.. p. 13 et suiv. 



us 



LEÇONS oe LOOiqUE 



il 



1 



:i 



360. Méthoda fénértle et méthode partletilUre. 

— La méthode générale eut celle qui rontrient à toute* 
Uê iciencei quelle» qu'elle» eoient. Ex. : Le raieonne- 
ment, la définition, la divition. La mfihode particu- 
liire eut celle qui ne convient qu'à certaine» eeience». 
Ex. : L'expérience, Vinduction. 

361. Méthor* analytique et méthode synthéti- 
que. — La méthode analytique est celle qui va de l'effet 
à la cauie, du particulier à l'univertel. Ex. : Qua.d, au 
tableau noir, le professeur, par un exemple, veu' faire 
comprendre à l'élève une règle de grammaire, il em- 
ploie la méthode analytique. La méthode synthétique est 
celle qui va de la cause à l'effet, de l'universel au parti- 
culier. Ex. : Le professeur qui explique d'abord la 
règle de grammaire et se sert ensuite d'exemples pour 
la faire comprendre, emploie la méthode synthétique. 
La méthode analytique s'appelle aussi méthode induc- 
tive, et la méthode synthétique, méthode déductive. 

362. ATUltageB de la méthode. — La méthode est 
un auxiliaire précieux pour l'intelligence et un excellent 
promoteur de la science. 

" Un auxiliaire précieux. — A l'intelligence ordinaire, 
la méthode rend la tftche moins ardue, elle lui épargne 
des pertes de forces et de temps. A l'intelligence supé- 
rieure, capable par elle-même de trouver plus sûrement 
la voie, elle fait éviter bien des erreurs auxquelles l'ex- 
pose sa grande facilité. 

'> Un excellent promoteur de la science. — Immenses 
sont les services rendus à la science par la méthode. 
Qui dira tous les progrès réalisés en cos dernières i.nnées 
par les sciences expérimentales surtout ? Ne devons- 
nous pas attribuer ces pro. es à la méthode inductive ? 



«BITigUE ,4g 

plupart de, véri.*. ,t if l?uv''^. "'*'"'"■ ""^ " 
po«. elle le ««,<// il • "*.= '■*'"'■'•'• «^"«- '« '«P- 

"•il fallait choisir, n^Hl "rulî ""'"" ^"''""°'''- 
de talent avec un ^rX.tZZZl "" '""■ '""'- 

tient, „W ^mai,l"'"^. """•'"'' ''"'"'^ ""P- 

jf^e^...urTLtr:ï-j.t:r 
lâ sj:r4?:\T:;rrtorr ^---'^^ 

habilité : dan, 7e,Z?' ™"'''"'°"™ de la pr„. 
taphy.i,ne so" morT^ ^tX T T" «"'^ '"'* ■"*- 
d'arriver à ces AmrS \ T"^ ''^°"^'"'^'"'»» 

méthode doirr^r^t S '"iir:?^-- ■' "^ 

fon?* et obscurs déconr^aJtlL Y 1 •"""' '™P 
ment au but désiré " conduisent rare- 



(1) L«hr, ouv. cit., p. 27. 



IM LEÇON» OC LOOiqi'E 

ArtieU UI 
LU MlTBODBS PARTIOULltRM 

304. Définition d« la méthode particulier*. La 

méthode particulière eut la marche que doit Huirre l'en- 
pril humain pour arriver à la po»»ea»ion de telle ou telle 
véritf. La méthode particulière conduit non à la cer- 
titude en général, mais à une certitude spéciale, «oit 
métaphyuique, Hoit phyuii/ue, Hoit morale. 

365. L«i diiIér«nt«B méthodai particuUèreii. -Il 

y a autant de méthodes spéciales qu'il y a différenteN 
espèce» de vérité» à conquérir. Or !• s vérité» peuvent 
se diviser en deux groupes : les rérilét d'ordre abttrait 
et les réritéë d'ordre concret. A ce» deux groupe» de 
vérités correspondent deux méthode» distinctes: au 
premier, la mithoth déductite, au deuxième, la méthode 
inductire. Ollf-oi en^ effet part du particulier, du 
concret, "e'îr .« part de Vuniremel, de l'abstrait, |>our 
arriver, (ou te» deux, à des conclu.sion» (jMonh'tntiiwment 
différentes (146). 

'6. Imploi des méthodes déduetiTe et induc- 
tlTii. — Dans les science» abutraite» comme le» mathé- 
matiques, on fait usage de la méthode déductive. On 
part d'un principe, d'une définition, d'un axiome (l'uni- 
ver»el) pour résoudre tel problème (particulier). Dans 
les sciences concrète», comme les .sciences physiques, 
naturelle», c'est la méthode inductive qui est en honneur. 
Ces science» »ont basée» sur l'oh-^ervation des cas par- 
ticuliers, et de ces cas rigoureusement expérimentés, 
on infère une loi générale qui peut s'appliquer à tous 
les phénomènes non encore constatés (196). Quant 
aux sciences morales, soit socinlogiqitea (science de la 



CHiTiQirr 



151 



déduis. ■ '' '" ■"■'""" '""'«'" '•"''"'•.'■ 

dan ù irir"'- "' f" «*"*'»'• -- ««"i ne vo " 

rive :„7r«i ^r;"'"" "•"' '■""'""'' •"°^- -i-"- 

r au vra . Ces deux opinion» extrême» ne .„„. 
Pa» 1 expression exacte de la vérit* cT ' - °? 

.«■..«.ni ., r- ».rs,;s.r:r,rû" "- 

connaissent le ,enribU, le concrrf eHS„T^ • '*"' 

Vabslrait. l'„nhfr,el A T '"'«'"'Kence perçoit 

368 L» méthode scolutique. -- La m*»h^ 
»coUst.,„.-™ahode de l'école - e»t tue^^u'ot 

U) Cïr P„^„ ,t B.,rb*dett... „„v. eU., pp. 230-^,7. 



1S2 



LEÇONS DE LOGIQUE 



employée les grands docteurs du moyen âge dans l'ex- 
position et la défense de la vérité. Elle consiste à faire 
usage tour à tour et de Vinduction et de la déduction. 
Elle est basée sur ce principe : La connaiatance intel- 
lectuelle suppote toujours la connaissance sensible. Son 
procédé est généralement le syllogisme qui, sagement 
employé, rend de précieux services (163). Il ne faut 
pas confondre la méthode scolastique avec la philosophie 
scolastique. On peut faire de la philosophie scolastique 
sans se servir de la méthode scolastique, et réciproque- 
ment. La philosophie scolastique se caractérise par les 
solutions données aux différents problèmes qui intéres- 
sent Dieu, le monde et l'âme humaine <". La méthode 
scolastique est la manière d'exposer ces solutions. 
Cette manière est ordinairement le syllogisme. Parce 
que inductive et déductive, la méthode scolastique est 
donc la meilleure méthode. 



(1) Ctr. A. Robert, Histoire de la philosophie, pp. 131-137. 



Fut 



TABLE DES MATIÈRES 



Av»nt-Propos. 



INTBOOUCTION 

No» 

PAOC8 

1- 0«6nition de la philosophie. 

2., Objet de la philosophie.. ' 

3. UtiliM de la philoMphie J 

4. Division de la philosophie.....! 

5 

LOGIQUK OU PHILOSOPMIK RATIONNELLE 

5- DéBnition de la Logique 

6- La logique : science et art * 

8 ^J'?Tî T ""• "'•"« pratique. ... ..;... l 

»• Ubjet de la logique 

9. UtUit« de la logique...'.'. * 

10. Division de la logique. . ' • 

11. Le. différentes appellation, de la logique. . '. . . ," 

LO(;[QLE FORMELLE OU DIALECTIQUE 

12. Définition de la Dialectique ,„ 

13. Division de la dialectique ,? 

13 

CHAPITRE PRr MIEK 

io nmpU appréhemùm 

14. Division du chapitre premier „ 

' 13 



164 



TABLE DES MATIERES 



'Aitlela pmntor 



Nm 

IS. 
16. 
17. 
18. 
19. 



LU mtEB 

FAOX» 

Définition de U simple «ppréhenaion 14 

Définition de l'idée 14 

Idée et image 1 j 

Comr-éSen»ion et exteniion de l'idée 15 

1* compréhenaion d'une idée est en raison inverse de son 

extension, et réciproquement 15 

Artiole n 



X8PBCI8 D'mtlS 

20. La classification des idées jg 

A. Dùition da idiei au point de tue de leur arifiae. 

21. Idée intuitive ig 

22. Idée abstractive yj 

23. Idée directe 17 

24. Idée réflexe '■■..................... 17 

B. Dieinon dee idées au point de rut de l'objet qu'eUei reprfeentent. 

25. Double aspect de l'objet : compréhension et extension.. . 18 

26. Idée simple jo 

27. Idée composée |o 

'J8. Idée positive jo 

29. Idée négative. jo 

30. Idée abstraite jo 

31. Idée concrète la 

32. Idée réelle ■■.■■■■■................ 19 

33. Idée logique ig 

34. Idée singulière jo 

35. Idée universelle jo 

36. Idée particulière jg 

37. Idée distributive jj 

38. Idée collective 20 



TABLE DKS MATliBBS Igj 

Nos 

39. Idée univoque '■*°» 

<0- Idée analogue 20 

41. Idée transcendeatale 20 

20 

*2. Idée claire 

43. Idée obscure.....'"' 21 

44. Idée distincte ...', 21 

45. Idée confuse 21 

46. Idée complète. .......' ' 21 

47. Idée incomplète...., 21 

48. Idée adéquate 21 

49. Idée inadéquate 21 

22 

b. M,uù.„ ,„ ^„ „„ ^^ ^^ ^ ^ ^^ ^^^^^^^ 

fiO. Idées identiques... 

51. Idées diverses •■ 22 

52. Idées conciliables. 22 

53. Idées inconciliables.... 22 

54. Idées associées 22 

^ 5S- Idées inassociées ou disparate.'.'. '.'.:.' ^2 



APPENDICE 



56. Un peu d'analyse.. 

57. Définition des prédicabies' ei des 



61. 
62. 
63. 



24 



?8- Il y a cinq prtSir" " "" P'*<li™>»enU 24 

59- Il y a di, prédicaments " 25 

60. ClassificaUon de» prédicabies ' •■••• ^6 

•■. .29 



lift 



TABLS DKS MATliSB» 



Aitiole m 



«QHK9 PU mfVS OU TiBivni 

64. Définition du terme 29 

66. Terme catégoréntAtique 30 

66. Terme syncatôtforématiqu^ . . 30 

67. Terme simple ou incomplexe 30 

68. Terme composé ou complexe 30 

60. Terme en philosophie et en grammaire 30 

70. Supposition des termes ^ 

71. Supposition matérielle 30 

72. Supposition formelle 31 

73. Supposition logique 31 

74. Supposition réelle 31 

75. Lois de la supposition des termes 31 

76. Appellation des termes 33 

77. A|>pellation matérielle 33 

78. Appellation formelle 33 

79. Amplification des termes 33 

§0. Restriction des termes 34 

CklAFITRS II 

81. Division du chapitre deuxième 34 

Artiala nzjunlAr 

82. Nature de U difinition 34 

83. But de la définition 34 

84. Définition nominale 85 

as. Définition téeUa 25 

86. Définition euentielle 35 

87. Définition descriptive 35 

88. Freiniérelai: L*d^iiiti<iii.di>itMre£l»i»etiiut£ 36 



Noi 

89. 

90. 



XABUB DES IfATliiBEB 



1«7 



PAon 



91. 



i« Oititiott 

Divi.ion du chapitre troWèœe 

38 

" omvioN 



N«turp de la divùion 

'^.*P°'Ç'o.'' du tout. . . 

Wnition du tout actuei 

t^°" du tout pountiel ou (odoue 
ution du tout mor.1 <-#"»»*■ 



101. 



j6. M-ùtion du tout moral.. 
'^- ^««nt»» «picM de divi.ion. 

euta ^e. .-. ^ "•*" "•' '"•" "«-"t être dUtincte. *^ 
CHAPITRE ^y 
•0»wo»du*hwtrevu«ri*m.. 



4» 



158 



TABLE 0E8 UATliBES 



ArtleU prmiiar 

LE JUaUBNT 
Noi FASia 

102. Définition du jugement 41 

103. Rtle du jugement 41 

104. Ëlémenta du jugement 41 

105. Définitian du jugement immédiat 41 

106. Définition du jugement médiat 42 

107. Définition du jugement analytique 42 

108. Définition du jugement synthétique 42 

Artiel* n 
LIS PaOPOBinONB 

109. Définition de la proposition 42 

110. Éléments de la proposition 42 

111. La proposition univerielle 43 

112. hn proposition particulière 43 

113. La proposition singulière 43 

114. La proposition indéfinie 43 

lis. La proposition affirmative 43 

116. La proposition négative 43 

117. La proposition vraie 44 

118. La proposition fausse 44 

119. La proposition catégorique 44 

120. La proposition hypothétique 44 



Artiole m 
LES PBOPRitTtS DES PROPOSITIONS 

121. L'opposition ** 

122. L'opposition contradictoire 44 

123. L'opposition contraire. 45 

124. L'opposition sous-contraire 45 

125. L'opposition sulMilterne 45 

126. Tableau des quatre oppositions 45 

127. Règles des propositiuus coujtradictaina, ,..,.... 46 



TABLE DE8 MATi4rE8 159 

Nu 

131. Définition de l'<quiv.Ie„ce.. ■** 

132. Règle, de l'équivalence *8 

133. Définition de la convettion.. •** 

134. La conversion simple. ... *9 

135. U conversion par accident. *^ 

137' ^r"7?'''° "" ™»tr.po,i,ion.'.'.v.: " 

137. Régk. de 1. conversion de. propositions, . . [ . ; ; ; ^ 

CHAPITRE V 
Le rationnement 
138. Division du chapitre cinquième 

Atida praniiar 
U BAISONinUEMT 

Jf^- Division du raisonnement 

140. ^~;.onnemente,t une déduction médiate » 

^: u=r::i::~.""^''— -■::::: » 

IM. La forme du raisonnement. *2 

°^n:^:r.*'.-'-^— ■-'— ntd.n " 
J^- ''"""Pe» du rayonnement ^ 

55 

Artlola II 
U STLLOOISME 

1«. Définition du .yllogisme 

148. U matière du syllogisme ^ 

ISO. U forme du syllogisme M 

56 



160 



TABLK DES MATltRE9 



NCM 

151. 
152. 
153. 
154. 
155. 

156. 



157. 
158. 
159. 
160. 
161. 
162. 

163. 

164. 
165. 
166. 
167. 
168. 
169. 
170. 
171. 
172. 



pAon 

Terminologie du «yllogiame 56 

Principe! du syllogisme 57 

Expression graphique des principes du syllogisme 57 

Lois du syllogisme 59 

Première loi des termes : Trois termes sont exigés : le 

grand, le petit et le moyen terme 60 

Deuxième loi des termes : Les termes, dans la conclusion, 
ne doivent pas avoir une extension plus grande que 

dans les prémisses 61 

Troisième loi des termes : Le moyen terme ne doit jamais 

être dans la conclusion 62 

Quatrième loi des trrmes : Le moyen terme doit être 

universel au moins une fois 62 

Première loi des propositions : Si les deux prémisses sont 

négatives, pas de conclusion possible 63 

Deuxième loi des propositions : De deux prémisses 

affirmatives on ne peut déduire une conclusion négative 63 
Troisième loi des propositions : On ne peut rien con- 
clure de deux prémisses particulières 64 

Quatrième loi des propositions : La conclusion suit la 

partie la plus faible 65 

A quoi sert le syllogisiiie 66 

Figures du syllogisme 67 

Différentes espèces de 6gures 67 

Première figure du syllogisme 67 

Deuxième figure du syllogisme 67 

Troisième figure du syllogisme 67 

Représentation graphique des figures 68 

Modes du syllogisme 68 

Modes possibles et modes légitimes 68 

Conclusion directe et indirecte 69 



Article ni 
DXmtRKNTIS KSPFCX8 DE STLLOOISKi^S 



173. Syllogisme scolastique .69 

174. Syllogisme oratoire '. . .69 

176. Syîinc^sme simple ,70 



TABIB 0C8 UATIJiRKS {gj 

Noa 

Ï78. Syllogiime compoi*. . . '*•" 

177. Syllogiime absolu. .. . 70 

178. SyllogUme mod»I 70 

179. Syllogi,me mixte. .'.'.'. 70 

180. SylIogi.me catégorique... ^* 

181- Syllogùme hypothétique " 

182. Loi. du .yll„gi.„e conditionudï. '. " 

183. I.oi.du,ylIogi.n,edi.ioi.ctif... " 

184. I-.i.du,yll„gi.„,eonio„cti» « 

18s. Enthyraène 74 

186. Épichérème... 74 

187. Sorite, ... 76 

188. Poly,ylI„gi,œe.' 75 

189. Le dilemme 75 

190. Lois du dilemme ™ 

78 

Artiola IV 



191. 

192. 

193. 
194. 
195. 
196. 
197. 
198. 
199. 



200. 
201. 



L'INDUCTION 

Définition de l'induction 

Induction complète '8 

Induction incomplète ^8 

Induction scientifique ^* 

Induction vulgaire. ^8 

Les phase, de rinduotion scientifique, . '. !„ 

Lois de I induction scientifique !' 

Fondement de l'induction scientifique !? 

Induction et déduction *• 

81 

Article V 
U SYLLOOISM DftiONSTRATIF 

uSt:::^:.^'"'""'"-"— «*- « 

Démonstration parfaite.... S 

Dén.nn.lratinn imparfaite. - 

Démonstration A priori. ... ^ 



'lil 



IM 



TABLS DBS MATliBBB 



Km faoi» 

305. Démoiutr«tion à posteriori 83 

306. DtmonitrtUon directe 83 

307. DémoMtntioii indirecte 83 

308. Ritonion de l'argument 84 

200. Démonitration «biolue 84 

210. DémonHration relative 84 

211. Démonstration rationnelle 84 

212. Démonstration empirique 84 

213. Démonstration mixte 86 

314. La démonstration produit la science 85 

Artiel* TI 

Ll SYLLOOISn PROBABLI ET BOPBISTIQDI 



215. Le syllogisme probable 85 

216. L'analogie 85 

217. L'exemple 86 

218. Analogie et exemple 86 

219. L'hypothèse 86 

220. La statistique ' 87 

221. Valeur des arguments probables 87 

222. Le sophisme 87 

223. Division des sophismes 87 

224. L'équivoque 88 

225. L'amphilogie 88 

226. Sophisme de sens composé 88 

227. Sophisme de sens divisé 88 

228. Sophisme d'accent 89 

229. Sophisme de figure 80 

230. Sophisme d'accident 89 

231. L'affirmation relative prise pour l'affirmation absolue et 

réciproquement 89 

232. Ignorance de la question 90 

233. Pétition de principe 90 

234. Cercle vicieux 90 

235. La fausse conséquence 90 

236. Ignorance de la cause 91 

237. L'interrogation captieuse 91 



TABLB DU UATïàMtm Jf^ 

Nm 

288. LapHiagt,... »*«» 

M»- I«|wndoxa... « 

n 

LOGIQUE APPLIQUÉE OU CRITIQUE 

240. Définition de la criUqu» 

2«. Différent, nom. donné, à I, critique.'.'.; '. * 

242. loporUncedeUcriUque.. •* 

243. Divi.ion, de Im critique ^ 

M 

CHAPITRE PREMIER 
It ptoNèmt 

244. DivWon. du cluipitre premier 

Aitid* prunier 
U VAUTi 
248. DéfiniUon de U vérité 

X triîisîror™ ■■■■■■■ 2 

2S0- I.'oppo.é de U vérité * 

96 

ArUeU II 

281. I*.r^n. de ce. différente, .ttitude... 

^. If c.nq. ttitude.de l'intelligence " 

«a. L'ignorance 97 

284. Ignorance nég.Uve et privative.'. '.'.'. ^ 

2M. IfnofMcevincible et invincible.. ^ 

256. Ignorance coupable et excu«ble....'. ^ 

^7. I*« cauM. de l'ignorance ^ 

99 



tM 



TABLM DM MATlàSM 



"•• FAOU 

288. Le doute gg 

8». Le doute ntfatU et pontil 80 

260. Le doute méthodique 90 

281. Lei nUMi du doute 100 

282. Le eoupcon jqo 

263. L'opinion 100 

264. La prolmhilité 100 

285. Probabilité intriniéque et extrinaèque 101 

260. Probabilité mathématique et morale 101 

267. La certitude 102 

268. L'erreur 102 

269. Lei cauiei de l'erreur 102 

270. Remédu i l'erreur 103 

Artlel* m 

LA omnnn)! 

271. Définition de la certitude 104 

272. Certitude et vérité 104 

273. Cause de la certitude^ 106 

274. L évidence 108 

275. Evidence immédiate et médiate 105 

276. Évidence intrinièque et extrinsèque 105 

277. Certitude métaphysique 106 

278. Certitude physique 106 

279. Certitude morale 106 

280. Certitude de science 106 

281. Certitude de foi 106 

282. Certitude vulgaire et philosophique 106 

283. Les degrés dans la certitude 107 

284. Certitude et erreur 107 

286. A quoi se ramène le problème 108 

CHAPITRE II 



ht» tolutioru du pnMèmt 
Divisions du chapitre deuxième 



108 



TABLI! DM MATIÈHM |ff 

*rtUU pruniar 

1^ ■oiuTtON Aoirosnoui 

*7- L.giiMticisme '*"" 

M8. A«no.fiH,in. t-t «rtltude. "* 

•«» f^'-tique de l',gn„tici.iiie "» 

no 

Artiol* n 
" BOLUnON BCIPTIQUl 

290. Le •Mpticiimt... 

291. Le«eplic,.med.„'rhi.toire...; J" 

^- Critique du Mepticiâme '" 

293- Quelque, objection. "2 

294. Le doute Mrtéiien ''■• 

^- Cntique du doute .rté.ien. "' 

297. I-«»P«ei.i>.e.b«luetIe«.ptici.„.h,p„u„.i,„ ;; J!; 

Artlolc m 

" 80LUTIOH DOOBtATIQDl 

298. Le dognatume. 

299. Le, p„uve, du dogmati.me. .! ]" 

300- I*» vérit*. qui ,'iinpo,ent "* 

118 

Article IV 

«S ÏACULrts COOWOSCITIVÏS SHJ8IBU8 

301. Les facultés. . . 

3œ. Les facultés cogiiosoitivessensible.; . ! ! .^ l |J» 

W. Objet propre de chaque «,„,.,.. J" 

30*. Le sensible 120 

303- Erreurs des «ns 1^0 

306. Véracité des sen,.e«erj»e. '21 

121 



IM 



TABLE DES MATIERES 



Nm non 

307. Véracité des aens internes 123 

308. Véracité de la conacience 124 

Article V 
LIS FACULTCS COONOSCinVIB nmiXECTIIBLLU 

309. L*intctligence et la raison 124 

310. Véracité de l'intelligeiice 124 

311. L'universel 126 

312. Véracité de la raison 127 

Artida VI 
L'AUTOBITÉ 

313. Définition de l'autorité 127 

314. Les éléménU de l'autorité 127 

315. L'autorité divine et l'autorité humaine 127 

316. Foi, témoignage, témoin 127 

317. Fait, dogme 128 

318. L'autorité produit la certitude 128 

319. Importance du témoignage 129 

Artiele VU 
L'AUTORITÉ BUMAIin 



320. Le consentement universel 130 

321. Objet du consentement universel 130 

322. Le consentement universel est un moyen d'arriver à la 

certitude laO 

323. Lé témoignage oral produit la certitude 132 

324. Le témoignage monumental 133 

Article vm 
L'AUTORITÉ HUMAna (luite) 

325. Le témoignage historique 133 

326. Authenticité, intégrité, véracité 133 



TABLE 0E8 MATlàBES 1(J7 

327. Critique hùtorique.. '*"" 

3ffl. U vJeur du témoigiuge hirtorique. ! .'.■.■.' .' îff 

M9. U. preuve, de l'authenticité d'un livre. . . |?f 

^. Le. preuve, de l'intégrité d'un livre. ... ,„ 

331. !*• preuve, de Uvénuùté d'un livre ,f? 

'-„:,■;:;:"''";<'-'"-«"«» «.torique «.t «ne certitude "" 

334. U témoignage doctrinal. '^ 

136 

Artiol* IZ 

VAxnourrt Divnn 



335. 
336. 
337. 
33S. 
339. 
340. 
341. 



La révélation 

U révélation est pouible '*' 

L'IutriréH-" "' '^°'•:»™' ^' «oralement néce«aire: .' "7 
L autorité divine produit la certitude.. ,„ 

La wience et la foi '^ 

139 

Irtiel* Z 



U CBITIBI OK ViRITi 

342. Définition du critère 

343. Différente, sortes de critère.- """■' !«> 

344. Extension du critère. **' 

345. Critère des vérités médiate.. '.] '*• 

346. Le suprême critère de vérité ' ■• '*' 

347. Lefidéisme «"«■•■ 142 

348. Le traditionalisme. ..,.,.,...' '*^ 

349. Le mennésianisme '*^ 

350. L'instinct invincible ^*^ 

351. Le sentimentalisme. , . '*' 

352. L'évidence est le sup,*me critère de vérité. .' . . .' ,' J^ 



IM 



TABLS DES MATlABCa 



CHAPITRE III 



PAO» 



te» conttqunc— du pioilème 

Noa 

^. Divinon du chapitre troinème . . 

Aitiel* immiar 
LA 8CIINCI 



364. Définition de la icience 14S 

3fî5. Csractèies de la science 145 

366. La science et lef ffi^ij^efs 146 

367. Avantages de la science 14S 

^fi. Division des sciences 147 

y^ mrspeF 

^. DéfiniUon de la méthode Iff 

360. Méthode générale et méthode particulière i48 

361. Méthode analytique et méthode synthétique 148 

362. Avantages de la méthode. .' 14g 

363. Les conditiou d'une bonne méthode 149 

ATtioto m 

^. D.éppjtipp dç la mjtthodj: pSFfi.CBiJ^ f j^ 

§M- I*"fM?*«nte?w6thof^Mpj|rt*PKji^..... ^|^ 

3Pf. Emploi des méthode^ d^ifctiv); et içductiye IM 

^. i* meilieure' méUipde. "..'...'.".....'. .'.'.'.!'.'. ya 

%Sg. La mét^yde sçoUaùquf Ul 



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Au LIEU DE 


Un 


45 


21 


aucun homme eit nue 


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58 


4 


ou l'affirmera 


on l'affirmera 


87 


24 


déairé 


diviit 


88 


17 


vrai que de cet mêmes 


vrai de ces m«me« cho- 






choaea 


choics 


sg 


15 


phnae 


phrase 


110 


29 


de raiaoD 


de la raison